Father Mother Sister Brother

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Devant un box d’un garage parisien, Skye et Billy (Indya Moore et Luka Sabbat), frère et sœur jumeaux typiquement jarmuschiens, contemplent l’amas de cartons remplis d’objets que leurs parents décédés dans un accident d’avion ont laissé. Trace concrète de la disparition, signe de la nature passagère de l’humain contre la persistance des objets, ils apparaissent comme des paquets de passé encombrants dont les deux jeunes se délestent derrière eux avant de disparaître à leur tour, de s’évaporer au fond du champ. Se délester ? Pas tout à fait. Il reste à décider qu’en faire. Le fardeau du passé a toujours empêtré le personnage jarmuschien. Le passé de l’Amérique et de ses mythes dans Dead Man, Stranger Than Paradise ou Mystery Train, celui de l’humanité pour les vampires plein de spleen d’Only Lovers Left Alive, le passé sentimental dans Broken Flowers.

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Los años nuevos

Disponible sur Arte

© Canal +

La raison principalement citée pour expliquer la réussite de Los años nuevos est son réalisme. Mais comment cela se manifeste-t-il dans la série de Rodrigo Sorogoyen ?

En littérature, le réalisme se définit par l’observation des choses, de toutes choses. Les écrivains ne cherchent pas à expliquer, analyser ou justifier mais simplement à décrire. Or à quoi reconnait-on un passage descriptif particulièrement minutieux ? À sa longueur.  Dans Los años nuevos, l’équivalent se traduit par une recherche marquée sur le temps. Cette donnée s’applique à trois différents niveaux de la série : structure et écriture, mise en scène et discours.

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Laurent dans le vent

Actuellement au cinéma

© Mabel Films

Dans leur premier long-métrage Mourir à Ibiza, le trio de cinéastes que forment Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, convoquait la figure d’Éric Rohmer à travers un conte estival en trois actes, prenant pour point de départ la rencontre contrariée entre Léna et son compagnon de voyage. Avec Laurent dans le vent, leur second film présenté dans la sélection de l’ACID, les réalisateurs délaissent l’esthétique lo-fi de leur premier film et bénéficient d’une production plus aboutie pour explorer avec un regard plus inspiré les aspirations d’une jeunesse en marge, en quête d’une utopie opposée aux injonctions contemporaines.  

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L’Engloutie

Actuellement au cinéma

© Take Shelter / Condor Distribution

Il y a quelque chose d’immédiatement envoûtant dans L’Engloutie, premier long-métrage de fiction de Louise Hémon, jeune réalisatrice venue du documentaire et de l’art vidéo. Quelque chose qui tient en premier lieu à la matérialité de l’image : dans une nuit d’encre, un petit groupe de personnes chemine à travers la montagne, en tête duquel une jeune femme et un âne se détachent, à la faveur de la flamme vacillante d’une lampe à huile. D’emblée, le film se situe dans un entre-deux et invite ses spectateur·ices à se rapprocher de l’écran pour tenter d’en mieux discerner les contours.

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Les meilleurs films de 2025

Tardes de soledad, Albert Serra © Dulac Distribution

Déterminés que nous sommes par des normes ou des pratiques sociales et communautaires bien ancrées, impossible d’échapper à la tradition immuable de la communauté cinéphile : le top annuel. Alors que l’an 2025 est en voie de s’éteindre, rallumons le un peu, à l’aune des quelques films qui auront marqué notre rédaction. L’année dernière, c’est La Zone d’intérêt qui fut l’événement incontesté. Cette fois, pas un choc partagé, mais quatre œuvres plébiscitées : Une bataille après l’autre, film d’action qu’on n’attendait pas de la part de Paul Thomas Anderson, L’Aventura de Sophie Letourneur, qui confirme son statut d’ovni dans le ciel du cinéma mondial, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho, errance brésilienne, tortueuse et colorée de Wagner Moura, et surtout le documentaire sidérant d’Albert Serra, Tardes de soledad, dont la radicalité, bien qu’éprouvante voire dérangeante, aura au moins eu le mérite d’accomplir ce que le cinéma désormais semble accomplir si peu : donner à voir des images neuves, qui ne soient pas des images d’images. Des images de la même trempe que celles dont parlait l’écrivain Jean Cayrol, collaborateur de Nuit et Brouillard, lorsqu’il disait que « l’image devient un art quand elle nous impose un regard auquel nous ne nous habituons pas ». Peut-être l’année 2026 nous en offrira-t-elle. Nous l’espérons.

