Nous finirons ensemble

Au cinéma le 1er mai

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© Trésor Films – Canéo Films – Europacorp – M6 Films – Les Productions du Trésor – Artémis Productions

Guillaume Canet avait tout sauf envie d’une suite pour Les petits mouchoirs. Ayant « perdu un pote dans des conditions similaires à celles du film » au moment de la sortie, il n’y attache que des sentiments nauséabonds. Pourtant, quelques années plus tard, en revoyant le film, il parvient à se détacher des événements qui ont entouré sa conception et sa sortie. C’est là seulement qu’il comprend pourquoi le public lui « réclamait » une suite. Il lui faut alors une histoire.

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Rencontre avec : Virginie Bruant

Monteuse

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À l’occasion de la sortie de Mon inconnue, le troisième film d’Hugo Gélin, entretien avec Virginie Bruant, la monteuse du film.

Comment êtes-vous devenue monteuse pour le cinéma ?

Après le bac, j’ai fait un BTS audiovisuel avec option montage, et j’ai commencé à travailler très rapidement. D’abord en documentaire, puis j’ai rencontré une monteuse qui faisait du long-métrage et j’ai été son assistante pendant neuf ans. À l’époque, il y avait un système de carte du CNC qui exigeait un certain nombre d’assistanats avant de devenir chef monteuse. Maintenant que cette carte n’existe plus – elle allait contre le droit du travail -, les monteurs viennent d’horizons très divers. J’ai fait également de nombreuses publicités, c’est un exercice que j’aime bien car il permet de faire des expérimentations, d’apprendre à saisir l’essence même d’une narration en 25 ou 15 secondes. C’est fou ce qu’on peut raconter en si peu de temps ! À l’échelle d’un long-métrage, ça peut être utile pour voir ce qui est essentiel ou non à l’intérieur d’une séquence. Les montages de formats courts et ceux de longs-métrages sont des expériences assez complémentaires.

Lorsque vous lisez un scénario, à quoi êtes vous attentive en premier ?

Principalement à l’histoire et au casting qui incarnera les personnages, qui donnera une couleur au ton du film. En effet, il faut que le ton me plaise. Si un scénario de comédie ne me fait pas rire à la lecture ou si je ne suis pas émue par l’histoire, il me sera difficile d’aider le réalisateur à l’épauler dans son travail pour rendre le film le mieux possible. Au montage, on se retrouve seule avec le film et le réalisateur alors il faut que le film me parle, c’est primordial.

Mon inconnue est une comédie romantique. Est-ce que certains modèles du genre ont pu influencer la forme du film ?

Oui, il y avait des références comme Un jour sans fin et les comédies romantiques anglo-saxonnes, Coup de foudre à Notting Hill ou Love Actually. Hugo Gélin recherchait un équilibre entre la comédie pure et le côté romantique. La directrice artistique du film et plusieurs membres de l’équipe avaient mis en commun des références visuelles sur un album partagé, ce qui permettait de s’imprégner de l’ambiance du film. Avant un tournage, j’aime beaucoup être présente à la lecture technique du scénario avec tous les chefs de poste du film, lorsqu’on l’épluche ligne après ligne en soulignant toutes les problématiques. C’était notamment important pour moi de savoir ce qui se ferait en trucages sur le tournage et en effets spéciaux en post-production. Par exemple, la neige est pour l’essentiel créée numériquement. C’était un gros travail d’effets spéciaux qu’il me fallait anticiper. C’est un film qui était très dense à l’écriture. Le premier montage faisait 2h40 ! Il y a eu 10 semaines de tournage et 2h30 de rushes par jour… ce qui est beaucoup ! Normalement, on est autour de 1h30 par jour maximum… Il a fallu trouver des solutions pour réduire la durée du film sans en affecter la continuité narrative et le rythme global. Pour la séquence du générique qui raconte les 10 ans de vie commune de Raphaël et Olivia, il y avait beaucoup de matière et nous tenions à ce que les images montées dans cette première partie ne soient pas les mêmes que celles montées dans les flashbacks de la fin pendant le concert. Pour un plan qui est monté à peine une seconde dans le film, il y a parfois une heure de rushes à regarder !

La vision que vous vous faites du film n’est pas forcément la même que celle du réalisateur. Comment délimiter votre part de création ?

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The Inheritance

Prochainement à Broadway

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© Marc Brenner

« One may as well begin with Helen’s letters to her sister », un jeune homme relit en boucle la première phrase d’Howard’s End, son roman préféré. Ils sont dix et ils essayent d’en écrire un à leur tour, assis autour d’un rectangle surélevé – une scène dans la scène, sur laquelle ils hésitent à monter. Son auteur E.M Forster vient alors leur rendre visite afin de les aider à se lancer. Enfin, ils s’y aventurent : « One may as well begin with Toby’s voicemails to his boyfriend ». L’intrigue débute, qui est Toby ? Que disent ces messages ? Pendant sept heures (réparties en deux parties), les jeunes hommes incarnent ces personnages, improvisant leurs vies – le sujet de leur roman.

