Daft Punk, la fin d’un voyage entre musique et cinéma

Analyse

Daft Punk a fait des adieux très cinématographiques. ©Daft Arts

22 février 2021, planète Terre. Dans une vidéo intitulée « Epilogue » postée sur sa chaîne Youtube, Daft Punk annonce, avec la classe et la sobriété qui le caractérisent, sa séparation. Après 28 ans passés, l’air de rien, au sommet de la musique électronique, les deux robots les plus célèbres de la pop ont tiré leur révérence. Et si, pour de nombreux fans, la nouvelle a fait l’effet d’un choc, il faut pourtant entrevoir ce court-métrage minimaliste sous un autre angle que celui de l’effet de surprise. Et ce parce qu’il n’est précisément pas un court-métrage.

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Rencontre avec : Denis Lavant

Denis Lavant publie son troisième livre, autobiographie marquée par son amour pour la poésie. ©Luc Valigny Agence Figure

Denis Lavant est un acteur précieux. Rare, et énigmatique. De son lien très fort qui l’unit à Leos Carax depuis les année 1980 jusqu’à ses prestations théâtrales dans la peau de Francis Bacon ou des personnages de Beckett, il se montre à chaque fois sous un jour différent. Difficile d’être plus caméléon. À l’occasion de la parution de son autobiographie Echappées belles (davantage journal poétique que récit chronologique), nous avons eu envie de le rencontrer, pour mieux le connaître et interroger son rapport au jeu. Rencontre avec le plus insaisissable des comédiens français.

Vous souvenez-vous de la toute première fois que vous êtes monté sur une scène ?

Lorsque j’étais au lycée Lakanal, je faisais du théâtre dans un groupe animé par un professeur d’histoire-géographie, Michel Fragonard. On jouait notamment des pièces de Michel de Ghelderode, un grand auteur belge qui a un univers haut en couleur, autour de la Flandre à l’époque de Charles Quint, avec de très beaux personnages. On a monté Un soir de pitié et je jouais le rôle du masque au nez ardent. J’avais un nez rouge, dans une scène de carnaval, et je disais : « suivez mon pif, c’est un fanal ! » À ce moment, j’ai senti que c’était la direction dans laquelle je voulais aller. Avant, j’avais fait un peu de commedia dell’arte, des lazzi et de la pantomime, mais ce n’était pas exactement du jeu.

Pourtant, le jeu semble passer chez vous d’abord par le geste, avant la parole.

Spontanément, j’étais extrêmement doué pour l’expression corporelle. De façon brute. Enfant, je n’arrêtais pas de tomber, de grimper, de m’exprimer avec le corps, et je me méfiais des mots. J’ai commencé à organiser la parole grâce à la poésie, en apprenant des poèmes pour le plaisir, comme Le Bateau ivre ou La Ballade des pendus, et en écoutant des voix de comédiens, sur des enregistrements.

Mais vos influences, ce sont d’abord les acteurs du muet ?

Oui, j’étais très tôt fasciné par le cirque et le burlesque : Chaplin, Buster Keaton, Harpo Marx… Dans ses premiers courts-métrages, Chaplin a une énergie totalement punk, il chute, il se donne des baffes, c’est à la fois très brutal et très jubilatoire. Ce maniement du corps qui rebondit et se tord comme du plastique, ça me parle complètement. Et puis il y a le mime Marceau, aussi, qui parvient à dire beaucoup de choses sans passer par le verbe.

On peut raconter beaucoup de choses par le corps, mais il arrive une limite ?

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Il Miracolo

Disponible sur Arte

Photo Guido Caprino
Fabrizio Pietromarchi (Guido Caprino), premier ministre sceptique dont les convictions sont ébranlées par le miracle. © Montesi Antonello

Lors d’une intervention dans la planque d’un mafieux, la police italienne trouve une statuette de la Vierge pleurant des larmes de sang. Un premier ministre sur le point de perdre un référendum, un prêtre en proie au doute, une jeune scientifique et bien d’autres voient leurs existences bouleversées par la découverte.

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Palm Springs

Disponible sur Amazon Prime Video

Cristin Milioti (Sarah) et Andy Samberg (Niles) © Amazon Prime

Palm Springs, c’est la comédie romantique qui a battu le record de la plus grosse vente au festival de Sundance l’année dernière. La première réalisation de Max Barbakow, rachetée pour une somme considérable, sera diffusée sur Amazon Prime à partir du 12 février.

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La Mission

Disponible sur Netflix

Tom Hanks et Helena Zengel. ©Universal Pictures France

À côté de ses réalisations récurrentes pour la saga Jason Bourne, le Britannique Paul Greengrass se distingue depuis une vingtaine d’années par des thrillers qui mettent en scène des faits réels édifiants : Bloody Sunday, Vol 93, Capitaine Phillips, Un 22 juillet… Une prise directe avec l’actualité qui l’inscrit dans le sillage des préoccupations d’Oliver Stone, et forme la cohérence de sa filmographie. En choisissant le prisme du western avec La Mission, cette fois, il atténue ce regard politique au profit d’une recherche de l’émotion pour un public familial.

