à la Une

Notre Salut

Actuellement au cinéma

© Condor Distribution

Après Rien à foutre, Emmanuel Marre reprend une esthétique et un style de dialogue similaires, mais les applique plus méthodiquement à un sujet aux enjeux immenses.

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Aprile

Actuellement au cinéma / Ressortie

© StudioCanal / Malavida

En ce mois d’avril 1994, l’Italie vit naître deux êtres. Pietro Moretti, bébé chevelu de 4 kilos 200 grammes, naît par césarienne dans un hôpital romain. Silvio Berlusconi, homme d’affaires, propriétaire de presse, propulsé sur le devant de la scène politique en tant que premier ministre. Qu’ont de commun ces deux événements ? Une date conjointe, une étape dans la biographie de Nanni Moretti. Une puissante pulsion (ou répulsion dans le cas de Berlusconi) créatrice. En 1994, dans son Journal intime, Moretti se confiait déjà sur ses problèmes d’inspiration. Quatre ans plus tard, que lui reste-t-il à dire sur lui, sur son art ? Sur l’état de la gauche italienne, l’URSS tombée, le PCI dissous, ses rêves avec ? Un vide. Mais de ce vide, Moretti en tire un film : Aprile.  

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Écrire la vie : Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens

Actuellement au cinéma

© Survivance

Écrire la vie, ce fut l’ambition littéraire d’Annie Ernaux, bien sûr, et c’est un peu celle aussi de Claire Simon au cinéma : filmer la vie, notamment la vitalité qui s’exprime des jeunes. Dans plusieurs lycées de France, de Cayenne à Sarcelles en passant par Villefranche sur Saône, des lycéennes et des lycéens dialoguent, discutent entre eux, ou avec leur professeur, autour de l’œuvre de l’écrivaine. Façon la plus adéquate, sans doute, de l’appréhender, le « je » chez Annie Ernaux ayant tendu constamment vers le « on » ; cela par un dispositif simple, auquel nous a habitué Simon, dont la simplicité nous ouvre à ce qu’on ne voit jamais : des jeunes qui parlent de littérature.

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Raison et sentiments

Actuellement au cinéma

© Focus Features

On ne compte plus les adaptations cinématographiques et sérielles des œuvres de Jane Austen. Les toutes premières remontent aux années 1940, et les plus notables ont été produites pendant la première Austen mania, entre 1995 et 2008. Mais l’on n’en finit pas de ré-réadapter ses œuvres : on les voit régulièrement revisitées, souvent par des gens qui surfent maladroitement sur la hype inégalée de l’univers austenien. Son succès n’a pas flanché depuis plus de 30 ans, comme le montre le #JaneAusten qui dépasse aujourd’hui le milliard de vues sur TikTok… La nouvelle version de Raison et sentiments s’inscrit dans cette tendance.

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Her Private Hell

Actuellement au cinéma

© The Jokers Films

“This movie isn’t going to fix us” (comprendre “Ce film ne va pas nous réparer”, même si la traduction française use d’un verbe “réconcilier” moins riche) déclare Dominique (Havana Rose Liu) à Elle (Sophie Thatcher), son ex-amie et désormais belle-fille. Perdue au milieu d’un marasme narratif sans queue (quoique) ni tête, la réplique de Her Private Hell, dernière réalisation de Nicolas Winding Refn, a tout d’un aveu.

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Burgundy

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Curieux objet que ce Burgundy, fruit d’un patient travail d’immersion des réalisateurs étasuniens Michael Dweck et Gregory Kershaw dans le terroir bourguignon. Dressant le portrait d’une communauté gravitant autour de la passion du vin, le long-métrage se situe dans un état intermédiaire assez passionnant entre fascination et satire.

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Rencontre avec Bruno Dumont

© Les Films du Losange

Vous avez souvent filmé des enfants dans des rôles importants, et pas seulement comme faire-valoir des adultes. Ils sont ici les protagonistes des Roches Rouges, qu’est-ce qui vous intéresse dans la figure de l’enfant ?

Ils ont quelques de très original, au sens premier du terme : ils sont la mémoire du commencement de tout. Ça m’intéresse de les filmer pour retrouver quelque chose qui est vrai. C’est un peu comme un paysage, je ne leur demande pas de composer une idée que j’aurais – d’ailleurs, je n’ai pas d’idée – ce que je veux c’est capter un aspect tout à fait essentiel pour le cinéma. Une forme de vitalité qu’on appelle enfance. Cette vitalité, je ne peux pas l’inventer, et j’en avais besoin pour ce film là. Les enfants de 4-5 ans n’ont pas de filtre, ils ne se posent pas de question, ils sont très vivants. Je ne voulais surtout pas les transformer mais les filmer comme ils étaient.

Vous exploitez souvent le registre de l’absurde, avez-vous l’impression que c’est une tonalité qu’on retrouve presque naturellement chez les enfants ?

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Les Roches rouges

San Sebastián International Film Festival 2026

© Les Films du Losange

La délocalisation a parfois du bon : en troquant ses plages du nord pour celles du sud de la France, Bruno Dumont insuffle une vitalité nouvelle à son cinéma, tout en revenant à l’enfance de l’art. Tout commence d’ailleurs par le passage d’un train sur un viaduc, évocation d’une vue Lumière originelle, qui place les aventures des gamin·es en contrebas sous les hospices d’un ravissement esthétique primitif. C’est ce que donne à ressentir l’emploi quasi-systématique d’un très grande angle et d’une caméra portée, langage inhabituel chez Dumont : coller au plus près des visages étranges de ces têtes blondes, attraper leurs déplacements imprévisibles, les yeux grands ouverts pour tout embrasser.

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Club Kid

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Produit par Alex Coco, déjà derrière Red Rocket (Sean Baker, 2021), The Sweet East (Sean Price Williams, 2023) et Anora (Sean Baker, 2024), Club Kid confirme un récent regain de vitalité du cinéma indépendant américain. Il marque aussi le passage au long-métrage de Jordan Firstman (également acteur, il assure ici le rôle principal), qui se distingue d’une partie de ses contemporains par une forme de croyance dans le récit traditionnel et une mise en scène héritée du cinéma classique. Plus proche de Sean Baker, donc, que de Tyler Taormina, Sean Price Williams ou Carson Lund, disons.

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Tender Loving Care

San Sebastián International Film Festival 2026

© Joseph Lynn / Thin man films Ltd

En juillet dernier, le cinéaste britannique Mike Leigh déclarait au média Indiewire qu’en raison de sa myosite – une maladie auto-immune provoquant la destruction progressive des muscles –, Tender Loving Care serait très certainement son ultime film. Si, par malheur, tel devait être le cas, difficile d’imaginer plus belle lettre d’adieu.

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Resident Evil

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Le talent de Zach Cregger pouvait-il survivre au sein d’une franchise ? C’est la question qui se posait à l’annonce de son embauche à la réalisation du huitième film adapté de la célèbre saga vidéoludique Resident Evil. Si ce long-métrage témoigne à nouveau de ses qualités de metteur en scène, force est de constater que les limites du cinéaste, déjà présentes dans ses précédents efforts, apparaissent ici plus nettement encore.

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