Avant-première – Tully

En présence de Jason Reitman

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Jason Reitman au UGC Ciné Cité les Halles, le 12 juin 2018

« Je crois que Diablo a écrit le premier film sur la crise de la quarantaine d’une femme », affirme Jason Reitman. Diablo Cody est une scénariste qui a travaillé avec le réalisateur sur ses trois derniers films : Juno, Young Adult et Tully. Ils sont les « deux cotés d’une même pièce » comme Reitman le décrit. Il admet qu’il ne sait pas pourquoi ils semblent se completer si bien mais ajoute que quand il lit « quelque chose sur une de ses pages je sais à quoi elle pense et quand elle le voit à l’écran elle reconnait ce qu’elle a écrit ». Il existe aussi un thème central commun dans leurs collaborations : grandir. Dans Tully c’est dire au revoir à la personne que l’on était, pour devenir adulte. 

Le film a frappé les critiques et le public par son réalisme. Il montre les femmes sous un angle nouveau et honnête. Reitman affirme qu’il y a assez de films de super héros et qu’il préfère ceux sur des individus imparfaits. Même les films sur le fait de devenir des parents sont, selon lui, tous assez similaires : « Il y a plein de films sur les parents et on y retrouve toujours les mêmes moments, vous savez, le père prend le bébé dans ses bras et le bébé lui fait pipi dessus. J’ai l’impression de voir les mêmes blagues à chaque fois. » Pour briser ces répétitions et réaliser un film le plus proche de la réalité que possible, il a été questionner des mères de famille pour savoir comment leurs enfants avaient affectés leur vie professionnelle, familiale et sexuelle. « Ce qui m’a surpris c’est à quel point elles étaient franches, j’ai appris des détails dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a marqué aussi c’est l’idée que ces femmes n’étaient pas entendu. La raison pour laquelle elles étaient tellement enclines à partager leur point de vue avec moi, est que personne d’autre ne les écoutait ».

Pourquoi le réalisateur canadien est il aussi intrigué par les femmes et dédit tout son travail à raconter leurs histoires. Cette question amène une confession assez personnelle de la part de Jason Reitman : « J’ai toujours été fasciné par les femmes. Quand j’avais 16 ans j’ai commencé à fréquenter une femme de 26 ans. J’ai emménagé avec elle alors que j’étais encore au lycée. Ça a été le debut d’une curiosité que j’ai cultivé tout le reste de ma vie. J’aime faire des films dans lesquels les femmes exposent des aspects de leurs personnalités que je ne vois jamais au cinéma. » Une de ses « muses », comme il la qualifie, n’est d’ailleurs autre que Charlize Theron. Il avait travaillé avec l’actrice sur Young Adult et elle est par la suite devenue l’actrice principale de Tully ainsi qu’une des productrices du film. Quelle est sa meilleur qualité selon le réalisateur : son courage. « Quand je regarde Charlize jouer, je ne vois pas une actrice en train de jouer la comédie, je ne vois jamais une personne qui essaye de s’excuser pour les choses terribles qu’elle peut dire ou faire. Elle est bien plus intéressée par les défauts de l’être humain que par son héroïsme ».

Quelqu’un demande ensuite, à juste titre, si les producteurs étaient réticents à l’idée de ce réalisme brut et s’il y avait certaines choses qu’il n’avait pas pu montrer a l’écran. Reitman commence alors à vanter les mérites du cinema indépendant. Il affirme que pour le style de films qu’il veut réaliser il est nécessaire de les faire de manière indépendante pour ne pas être confronté à des restrictions. Il continue en partageant le fait que sur la totalité du film c’est surtout la scène du « faux ménage à trois » qui le rendait particulièrement nerveux. « Le film est fait d’une façon à ce que, pendant une heure, on est tous dans le même bateau. Vous savez quel film vous êtes en train de regarder et je sais quel film vous êtes en train de regarder. Puis, au bout d’une heure, en tant que réalisateur je vous pousse hors du bateau et vous restez là, en train de vous demander si c’est une erreur, si je sais ce que je fais. Après je n’ai plus qu’à espérer que je peux quand même vous récupérer pendant les derniers instants du film ». Ce que, en jugeant par les réactions du public, il parvient à faire. Chaque membre du public prend d’ailleurs le temps de le remercier pour son film avant de lui poser une question, qui, selon lui, sont toutes très « aimables ». Le réalisateur, qui avait choisi de venir après le visionnaire du film, pour pouvoir réellement avoir une conversation avec le public, est resté pendant une heure, avant que le cinéma ne doive fermer. Alors que les spectateurs commencent à quitter la salle, certains d’entre eux vont à sa rencontre pour lui faire signer des autographes ou simplement lui serrer la main et le féliciter. Jason Reitman les accueille avec un grand sourire.

Tully sortira au cinéma le 27 juin

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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