Causerie : Philippe Duclos

Philippe Duclos nous a raconté ses débuts avec Daniel Mesguich, sa rencontre avec Arnaud Desplechin, ses souvenirs de Claude Chabrol et Bertrand Tavernier, l’impact de la série Engrenages ainsi que son amour de l’enseignement.

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Le Tartuffe ou l’Hypocrite

Comédie-Française

© Jan Versweyveld

Nouveauté dans la maison de Molière : il s’y joue une version du Tartuffe jamais présentée auparavant. Le metteur en scène Ivo Van Hove retrouve la Troupe (après Les Damnées et Électre / Oreste) pour leur faire interpréter cette version royalement censurée dès sa première représentation, en 1664.

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Rencontre avec : Franz Rogowski

© Stefan Klüter

Depuis quelques années, Franz Rogowski est sur tous les écrans. L’acteur allemand enchaîne les projets ambitieux, travaillant avec Michael Haneke, Christian Petzold ou encore Terrence Malick. Dernièrement à l’affiche de Freaks out et Great Freedom, nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie de Luzifer, actuellement sur MUBI.

Qu’est ce qui vous a attiré dans le jeu d’acteur ?

Ce n’était pas vraiment un désir de jeu mais plutôt un rejet du système solaire. Cela a été un vrai traumatisme pour moi car je suis ce qu’on pourrait appeler hyperactif. L’idée de devenir acteur vient donc d’un fantasme assez naïf, celui de produire de l’art collectivement et grâce à son corps, grâce aux mouvements. Les seules matières dans lesquelles j’étais doué à l’école étaient le sport, l’éthique et l’art. Donc j’ai pensé que le jeu d’acteur pourrait être une combinaison de ces choses là. 

Vous jouez effectivement de nombreux rôles très physiques, c’est donc quelque chose que vous recherchez consciemment ?

Pas forcément mais je suis évidement intéressé par la notion de transmission d’informations, sur un plan subconscient : au lieu d’expliquer quelque chose oralement, parfois il vaut mieux l’exprimer avec du silence par exemple. Partager une information de façon plus cinématographique, je dirais.

Vos personnages sont souvent dotés de capacités très spécifiques. Dans Luzifer, par exemple, vous domptez des rapaces. Est-ce quelque chose qui vous stimule en tant qu’acteur, apprendre de nouvelles pratiques ?

C’est assez extraordinaire, oui. Au théâtre, c’est beaucoup moins extrême : vous apprenez à ressentir différentes choses mais au cinéma vous devez les vivre. Je dois avouer que travailler avec un aigle est tout de même assez terrifiant. Nous avons du nous préparer pendant longtemps car l’aigle est finalement le meilleur ami de mon personnage. Mais je n’étais jamais assez détendu pour le considérer comme un ami, c’était plutôt un collègue !

Comment choisissez-vous les personnages que vous interprétez ?

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Severance

Disponible sur Apple TV+

© Apple TV

Entre 2020 et 2022, le duopole exercé par Netflix et Amazon Prime sur l’offre des plateformes de streaming a du se confronter avec la concurrence : Disney+, Apple TV+ et bientôt HBO Max. En cette période où les des deux géants semblent se focaliser désormais quasi-exclusivement sur des histoires très formatées et créées artificiellement pour atteindre le plus large public possible, il est encore plus intéressant de voir quels contenus Disney et Apple sont en train de publier pour imposer leur ligne éditoriale. Alors que la plateforme de Mickey Mouse s’est davantage vouée au développement de ses franchises déjà existantes, celle des inventeurs de l’iPhone est encore un terrain vierge avec un catalogue pour l’instant très réduit. Après l’énorme succès de la comédie Ted Lasso, Apple a choisi un genre totalement différent pour son dernier et très ambitieux projet, Severance.

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I Comete

Actuellement au cinéma

© 5à7 Films

Pendant les grandes vacances, dans un village corse. Un village comme ils le sont tous en été sur l’île de beauté. Tour à tour, des ados se charrient sur la place de l’Église ; des enfants chantent assis sur un muret de pierres ; deux amis pêchent et conversent en bord de la rivière ; une vieille femme pense à voix haute sur le monde qui s’enlise… Dans I Comete, l’univers fictionnel se déploie en vaguelettes successives, en des instants saisis en plans-séquence et fixes dont on ne perçoit pas de prime abord les relations.