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L’Amour qu’il nous reste

Actuellement au cinéma

© Hlynur Pálmason

On découvre beaucoup du cinéaste Hlynur Pálmason dans L’Amour qu’il nous reste. La maison de cette famille (à demi) fictionnelle, dont les parents Magnús et Anna, insensiblement, se séparent, est la sienne ; la maison défraîchie dont on décroche la toiture en ouverture fut la sienne ; les deux garçons un tantinet grivois sont les siens, tout comme les poules du jardin, encore, et les œuvres d’art d’Anna (Saga Garðarsdóttir), mère qui se démène au foyer comme dans son atelier en plein air où elle imprime sur des toiles blanches la rouille de divers objets disposés. Parce que Pálmason, en plus d’être un cinéaste, est un plasticien. Quelle incidence ? Un film, malgré sa richesse d’inventions, ses ruptures génériques et son émotion subtile, un peu sous cloche, un peu amoindri par sa sophistication.

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Que ma volonté soit faite

Actuellement au cinéma

© New Story

Sorcellerie, sang, flammes et romance queer. Que ma volonté soit faite  mélange plusieurs esthétiques cinématographiques en vogue ces dernières années : on y retrouve notamment les braises et les tensions érotiques lesbiennes inavouées de Portrait de la jeune fille en feu ou la jeune héroïne ténébreuse, aux yeux taiseux mais profonds, de Grave. Le film de Julia Kowalski prend ces tendances comme de solides appuis pour prétendre à une fable féministe, quitte à s’engouffrer dans un scénario particulièrement bancal.

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Résurrection

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Dans un monde impie où l’on proscrit le rêve, pour marchander un salut éternel devenu stérile, demeurent encore quelques dissidents : des rêvoleurs qui s’obstinent à s’enfouir dans les songes en faisant du rêve un ultime geste politique, une résistance autant esthétique que vitale.

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L’Œuf de l’Ange

Ressortie / Actuellement au cinéma

© Mamoru Oshii/Yoshitaka Amano/Tokuma Shoten, Tokuma Japan Communications All Rights Reserved

Qui a dit que d’une petite forme ne pouvait pas naître un très grand film ? En une heure et onze minutes, pas plus, L’Œuf de l’Ange de Mamoru Oshii délivre un concentré de cinéma plus dense et vertigineux que n’importe quelle fresque épique boursoufflée aux affiches bardées de superlatifs. Méconnu du grand public parce qu’éclipsé par son successeur Ghost in the Shell, longtemps invisible dans de bonnes conditions, l’autre grande œuvre du cinéaste japonais atterrit enfin sur nos écrans et rappelle cette vérité élémentaire : les films les plus beaux sont souvent les plus simples.

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Queerpanorama

Actuellement en ligne

© Dulac Distribution

« On n’est peut-être pas fait pour un seul moi. On a tort de s’y tenir. Préjugé de l’unité. » – Plume, Henri Michaux, 1938

Le panorama est ce qui nous fait voir de haut. Dans un paysage tout peut sembler minuscule ou interchangeable, et seulement quelques silhouettes se distinguent au milieu d’un tapis de similitudes. Le panorama désigne aussi un trompe l’œil : une peinture se faisant passer pour une vitre, mais qui n’est qu’un mur recouvert d’imitations. 

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