La réalité de l’image selon Cronenberg : Vidéodrome et eXistenZ

Rétrospective David Cronenberg / Analyse

Max Renn (James Woods), captivé par l’image de Nicki Brand (Debbie Harry) sur Vidéodrome © S.N. Prodis

S’il est bien sûr reconnu comme l’éminent cinéaste du corps et de ce qui y grouille à l’intérieur, s’il est l’initiateur de ce que les commentateurs ont nommé le « body horror », ce sous genre de l’horreur qui se saisit du corps comme principal objet filmique, soumis à des transformations et de multiples transgressions, Cronenberg s’est toujours et tout autant penché sur les qualités de l’esprit, de la psyché et de l’impalpable. En témoigne l’empreinte de la psychanalyse sur ses récits, au point d’apparaître au grand jour comme jamais auparavant dans A Dangerous Method (2011), qui relate les balbutiements de cette science au début du XXème siècle. Ses films bâtissent également des univers mentaux gouvernés par une logique du fantasme, comme dans Le Festin nu (1991) où, fidèle à l’imaginaire chaotique et foisonnant de Burroughs, la réalité de Bill Lee se dissout dans un flux d’hallucinations provoqué par l’inoculation d’une poudre anti cafards. Un schéma narratif similaire se retrouve dans Vidéodrome (1983) et eXistenZ (1999), bien que l’objet causal de l’égarement psychique et perceptif des personnages y soit d’une toute autre nature.

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Daft Punk, la fin d’un voyage entre musique et cinéma

Analyse

Daft Punk a fait des adieux très cinématographiques. ©Daft Arts

22 février 2021, planète Terre. Dans une vidéo intitulée « Epilogue » postée sur sa chaîne Youtube, Daft Punk annonce, avec la classe et la sobriété qui le caractérisent, sa séparation. Après 28 ans passés, l’air de rien, au sommet de la musique électronique, les deux robots les plus célèbres de la pop ont tiré leur révérence. Et si, pour de nombreux fans, la nouvelle a fait l’effet d’un choc, il faut pourtant entrevoir ce court-métrage minimaliste sous un autre angle que celui de l’effet de surprise. Et ce parce qu’il n’est précisément pas un court-métrage.

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Les épopées de Michael Curtiz et Errol Flynn: Capitaine Blood et Les Aventures de Robin des bois

Rétrospective Michael Curtiz / Analyse

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Errol Flynn dans Les aventures de Robin des bois © Warner Bros 1938

Porter des collants verts moulants en conservant un semblant de dignité n’est pas donné à tout le monde. Errol Flynn atteint l’apogée de son succès lorsqu’il interprète le héros éponyme dans Les Aventures de Robin des bois en 1938. Sa carrière hollywoodienne n’avait pourtant démarré que quelques années plus tôt : en 1935 le jeune acteur australien joue un corps inerte dans The Case of the Curious Bride, réalisé par un certain Michael Curtiz. 

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Jeremy Irons et les drames romantiques : Fatale et Lolita

Rétrospective Jeremy Irons / Analyse

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Jeremy Irons (Humbert Humbert) et Dominique Swain (Lolita) © Pathé films, Samuel Goldwyn Company

Dans Fatale Jeremy Irons incarne Stephen Fleming, un politicien britannique aisé dont la vie professionnelle et familiale frôle la perfection. Cette sérénité est brusquement troublée lorsque Stephen entame une aventure avec la fiancée de son fils. Quelques années plus tard, l’acteur britannique reprendra un rôle similaire en incarnant Humbert Humbert, le célèbre protagoniste du roman Lolita.

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Les romances croisées de Billy Wilder : La Valse de l’Empereur et Avanti!

