Seijun Suzuki – Rétrospective en 8 films

Actuellement au cinéma

© Carlotta Films

Les décors en ruines occupent toujours, en premier ou arrière-plan, l’œuvre de Seijun Suzuki. Le cinéaste ayant débuté dans les années 50, cette propension aux vestiges est largement liée à un traumatisme historique — la guerre y est soit un événement en cours (Histoire d’une prostituée), un douloureux souvenir (La Barrière de chair), ou une menace sur le point d’advenir (Élégie de la bagarre) — mais elle vient peut-être symboliser également le statut de Suzuki dans l’industrie japonaise. Ayant travaillé pour la Nikkatsu de 1956 à 1967, il dut s’assujettir autant aux scénarios imposés par les producteurs qu’au rythme général que la production de séries B imposait, à savoir quatre ou cinq longs-métrages tournés chaque année. À bien des égards, il opérait donc comme les yakuzas de ses récits, devant combattre dans les ruines d’un ordre établi et conserver malgré tout une forme de marginalité.

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Kubi

Festival de Cannes 2023

KADOKAWA © T.N Gon Co., Ltd.

À l’issue de la projection cannoise, Takeshi Kitano nous rassure : la prochaine fois, il viendra avec un meilleur film, nous dit-il, fidèle à la désinvolture qu’on lui connaît. Dommage qu’elle ne se déchaîne pas à la hauteur de ce que promettait Kubi, sa nouvelle incursion dans le genre chanbara 20 ans après Zatoichi. Un film au budget conséquent pour un film japonais qui mériterait donc pour son réalisateur la Palme de la lucidité.

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