Toy Story 5

Actuellement au cinéma

© Disney / Pixar

On pensait les jouets les plus célèbres d’Hollywood définitivement remisés au grenier, mais c’est bien mal connaître la propension de la firme aux grandes oreilles pour les adieux à rallonge. En 2019, Toy Story 4 s’achevait par la séparation douce-amère de Woody et ses ami·es : acceptant son statut de relique, le cow-boy décidait de laisser son enfant s’enticher d’autres que lui pour aller s’occuper de vieux jouets abandonnés. Tout un symbole. Ce cinquième volet s’ouvre là où se terminait le précédent : alors que Jessie, promue shérif et secondée par Buzz, veille désormais sur la joyeuse troupe de joujoux, les parents de la petite Bonnie ont le malheur d’introduire dans le quotidien de leur fille un tablette connectée qui, très vite, accapare toute son attention. À nouveau, la menace du placard guette nos héro·ïnes.

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La bataille de Gaulle : L’Âge de fer

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

De conférences de presse en sorties de salles, du Point à France Culture, une question agite les spectateurs critiques depuis plusieurs mois : pourquoi tant de films sur la Seconde Guerre Mondiale ? Effet de mode, hasard ou retour en force des années 40 ? Les cinéastes, eux, se défendent de tout parallèle avec le présent. Xavier Giannoli s’y était tout de même essayé avec une douteuse comparaison entre Jacques Doriot (collaborationniste enthousiaste) et Jean-Luc Mélenchon avant de rétropédaler, peut-être moins par conviction que par peur du politique. László Nemes et Gilles Lellouche, en fétichisant Jean Moulin, ont refusé, sans cacher leur agacement, de tracer un lien entre les idéaux du résistant et nos temps présents. Plus récemment, c’est une interview de Niels Schneider qui a fait polémique après que son agent ait voulu censurer une journaliste ayant le malheur d’évoquer la tribune Zapper Bolloré. Se niche ici le cœur de ces trois films (Les Rayons et les ombres, Shoah et La bataille de Gaulle) : une peur complète de la politique, de tout ce qui pourrait faire scission. Logique du marché, face au budget monumental répété dans chaque interview (entre 85 et 100 millions pour De Gaulle ! plus de 30 millions pour Les rayons et les ombres), il faut remplir les salles. Nulle question de faire de la politique alors. Celle-ci divise, soustrait des spectateurs. Mais, peut-être malgré eux, ces films sont bien porteurs d’une idée du monde, d’un regard sur la France qu’ils dépeignent, et l’adoration d’une partie de la presse (Le Point, pour ne citer que ce journal, où, en 2026, on peut encore lire que Lacombe Lucien est un chef-d’œuvre) dénote bien qu’un clivage s’est creusé entre ces films et le reste du paysage.

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Côté Court 2026 : nos coups de cœur !

La 35è édition de Côté Court s’est terminée en ce chaud mois de juin. Au programme : des films tout aussi chaleureux ! Parmi les sélections de courts-métrages inédits ou de patrimoine ; voici les coups de cœur de la rédaction !

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Disclosure Day

Actuellement au cinéma

© Universal Studios

Si Spielberg y multiplie les clins d’œil à chaque pan de sa filmographie, mariant le meilleur et le pire de son cinéma, difficile de ne pas voir du Snake Eyes (Brian De Palma, 1998) à l’ouverture de Disclosure Day. Film de complot si depalmien, qui s’ouvrait dans une arène de boxe et où dans ses gradins une mystérieuse lanceuse d’alerte à perruque blonde tentait de révéler un complot militaire masquant la défaillance d’un système anti-missile. Au nez et à la barbe d’un Nicolas Cage absorbé par le spectacle, aveugle à ce qui se tramait pourtant sous ses yeux. Brutalisant le public qui épouse, en caméra subjective, le point de vue d’un catcheur aux prises avec son adversaire, signature là encore depalmienne, Spielberg semble signaler un drame sur le visible, le vu et le non vu. Mais on n’est pas chez De Palma.

