
Après Rien à foutre, Emmanuel Marre reprend une esthétique et un style de dialogue similaires, mais les applique plus méthodiquement à un sujet aux enjeux immenses.
Continuer à lire … « Notre Salut »Festival de Cannes 2026

Après Rien à foutre, Emmanuel Marre reprend une esthétique et un style de dialogue similaires, mais les applique plus méthodiquement à un sujet aux enjeux immenses.
Continuer à lire … « Notre Salut »Festival de Cannes 2026

9 octobre 1967. Ernesto Che Guevara est exécuté par l’armée bolivienne à La Higuera. Traqué depuis plusieurs mois, le révolutionnaire cubain avait pour projet d’initier un mouvement révolutionnaire continental depuis la Bolivie. Une poignée de ses guérilleros lui survit. Privés de leader, ils poursuivent leur combat dans les montagnes boliviennes.
Continuer à lire … « Les Survivants du Che »Festival de Cannes 2026

Cela fait plus de deux ans qu’une scène d’Une famille de Christine Angot a marqué les écrans par sa puissance déstabilisante. Venue confronter la veuve de son père incestueux, la réalisatrice rentrait de force dans son appartement – la caméra, et donc nous, l’accompagnant. Face à cette femme capturée sans consentement dans le cadre, notre position de spectateur se retrouvait bien délicate. Quelle était notre place en regardant la violence de ces déchirements familiaux ? Question sans réponse que nous pose également Cœur secret de Tom Fontenille. Sur plusieurs années, le jeune réalisateur accompagne la transition de genre de son père. En cela, il révèle les fractures de sa famille et ses tentatives de faire lien.
Continuer à lire … « Cœur secret »Festival de Cannes 2026

Pour commencer, pourriez-vous nous parler de l’origine de ce film ? Existe-t-il une image ou une émotion fondatrice qui vous a inspirée ?
Les personnages m’accompagnent depuis longtemps. Ils sont en partie issus de souvenirs liés aux personnes rencontrées durant mes années formatrices, mais ils ont, au fil du temps, acquis leur propre autonomie et leur propre vie. L’image initiale qui m’a guidée est celle d’une mère se levant la nuit et percevant le retour de sa fille. Cette image m’a profondément interpellée, en raison notamment de la dimension sonore qui l’accompagne. Certains sons peuvent être d’une grande brutalité émotionnelle. Lorsqu’on a perdu quelqu’un, il arrive que des gestes ou des sons du quotidien, comme une sonnerie de téléphone, une porte qui s’ouvre, ravivent instantanément la mémoire de cette absence. Ce qui me fascine, c’est que le monde, lui, demeure indifférent à notre douleur. Les éléments continuent d’exister et de se produire sans tenir compte de ce que nous traversons. Le soleil continue de briller. C’est précisément ce décalage qui constitue l’un des axes principaux du film.
Continuer à lire … « Rencontre avec Sandra Wollner «Festival de Cannes 2026

La Détention se présente comme une continuité de La Liberté (premier long-métrage de Guillaume Massart), tant dans la forme du titre que dans son thème. Deux films qui, partant de situations concrètes (le premier nous montre le déroulé d’une formation de surveillant pénitencier, le second explorait une île-prison) se veulent des études sur des concepts : la détention et la liberté. Ici donc, c’est dans l’École Nationale d’administration pénitentiaire que le cinéaste a posé sa caméra. Dans l’enceinte de ces murs, Guillaume Massart se concentre sur une classe composée d’une dizaine de visages aux réactions aussi variées que leur nombre face à la découverte progressive de leur métier.
Continuer à lire … « La Détention »Festival de Cannes 2026

Dans l’obscurité, celle-là même qui clôturera le film et s’oppose au noir total, un temple s’allume. D’autres suivront, environ neuf – le film suit d’abord mathématiquement le projet du titre avant de s’en détacher progressivement. Le jour se fait et la lumière, d’un gris brumeux propre à la Thaïlande, envahit le cadre, laissant deviner les personnages. C’est une famille qui, sous l’impulsion du père (et, nous le comprendrons plus tard, des superstitions de son patron), voyage de temple de temple pour faire des offrandes dans l’espoir d’éviter la mort prochaine de l’aînée : une vieille dame malade. Trois générations s’activent dans le périple qui, comme l’Ulysse de Joyce, est une odyssée d’un jour.
Continuer à lire … « 9 Temples to Heaven »Festival de Cannes 2026

Est-ce que Pawel Pawlikowski sait cadrer ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Non.
Continuer à lire … « Fatherland »Festival de Cannes 2026

La musique occupe une place essentielle dans vos films, avec des collaborations marquantes auprès de compositeurs tels que Sakamoto, Hosono, et maintenant Yūta Bandōh. Dans ce récit en particulier, elle semble avoir une dimension presque mystique car elle charge le récit d’une dimension profondément humaine en contrepoint de l’artificialité des relations. Comment choisissez-vous vos collaborateurs musicaux, et comment s’organise ensuite votre travail avec eux ?
Il est vrai que mon cinéma contient beaucoup d’émotion mais celle-ci ne s’y exprime pas toujours de manière frontale. Dans Sheep in the box la musique joue un rôle essentiel qui vient parfois porter, parfois même révéler, une charge affective que l’image retient volontairement. Avec Bandōh il s’agissait d’une nouvelle collaboration qui s’est amorcée sur mon précédent film. Pour son jeune âge, il a déjà un parcours très riche avec une écriture musicale qui circule entre plusieurs territoires : la musique publicitaire, les orchestrations classiques, les bandes originales de cinéma, mais aussi des compositions plus expérimentales ou minimalistes. J’ai souhaité travailler avec lui précisément pour ce sens des contrastes et de la souplesse. Nous avons donc commencé à échanger très tôt. Je lui envoyais les premiers montages, même encore fragmentaires. À partir de ces images, il composait des propositions musicales qu’il me faisait parvenir. C’est ainsi que s’est construite progressivement la bande originale, dans un dialogue continu au fil de la fabrication du film.
Continuer à lire … « Rencontre avec Hirokazu Kore-eda »Festival de Cannes 2026

Dans Everytime, troisième film de Sandra Wollner, le deuil excède le simple motif pour devenir une matière qui infiltre les corps, altère les images et se loge jusque dans les interstices du montage. Présenté à Un Certain Regard, le film emprunte d’abord, sous le soleil berlinois, les atours d’un récit familial miné de l’intérieur par la promiscuité du cadre de vie. Jessi et Melli, sœurs contraintes de partager une même chambre, évoluent dans un espace où l’exiguïté fait office de chambre d’écho des tensions affectives. À peine les liens qui les unissent affleurent-ils à l’écran qu’ils se désagrègent, brutalement interrompus par la chute fatale de Jessi.
Continuer à lire … « Everytime »Festival de Cannes 2026

À l’image du personnage de Scarlett Johansson, soudain aveuglé par un éclat de soleil jusqu’à provoquer l’accident, James Gray semble ici ébloui par la lumière même de son propre cinéma. Non plus cette clarté qui révélait les failles morales de ses personnages, mais une lueur rétrospective tournée vers ses propres images, ses propres mythes, ses propres ruines. De cet aveuglement ne naît pas un accident, seulement quelque chose de plus insidieux, un film qui avance comme s’il connaissait déjà chacun de ses mouvements, engoncé dans une trajectoire trop balisée pour encore dévier vers l’inconnu. Tout est encore là : la fraternité sacrificielle, les spectres du Nouvel Hollywood, la violence comme maladie héréditaire du rêve américain, mais tout semble désormais rejoué depuis un lieu muséal.
Continuer à lire … « Paper Tiger »