Cette mise en abîme permet à la pièce de toucher au sujet de l’écriture mais aussi de nous plonger directement dans une intrigue intimiste. Cette dernière nous absorbe complètement et l’on oublie volontiers le premier niveau de narration. L’histoire de Toby et son compagnon Eric est à première vue ordinaire : Nous suivons leur vie commune et leur parcours respectifs après leur rupture. Le thème premier de l’oeuvre, soit l’héritage des nouvelles générations d’hommes gays américains, pouvait sembler trop large et difficile à traiter sans tomber soit dans le mélodrame ou dans le militantisme pur. Pourtant Matthew Lopez évite ces deux extrêmes en nous livrant des réflexions sur un nombre important de questions en les liant au ressenti personnel de ses personnages. Cette mise en rapport constante entre l’universel et l’intime permet aux spectateurs de se sentir concernés par des sujets qui dépassent en réalité ceux propres à la communauté gay. Comment des jeunes hommes peuvent- ils accepter leur identité lorsqu’une maladie les a privé de toute une génération d’hommes qui aurait pu les guider ? Comment combler ce manque ? Que transmettre aux générations qui vont suivre ? Telles sont les questions qui sont soulevées par les histoires sentimentales et amicales de Toby Darling, Eric Glass et leurs proches. Continuer à lire … « The Inheritance »

La dégustation

Actuellement au théâtre

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Bernard Campan, Isabelle Carré et des bouteilles de vin ©Charlotte Spillemaecker

  Jacques (Bernard Campan) aime tellement le vin qu’il est devenu caviste – son médecin, fidèle client, lui recommande souvent de calmer sa passion. Ce célibataire solitaire, un peu renfrogné, fait la rencontre d’Hortense (Isabelle Carré), venue acheter une bouteille pour l’offrir à des sans-abris. Au point de départ de cette romance entre deux timides se mêle l’apparition impromptue d’un jeune cambrioleur en liberté conditionnelle, Steve (Mounir Amamra, vu l’année dernière dans Le Monde est à toi de Romain Gavras), qui se réfugie dans la cave à vin.

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Dumbo

Actuellement au cinéma

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Eva Green dans Dumbo © 2019 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved / Jay Maidment

  Les récentes productions de Disney n’enchantent guère, choisissant de faire des remakes en live-action de leurs succès d’antan au lieu de rechercher de nouvelles histoires et des univers originaux. C’était le cas, récemment, de La Belle et la Bête (Bill Condon, 2017), du Livre de la jungle (Jon Favreau, 2016) ou, bientôt, du Roi Lion (du même Jon Favreau). Dumbo semblait appartenir à cette lignée, mais c’était compter sans la patte d’un véritable auteur, Tim Burton, que l’on retrouve avec joie.

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The Umbrella Academy

Disponible sur Netflix

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Aidan Gallagher (Number 5), Ellen Page (Vanya), Emmy Raver-Lampman (Allison), Robert Sheehan (Klaus), David Castañeda (Diego) et Tom Hopper (Luther) © Netflix

Sans être enceintes, quarante-trois femmes partout dans le monde accouchent au même moment. Sept de ces enfants aux capacités spéciales sont adoptés par un riche inventeur américain, formant alors the Umbrella Academy, un groupe de justiciers masqués. Des années plus tard, la mort de leur père va les réunir une nouvelle fois – si cette dernière  leur paraît suspecte, les héros n’ont pas le temps de s’y intéresser avant d’apprendre que l’apocalypse ne saurait tarder et qu’ils ont pour tâche de l’arrêter. The Umbrella Academy s’intéresse donc aux relations conflictuelles au sein du groupe parallèlement à cette intrigue apocalyptique. 

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Us

Au cinéma le 20 mars

Us
Lupita Nyong’o (Adélaïde Wilson) © Universal

Une petite fille s’éloigne de ses parents lors de la fête foraine sur la plage de Santa Cruz, en Californie. Elle se perd dans le palais des miroirs et se retrouve face à son reflet qui, animé, lui adresse un sourire glaçant. Quelques années plus tard Adélaïde, maintenant adulte, revient passer l’été dans la maison de vacances de ses parents, accompagnée de son mari, son fils et sa fille. Hantée par ce traumatisme elle a toujours gardé la sensation d’être poursuivie par son double maléfique. Intuition qui sera peut-être confirmée par la présence d’étranges personnes dans l’entrée de leur maison. Cette famille mystérieuse : c’est eux, vêtus de rouge, armés de ciseaux et venus pour « rompre le lien ». 

Après le superbe Get Out, Jordan Peele met de nouveau en scène une famille Afro-américaine dans une situation horrifique : Ceux qui essayent de les tuer leur ressemblent et pensent de la même façon. Principe terrifiant basé sur le mythe du double et qui met en lumière la théorie que nous sommes nos pires ennemis.

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