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The Christophers

Actuellement au cinéma

© Claudette Barius

Les peintres, célèbres ou non, ont tendance à mourir tragiquement. Un jour, alors qu’il a la soixantaine, Cézanne transi par sa pulsion de regard, reste peindre sous la pluie, entouré de sa Sainte-Victoire. Un profond malaise le frappe. Il meurt quelques jours plus tard. Inutile d’épiloguer sur Van Gogh et Caravage, Pollock ou Kahlo. Quand prend fin l’inspiration, nous demande The Christophers ? À la mort de l’artiste nous répond-il. L’artiste en question est peintre. Il s’appelle Julian Sklar (Ian McKellen). Un peintre âgé et, nous l’apprendrons sur le tard, mourant. Un peintre célèbre, pris dans les rouages du marché de l’art et donc d’une économie. Un peintre bourru comme l’on se rêve un Renoir, mains tendues par la polyarthrite. Mais un peintre qui ne peint plus.

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Rencontre avec Bruno Santamaría Razo

© Kiryl Synkou

Lorsque le film débute, on a l’impression d’être face à une fiction. Ce n’est que plus tard qu’on découvre une deuxième partie documentaire. Pourquoi avoir voulu mêler ces deux genres ?

Le projet a débuté pendant la pandémie en 2020. J’étais enfermé chez moi, et j’avais soudainement très peur de mourir. Ça m’a renvoyé à ce diagnostique de séropositivité de mon père, quand j’étais enfant. Au départ, j’ai construit le film comme un documentaire : j’ai interviewé et filmé mes parents, ma famille. Mais cette démarche n’a apporté que plus de confusion : je n’avais pas réellement les réponses à mes questions, et je n’arrivais pas à faire exister mes souvenirs au sein des leurs. Il a donc fallu dépasser la réalité ; la fiction est apparu comme un moyen de combler les trous. Avec cet espace frictionnel, je pouvais mettre en scène mes souvenirs, les lier aux réponses de mes parents et ainsi tisser des ponts entre les deux.

Les scènes de fiction ne servent pas seulement d’illustration aux passages documentaire, on sent une réelle liberté dans leur mise en scène...

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Cannes 2026 : tout est fiction

Festival de Cannes 2026

© MUBI

Le Festival de Cannes semble s’être constitué sous le signe d’une conscience aiguë de la fiction elle-même, comme si les films présentés ne pouvaient plus simplement raconter des histoires sans exhiber simultanément les mécanismes de leur fabrication. D’un film à l’autre a affleuré l’idée d’un étrange épuisement du réel. Le monde ne paraît plus immédiatement accessible mais toujours déjà médiatisé par des récits préexistants, des projections mentales et des images héritées. Dès lors, raconter une histoire ne suffit plus. Il faut dévoiler les coutures des histoires et montrer comment elles circulent, comment elles déforment ceux qui les produisent et ceux qui les habitent. 

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L’Être aimé

Festival de Cannes 2026 – Actuellement au cinéma

© Le Pacte

Désert. Le prochain film du grand réalisateur Esteban Martinez s’intéresse à la colonisation du Sahara par les Espagnols dans les années 30, puis à leur retrait brutal de ce territoire, abandonné sans gouvernance. Pour interpréter le premier rôle féminin, qui de mieux qu’Emilia :  sa propre fille qu’il n’a pas vue depuis 13 ans. La carrière d’actrice de celle-ci en est à ses débuts fragiles, et la figure paternelle s’impose comme salvatrice. 

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Fjord

Festival de Cannes 2026

© Le Pacte

Pour le spectateur inattentif qui n’aurait pas compris au titre la migration du cinéma de Cristian Mungiu vers la Norvège, Fjord s’ouvre sur un fjord. Sur un paysage excédant de pittoresque, l’image d’épinale, que très élégamment le montage recolore, en y accolant Amazing grace, cantique chrétien anglo-saxon. Une image comme un trait d’ironie, signalant le leurre possible derrière ce qui avoisine – avec la Suisse – le paradis terrestre pour tout libéral européen, mais surtout qui conjugue déjà, autant qu’il confronte, deux imaginaires, deux mondes aux valeurs structurantes qui divergent. Une image illustrant concisément la préoccupation devenue semble-t-il prédominante chez Mungiu depuis le percutant R.M.N. (2022) : la possibilité de la communauté, nationale ou européenne, en dépit du multiple, de la diversité culturelle. R.M.N. que le jury cannois, il y a quatre ans, avait injustement boudé ; injustice que la palme d’or de cette année, moins méritée peut-être, permet tout de même de corriger.

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