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Rencontre avec : Jonás Trueba

© Lorenzo Pascasio

Presque deux ans après le succès d’Eva en août qui l’avait fait connaître à l’internationale, Jonás Trueba, fils du cinéaste renommé Fernando Trueba, revient avec Qui à part nous, portrait ample d’une génération, entre documentaire et fiction.

Vos précédents films étaient empreints d’une dimension autobiographique assez forte, comme Eva en août ou La Reconquista. En est-il de même pour Qui à part nous ? S’agissait-il aussi de remettre en scène votre adolescence ou vos souvenirs d’adolescents ?

En réalité, c’était plutôt la Reconquista qui était censée représenter ou suggérer quelque chose de ma propre adolescence. Ici, je suis parti d’autres personnes mais, de fait, si aujourd’hui j’essaie de voir de quel film je me sens proche, je me reconnais tout autant dans les adolescents de Qui à part à nous que dans la Reconquista.

Votre film mélange documentaire et fiction avec une fluidité impressionnante, comment êtes vous parvenu à brouiller les frontières entre le réel et le jeu ?  

Tout l’enjeu, ou en tous cas le désir très net que je ressentais, c’était précisément d’avoir cette question du passage de l’un à l’autre. D’avoir la présence de la fiction et de cette dimension documentaire mais que le passage de l’un à l’autre soit le plus naturel, le plus fluide possible. Qu’il y ait une coexistence harmonieuse entre les deux. Il se trouve en effet que, souvent, le cinéma fait la distinction très claire entre ce qui est purement documentaire ou purement fictionnel. Moi, en tant que spectateur, j’aime ces deux genres. Et parce qu’on aime avoir dans son film des choses qui nous plaisent chez d’autres, il était important pour moi de faire une place à ces deux démarches de cinéma. Mon intention, c’était juste cette coexistence, mais c’est intéressant de voir que ça a suscité aussi de la confusion. Il y a eu des remarques qui m’ont beaucoup amusées, notamment de spectateurs qui ont encore cette posture ingénue vis-à-vis du cinéma. Qui prennent pour réelles des scènes de fiction simplement parce qu’ils sont encore dans ce rapport de croyance à ce que l’on voit. Pour moi, ces scènes recréées sont tout aussi réelles, tout aussi vraies que des scènes documentaires. Les choses se sont vraiment déroulées, elles ont vraiment eu lieu, elles ont leur propre vérité. Donc, en tant que telle, la question du genre ne se pose pas, puisque la vérité est toujours là. Mais il est intéressant de voir qu’en fonction du regard que vous portez, l’approche est différente… 

Le film a-t-il été écrit où s’agissait-t-il d’une forme d’improvisation documentaire ?

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L’empire du silence

Actuellement au cinéma

© JHR Films

Treizième film tourné au Congo du réalisateur belge Thierry Michel, L’Empire du silence est de ces films qui laissent sans voix, pour pouvoir mieux laisser la parole aux véritables acteurs et témoins des événements. Dans la continuité de son précédent film L’homme qui répare les femmes, L’Empire du silence relaye le plaidoyer du docteur Mukwege, prix Nobel de la paix, et retrace les événement qui ravagent violemment la République démocratique du Congo.

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À l’ombre des filles

Actuellement au cinéma

© Charles Paulicevich

Luc est un chanteur lyrique qui traverse un moment de crise. Alors qu’il a interrompu sa carrière, il accepte d’animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Six détenues sont au rendez-vous : Marzena, une émigrée polonaise qui compte parfaire son français en apprenant à chanter ; Carole, qui entend devenir célèbre en postant des chansons sur YouTube ; Jeannine, qui aimerait chanter du Herbert Léonard ; Noor, qui veut interpréter Bang Bang ; Jess, qui profite de l’atelier pour sortir de sa cellule ; et Catherine, dont les motivations sont difficiles à sonder. Au gré de leurs rencontres, elles découvrent un exutoire dans le chant et apprennent à s’accorder.

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Dark Water

Actuellement au cinéma / Rétrospective J-Horror

© The Jokers / Les Bookmakers

Bientôt vingt ans que Dark Water est sorti en salle, bien qu’il soit empreint de l’esthétique si particulière des films d’horreur des années 2000, le long-métrage d’Hideo Nakata n’a que peu perdu de sa fraîcheur.

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