Bullet Train

Actuellement au cinéma

© Sony Pictures

Il est arrivé le blockbuster de l’été, sous l’escorte d’une promo punchy et du plus cool des acteurs cools, Brad Pitt, dont l’aura persistante, voire polie par les ans, a de quoi faire pâlir le dernier Thor et son marteau flétri. Pour rester sur les rails, à chacun sa méthode. Alors qu’un Tom Cruise privilégie l’autocélébration, érigée par delà les cimes dans Top Gun Maverick, Pitt préfère la voie de l’auto-dérision, se railler de soi plutôt que s’aimer soi, une approche qu’il réitère dans Bullet train sous la panoplie de Coccinelle, un assassin loser et angoissé qui doit subtiliser une mallette dans un train à grande vitesse reliant Tokyo à Morioka.

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Sundown

Actuellement au cinéma

© Ad Vitam

Neil se rend en vacances à Acapulco avec sa sœur et ses deux enfants (que l’on croit d’ailleurs être sa femme et ses enfants). Lorsque leur mère (celle des deux adultes) meurt soudainement, ils doivent écourter leurs vacances paradisiaques pour rentrer en Angleterre. Neil prétexte alors un oubli de passeport afin de rester à Acapulco. Tout comme cet incipit de critique, Sundown met en scène une intrigue tout à fait banale mais aussi bancale, que viennent alourdir de trop nombreuses parenthèses.

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Destruction Babies

Actuellement au cinéma

©  Capricci Films

On l’avait pas vu venir. Grâce à Capricci, la France découvre avec quelques trains de retard les deux premiers longs-métrages de Tetsuya Mariko, Destruction babies et Becoming Father, sortis respectivement en 2016 et 2018 au Japon, remarqués à l’époque dans plusieurs festivals internationaux. Comme récemment pour le cinéma d’ Hammaguchi, ou plus lointainement les regards de Miike et de Kitano, cet intérêt tardif a l’effet d’une petite bombe et témoigne des ressources toujours vivaces du cinéma nippon. C’est de l’aîné de cette curieuse engeance, récompensé à Locarno ainsi qu’ au Festival des 3 Continents en 2016, qu’il s’agira ici.

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Atlanta

Disponible sur OCS

© Guy D’Alema/FX

Dramatiquement contradictoires depuis leur propre fondation, les États-Unis nous ont à nouveau montré ces derniers mois à quel point le pays qui se veut phare de la démocratie mondiale peut sombrer dans un cauchemar incompréhensible pour tous ceux qui l’observent de loin. L’énième massacre dans une école – cette fois à Uvalde, Texas – nous a rappelé l’absurdité du refus de contrôler la vente des armes ; la décision de la Cour Suprême d’abroger le droit fédéral à l’avortement nous a confirmé que même les droits qu’on considère comme acquis depuis des décennies ne sont pas à l’abri d’une classe dirigeante réactionnaire, patriarcale et aveuglée par le fanatisme religieux. Le mandat de Trump a poussé les artistes, les auteurs et les cinéastes américains à s’engager encore plus dans une satire de leur propre pays, mais maintenant que la cible principale n’est plus au pouvoir et que les injustices continuent de persister, très peu d’œuvres parviennent à bien représenter ce que signifie de vivre dans une nation comme les États-Unis. Un rare exemple réussi est la série Atlanta, dont la troisième saison a été diffusée entre le mois de mars et le mois de mai.

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Dédales

Actuellement au cinéma

© The East Company Productions

La tradition cinéphilique française se veut internationaliste, en témoigne la tendance cannoise à récompenser le cinéma de tous horizons. Il y a pourtant des contrées encore peu explorées de notre regard, la Roumanie, bien que détentrice d’une Palme d’or en 2007 pour 4 Mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu, en est une. Avec Dédales, Bogdan George Apetri nous propose un thriller baigné d’une certaine clairvoyance dans sa critique sociale.

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Rifkin’s Festival

Actuellement au cinéma

© The Media Pro Studio, Gravier Productions, Inc, and Wildside S.L.R.

C’est une petite musique. Un standard familier. Mélancolie d’un piano, danse alanguie d’une clarinette. Ce n’est pas un titre de jazz, juste le nouveau Woody Allen. Cinquantième variation d’un même thème dont les cinéphiles viennent chaque année se réj-ouïr au cinéma. Retardé par la pandémie, Rifkin’s Festival est enfin sorti. Et si la note est un peu fatiguée, elle ne manque pas de nous charmer.

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Les Nuits de Mashhad

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Le cliquetis d’un trousseau de clefs annonce le contact d’un cyclomoteur qui s’enclenche, prêt à entamer sa déambulation dans les rues de Mashhad, ville du nord-ouest de l’Iran, lieu de pèlerinage religieux. Le ronronnement du moteur disparaît bientôt alors que retentit une musique alarmante dont les sonorités nous rappellent celles d’une sirène. Ce signal prévient-il du départ du conducteur à la pêche – en reprenant son sens polysémique – à ces êtres issus de la mythologie grecque ? Créatures fabuleuses hypnotisant jadis les hommes d’équipage depuis leur navire sur le rivage, attirant aujourd’hui l’homme moderne de passage, sur une route ou dans une rue, au détour d’un virage. 

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La Nuit du 12

Actuellement au cinéma

Bastien Bouillon et Bouli Lanners © Copyright Haut et Court

En exergue de La Nuit du 12, un carton nous informe que vingt pour cent des crimes restent non résolus : l’histoire de ce film évoque l’une d’entre-elles. À peine les lumières se sont éteintes qu’on est déjà sonnés, curieux de découvrir ce qui s’annonce peut-être comme le Memories of Murder de Dominik Moll, mais à la française, dans les Alpes iséroises, avec des inspecteurs de la PJ pour protagonistes et des foutues imprimantes qui tombent toujours en panne. Et si l’on n’y retrouve ni la fantaisie noire du chef d’œuvre coréen, ni sa profondeur philosophique, un même drame les relie : celui du doute et du mal inexpugnable.

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Thor : Love and thunder

Actuellement au cinéma

© The Walt Disney Company

La légende de Thor se réinvente un énième fois au sein de l’univers Marvel. À coups de flashbacks et de voix-off, Taika Waititi résume autant qu’il réécrit l’histoire. Malheureusement cette nouvelle page manque cruellement d’intérêt. 

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