Rétrospective Billy Wilder / Analyse

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Juliet Mills (Pamela Piggott) et Jack Lemmon (Wendell Armbruster Jr.) © United Artists

Billy Wilder, originaire d’Allemagne, met souvent en scène un personnage américain dans un pays d’Europe. Le climat européen possède en effet la capacité de transformer ce personnage ou de lui permettre une ouverture d’esprit nouvelle. Dans La Valse de l’Empereur, Virgil Smith est un voyageur américain qui rencontre la Comtesse Johanna Augusta Franziska von Stoltzenberg-Stolzenberg en Autriche, alors que dans Avanti! c’est en Italie que Wendell Armbruster Jr. fait la connaissance de Pamela Piggott. Dans ce dernier sorti en 1972, le réalisateur propose un moment d’adaptation au personnage américain qui a souvent du mal à s’accoutumer aux moeurs européens. Ce choc culturel se retrouve dans la relation conflictuelle que les personnages possèdent que l’on retrouve aussi dans La Valse de l’Empereur, sorti auparavant en 1948. Si l’un des personnages est retissant, l’environnement joue un rôle primordial en tant que facteur de la création du couple. Qu’il s’agisse de l’île au milieu de la mer sur les côtes d’Italie ou de celle au milieu d’un lac en Autriche, ce contexte romantique est toujours en faveur de la relation naissante. Wilder propose également dans les deux cas une critique amusante de chaque pays, poussant des clichés connus de tous à leur extrême.

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Hollywood vu par Billy Wilder : Boulevard du crépuscule et Fedora

Rétrospective Billy Wilder / Analyse

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William Holden (Joe Gillis) et Gloria Swanson (Norma Desmond) dans Sunset Boulevard © Paramount Pictures

Un corps inerte flotte dans la piscine d’un manoir à Los Angeles – scène d’ouverture mythique d’un des plus grands chefs d’oeuvre de Billy Wilder. Boulevard du crépuscule sort en 1950, sa fin tragique nous est annoncée dès les premières minutes, le spectateur écoute un homme mort lui narrer son histoire. Cette histoire c’est celle de Joe Gillis, scénariste à Hollywood, qui rencontre Norma Desmond, ancienne star de cinéma, qui va lui demander de l’aide pour écrire le film qui marquera son grand retour à l’écran. Dans Fedora, c’est une jeune fille paniquée qui court vers un train, son nom, Fedora, est prononcé et la jeune femme se retourne une dernière fois avant de se jeter sous le train. Scène d’ouverture encore une fois annonciatrice et représentative de la notion de fatalisme dans le film noir, genre dont Wilder participe à la création. Dans ce film sorti en 1978, Barry Detweiler, un producteur, tente de retrouver Fedora, grande actrice de cinéma, vivant en réclusion, afin de la convaincre de faire son grand retour dans le film qu’il a écrit.

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Les débuts de Billy Wilder, de Mauvaise Graine à Assurance sur la mort

Rétrospective Billy Wilder / Analyse

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Barbara Stanwyck et Fred MacMurray dans Assurance sur la mort de Billy Wilder ©Paramount Pictures

  Au début des années 1930, Billy Wilder fuit Berlin alors qu’Hitler accède au pouvoir. Avant de s’exiler définitivement pour les Etats-Unis, il s’installe un moment à Paris. Journaliste et scénariste occasionnel jusque-là, il a le temps de réaliser son premier long-métrage, en 1934. Celui-ci apparaît comme une exception dans sa filmographie : Mauvaise Graine est le seul film que le cinéaste a co-réalisé (en l’occurrence avec le méconnu Alexander Esway), et surtout tourné en français. Si l’on on admet qu’il s’agit d’un film décevant au regard de ce qui viendra ensuite, le ton de ce premier long-métrage n’en est pas pour autant désagréable. Il commence par un panneau qui le place sous le signe de la légèreté : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il faut croire que ce n’est pas exact. Henri Pasquier est très heureux. La seule chose qui lui manque, c’est un nouveau klaxon… » L’histoire s’annonce donc assez anecdotique. Henri Pasquier, un fils de bonne famille, rejoint une bande de voleurs d’automobiles après avoir été privé de la sienne par son père… Certains acteurs plongent dans la caricature, les scènes s’enchaînent parfois avec maladresse, le dénouement est convenu. Mais Danielle Darrieux, âgée de 17 ans, insuffle au film un charme réel en interprétant la soeur de l’un des larrons, dont s’éprend le personnage principal. Le film vaut moins pour les enjeux de son récit que pour le plaisir cinéphile de déceler les premières aspirations du génial auteur qu’est Billy Wilder. Avec le peu de moyens dont il dispose (voir l’interminable séquence de la charrette), il parvient à tirer son épingle du jeu à travers quelques séquences de vitesse dans les rues du Paris. On sent alors un certain désir d’ivresse joyeuse…

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