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Malcolm & Marie

Disponible sur Netflix

Zendaya (Marie) et John David Washington (Malcolm) © Netflix

Un jeune réalisateur et sa compagne rentrent de l’avant-première de son nouveau film. À peine arrivés dans leur somptueuse résidence, Marie reproche à Malcolm de ne pas l’avoir citée dans son discours de remerciements. De là, débute une nuit de confrontation entre les deux amants isolés. Tourné en seulement deux semaines lors du premier confinement, ce huis-clos de Sam Levinson (Euphoria) se veut un mélodrame minimaliste. Pourtant, force est de constater qu’une certaine prétention s’en dégage et que le soyeux noir et blanc perd rapidement de son charme.

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The Little Drummer Girl

Disponible sur Canal+

Affiche
Charlie (Florence Pugh), plongée par le Mossad dans un conflit qui la dépasse. © FR_tmdb

En 1979, pour stopper une cellule terroriste palestinienne responsable d’attentats anti-israéliens à travers l’Europe, des agents du Mossad décident de se servir des talents de Charlie (Florence Pugh), une jeune comédienne londonienne.

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Les meilleurs films sur la télévision

Nicole Kidman dans Prête à tout de Gus van Sant. ©Elephant Classic Films

La télévision, pire ennemie du cinéma ? Quand elle inonde les foyers dans les années 1950, c’est en tout cas ce qui se dessine… Mais cette rivalité n’a pas fini d’être alimentée à l’heure où les salles sont fermées, et que la télévision occupe de plus en plus de place dans nos quotidiens. Pour se moquer de sa vacuité, comprendre ses conséquences et ses effets (souvent) pervers, le cinéma a cependant régulièrement imaginé des scénarios en la prenant pour cible, ainsi que tout le système de valeurs qu’elle suppose. Passage en revue de dix grands films consacrés au petit écran. – Victorien Daoût

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Rencontre avec : Eric Lagesse

Eric Lagesse. © William Lacalmont

Alors que les salles de cinéma sont toujours fermées, nous avons souhaité faire un point sur la situation et nous sommes entretenus avec Eric Lagesse, co-président du syndicat des distributeurs indépendants (DIRE) et dirigeant de Pyramide Distribution. Parmi les films sortis par Pyramide en 2020, on compte Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait, d’Emmanuel Mouret, sorti en salles, mais aussi The Singing Club de Peter Cattaneo, sorti directement sur Canal+.

Le gouvernement a laissé planer l’espoir d’une réouverture des salles le 15 décembre, puis le 7 janvier ; à chaque fois, il a été annoncé au dernier moment que cette réouverture n’aurait finalement pas lieu. La situation est toujours incertaine, mais la communication avec le gouvernement s’est-elle améliorée ?

Non, et elle ne s’améliorera pas tant que le gouvernement ne sera pas en mesure d’expliquer de façon claire, précise et convaincante pourquoi les cinémas sont restés fermés quand tous les commerces ont rouvert. Il y a là une injustice absolue. Le gouvernement a sacrifié les salles sur l’autel du Black Friday, et il continue aujourd’hui de le sacrifier sur l’autel des soldes, puisque j’imagine que si reconfinement il y a, celui-ci aura lieu après. Si tout était fermé, on ne se plaindrait pas ; mais tout est ouvert et on ne comprend pas pourquoi nous n’ouvrons pas. Dans un cinéma, les gens sont assis à deux sièges d’écart, avec masques, ne parlent pas, et on peut les empêcher de manger… Ce n’est pas un endroit à risque.

D’autant plus que dans d’autres pays, comme en Espagne, les salles sont restées ouvertes. Est-ce que cela pourrait être dû à une mauvaise connaissance du fonctionnement du secteur, une ignorance de la complexité de la programmation, de l’importance des frais de promotion à engager par les distributeurs… ?

Non, parce que cela fait des mois qu’on le leur explique. Mais le fait est que nous n’avons pas été entendus. Le gouvernement préfère sortir l’argent du porte-monnaie et nous le donner directement, pour nous faire taire, plutôt que de nous permettre de faire notre travail. Le problème, c’est qu’on va arriver à une situation qui ne sera plus compensable ; nous, nous allons être obligés de sortir des films en salle. Pas uniquement pour nous-mêmes, mais parce que ces films ont été faits par des producteurs, des réalisateurs, qui ont passé des années à se battre pour les faire, qu’il y a des financiers qui attendent des retours sur investissements, et la chronologie des médias… Nous allons donc les sortir, mais dans une fenêtre de tir de plus en plus restreinte, avec une concurrence de plus en plus gigantesque, qui va détruire la valeur de tous les films. Et ce n’est pas difficile à comprendre.

Si les salles avaient réouvert en même temps ou une semaine plus tard que les commerces, on aurait pu apurer près de soixante-dix films, une quinzaine par semaine. Il y aurait eu le couvre-feu, mais ils auraient pu survivre – il aurait fallu quelques mesures pour compenser l’absence des séances de vingt heures, mais ce sont des choses qui peuvent se négocier. En l’état actuel des choses, beaucoup de films ne vont pas se relever.

Notamment ceux dont l’exploitation avait été interrompue.

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Pieces of a woman

Disponible sur Netflix

Shia LeBeouf (Sean) et Vanessa Kirby (Martha)

Après un accouchement à domicile désastreux, une jeune femme tente de vivre avec le deuil de sa fille morte-née. Afin de venir à terme avec ce vide qui s’installe dans sa vie, elle s’éloigne progressivement de son partenaire et de sa famille, selon elle, incapables de comprendre sa peine. 

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