
Est-ce que Pawel Pawlikowski sait cadrer ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Non.
Continuer à lire … « Fatherland »Festival de Cannes 2026

Est-ce que Pawel Pawlikowski sait cadrer ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Non.
Continuer à lire … « Fatherland »Festival de Cannes 2026

Du fioul dans les artères nous invite à voyager d’autoroute en autoroute, d’entrepôt en entrepôt, de cabine en cabine. La caméra de Pierre LeGall est toujours en mouvement : soit portée, lorsqu’elle suit les personnages à pied, soit sous forme de travellings quand elle observe les chargements ou qu’elle remonte la route à côté des camions. Cette mouvance constante, qui peut décontenancer au début – elle provoque comme un léger mal de cœur en transport – prend une tournure routinière pour le spectateur. La caméra devient son véhicule, à l’image des allers-retours quotidiens des personnages. Le format choisit – le scope – donne aussi cette impulsion du mouvement latéral ; nos yeux se promènent de gauche à droite, de droite à gauche. Mais pour aller où ?
Continuer à lire … « Du fioul dans les artères »Actuellement au cinéma

Sorcellerie, sang, flammes et romance queer. Que ma volonté soit faite mélange plusieurs esthétiques cinématographiques en vogue ces dernières années : on y retrouve notamment les braises et les tensions érotiques lesbiennes inavouées de Portrait de la jeune fille en feu ou la jeune héroïne ténébreuse, aux yeux taiseux mais profonds, de Grave. Le film de Julia Kowalski prend ces tendances comme de solides appuis pour prétendre à une fable féministe, quitte à s’engouffrer dans un scénario particulièrement bancal.
Continuer à lire … « Que ma volonté soit faite »Actuellement au cinéma

Sept années après La Passion Van Gogh, tableau en mouvement constant, le duo Dorota Kobiela et Hugh Welchman adaptent le roman Les Paysans, classique de la littérature polonaise. Terminé le portrait singulier d’un artiste maudit, La Jeune fille et les paysans ausculte le petit village paysan de Lipce, traversé par les famines, les intolérances et pressions économiques du XIXème siècle. Loin d’être une simple retranscription de l’œuvre de 1904, les réalisateurs proposent ici une lecture plus moderne, concentrée autour des figures féminines à la fois victimes et bourreaux du milieu social ici dépeint dans une fusion renversante du troisième et septième art.
Continuer à lire … « La Jeune fille et les paysans »Festival international du film de La Roche-sur-Yon 2023

De Green Border on ne verra que la frontière mais pas la couleur. Agnieszka Holland nous amène dans une sorte de non lieu colorimétrique. Un champ de bataille actuel au sein duquel le noir et blanc rappelle les atrocités des guerres passées. Dans la forêt marécageuse qui abrite la frontière entre la Biélorrussie et la Pologne, le soleil a du mal a traverser l’épaisse couverture d’arbres. Récit sombre d’un endroit dangereux, de ceux qui y passent et de ceux qui y restent.
Continuer à lire … « Green Border »Actuellement au cinéma

La question de comment filmer l’horreur de l’Holocauste a souvent divisé le monde du cinéma. En prenant une approche radicalement opposée, Jonathan Glazer décide d’en révéler l’atrocité sans jamais la montrer, sans même que ses personnages se donnent la peine de la penser. Avec un formalisme à la beauté austère, il retrace la vie mondaine que mènent Rudolf et Hedwig Höss, le commandant du camp d’Auschwitz et sa femme.
Continuer à lire … « La Zone d’intérêt »Au cinéma le 19 octobre 2022

Profondément marqué par Au hasard Balthazar devant lequel il aurait versé ses premières et uniques larmes au cinéma, Jerzy Skolimowski en offre en quelque sorte une variation formellement plus lyrique et plastique avec Eo, distinguée par un prix du jury au dernier festival de Cannes. Produire un récit désanthropocentré, adoptant presque entièrement le point de vue d’un âne, avait tout d’un pari audacieux, induisant une somme de contraintes tant sur le plan narratif qu’esthétique, et mettant à l’épreuve sa puissance d’identification.
Continuer à lire … « Eo »