Courts métrages américains – Programme 2

Champs-Elysées Film Festival 2023

Par leur diversité, les douze courts métrages sélectionnés à l’occasion de l’édition 2023 du Champs-Elysées Film Festival témoignent de la vivacité et de l’inventivité du cinéma indépendant américain. En voici un aperçu, au travers des six films qui composaient le second programme :

Endless Sea de Sam Shainberg :

C’est la Saint-Valentin. Alors qu’elle va récupérer chez le pharmacien ses médicaments pour le cœur, Carol, 70 ans, apprend que leur prix a doublé. Débute alors une épopée new-yorkaise pour trouver l’argent nécessaire. Elle demande une avance au fleuriste chez qui elle travaille comme livreuse, multiplie les livraisons en comptant les pourboires, se rend même à l’Administration de la Sécurité Sociale, mais rien n’y fait. Dans la veine d’un Ken Loach, entre satire sociale et réalisme tragique, Endless Sea met en scène avec lucidité la violence du libéralisme américain.

The Dalles de Angalis Field :

Dans une bourgade tranquille de l’Oregon, Cam s’affaire à cueillir des cerises avant de les vendre au stand familial. L’affluence n’est pas grande, l’ennui, oui. Lorsqu’un jeune homme débarque à la recherche d’un lieu de drague queer clandestin, l’adolescente au profil androgyne a bien envie de le suivre. Le temps des cerises se révèle propice à la rencontre dans le subtil récit d’initiation que signe Angalis Field.

Take Me Home de Liz Sargent :

Anna oublie d’éteindre la plaque à induction et met une boîte de conserve au micro-ondes. Atteinte de troubles cognitifs, elle est livrée à elle-même depuis qu’elle a retrouvé sa mère inanimée. Sa sœur Emily prend le relais bon gré mal gré, tandis que le monde rassurant d’Anna s’écroule. Avec une grande finesse, Liz Sargent met en scène sa sœur dans ce film travaillé par des thèmes qui lui sont chers, la famille et le handicap.

© Cyprian Films New York

Breaking Silence de Amy Bench & Annie Silverstein :

Prémice à un long métrage documentaire, Breaking Silence brosse le portrait de Walker, père sourd dont la fille Leslie vient de sortir de prison. L’épreuve qu’ils ont traversée ensemble lors de son incarcération les a motivés à apporter leur aide à la communauté sourde, ignorée par le système carcéral. Très classique dans sa forme alternant entretiens face caméra et suivi des protagonistes dans leur vie professionnelle et familiale, le film a le mérite de mettre en lumière une communauté souvent mise à l’épreuve.

Margie Soudek’s Salt and Pepper Shakers de Meredith Moore :

La réalisatrice a filmé sa grand-mère, la fameuse Margie Soudek, grande collectionneuse de salières et poivrières accumulées pendant 73 ans. Aussi enseignante en effets visuels, Meredith Moore offre un objet hybride, une expérimentation documentaire drôle et créative où l’environnement de l’ehpad prend une tonalité fantastique grâce aux effets spéciaux. Une déclaration d’amour tendre qui célèbre toute une vie au travers de salières et de poivrières.

Goldilocks de Meryl Jones :

Le titre, qui signifie en français « Boucle d’or », nous indique à l’orée du film que ce dernier emprunte la forme du conte. Depuis que son frère est entré dans l’adolescence, Ramona passe ses journées à se promener dans les bois où elle établit un lien privilégié avec la nature. Lorsqu’elle découvre une empreinte de puma, elle s’imagine une connexion particulière avec l’animal, tandis que son frère Lenny ne pense qu’à tuer la bête. Située dans les années 80, Goldilocks navigue habilement entre fable écologique et récit d’apprentissage que la réalisatrice a nourri de ses propres expériences.

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