Le Jour de son retour

Actuellement au cinéma

© Carlotta Films

Le rythme de croisière que suit Hong Sangsoo depuis désormais quelques années – avec deux, voire trois films par an – a eu raison d’une considération faussée de son œuvre récente. En dépit de son économie minimale, tournant à faibles coûts et avec des équipes réduites, son cinéma est en réalité bien loin de l’épure, étiquette que beaucoup de ses adorateurs comme de ses détracteurs lui ont attribuée à tort et à travers. Le Jour de son retour, nouveau (et, pour l’instant, seul) cru de 2026, vient confirmer à nouveau que les surfaces modestes du cinéaste coréen cachent une belle complexité.

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Teenage sex and death at Camp Miasma

Disponible sur MUBI

© Festival de Cannes 2026

Chez Jane Schoenbrun, les images finissent toujours par déborder de l’écran. Après We’re All Going to the World’s Fair et I Saw the TV Glow, qui exploraient déjà leur pouvoir de fascination et de dissociation, Teenage Sex and Death at Camp Miasma chemine vers un versant plus optimiste en s’intéressant davantage à ce qu’elles font au corps et comment elles façonnent le désir.

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Aprile

Actuellement au cinéma / Ressortie

© StudioCanal / Malavida

En ce mois d’avril 1994, l’Italie vit naître deux êtres. Pietro Moretti, bébé chevelu de 4 kilos 200 grammes, naît par césarienne dans un hôpital romain. Silvio Berlusconi, homme d’affaires, propriétaire de presse, propulsé sur le devant de la scène politique en tant que premier ministre. Qu’ont de commun ces deux événements ? Une date conjointe, une étape dans la biographie de Nanni Moretti. Une puissante pulsion (ou répulsion dans le cas de Berlusconi) créatrice. En 1994, dans son Journal intime, Moretti se confiait déjà sur ses problèmes d’inspiration. Quatre ans plus tard, que lui reste-t-il à dire sur lui, sur son art ? Sur l’état de la gauche italienne, l’URSS tombée, le PCI dissous, ses rêves avec ? Un vide. Mais de ce vide, Moretti en tire un film : Aprile.  

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Digger

Actuellement au cinéma

© Warner Bros. France

Oyez, oyez, Mesdames et Messieurs ! Il vous avait manqué, lui et ses sauts, galipettes et autres pirouettes mégalomaniaques : j’ai nommé Messire Tom Cruise ! Cette fois-ci, depuis le baroud d’honneur Mission Impossible : The Final Reckoning, l’heure n’est plus à la cascade, car les temps sont durs. Oubliez donc les sous-marins, les avions et les coccinelles lancées à toute berzingue dans les rues de Rome : Messire Cruise revient au jeu. Le vrai ! Celui qui éructe et qui dénonce ! Celui qui nécessite des heures de maquillage et qui déclame des minutes de monologue ! Eh oui, plus d’Ethan Hunt à l’horizon, mais Digger Rockwell, un magnat du pétrole qui pousse le monde à la catastrophe. Cruise en connard ; mythe renversé, retourné, plié en deux. Malin, non ?

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Écrire la vie : Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens

Actuellement au cinéma

© Survivance

Écrire la vie, ce fut l’ambition littéraire d’Annie Ernaux, bien sûr, et c’est un peu celle aussi de Claire Simon au cinéma : filmer la vie, notamment la vitalité qui s’exprime des jeunes. Dans plusieurs lycées de France, de Cayenne à Sarcelles en passant par Villefranche sur Saône, des lycéennes et des lycéens dialoguent, discutent entre eux, ou avec leur professeur, autour de l’œuvre de l’écrivaine. Façon la plus adéquate, sans doute, de l’appréhender, le « je » chez Annie Ernaux ayant tendu constamment vers le « on » ; cela par un dispositif simple, auquel nous a habitué Simon, dont la simplicité nous ouvre à ce qu’on ne voit jamais : des jeunes qui parlent de littérature.

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Raison et sentiments

Actuellement au cinéma

© Focus Features

On ne compte plus les adaptations cinématographiques et sérielles des œuvres de Jane Austen. Les toutes premières remontent aux années 1940, et les plus notables ont été produites pendant la première Austen mania, entre 1995 et 2008. Mais l’on n’en finit pas de ré-réadapter ses œuvres : on les voit régulièrement revisitées, souvent par des gens qui surfent maladroitement sur la hype inégalée de l’univers austenien. Son succès n’a pas flanché depuis plus de 30 ans, comme le montre le #JaneAusten qui dépasse aujourd’hui le milliard de vues sur TikTok… La nouvelle version de Raison et sentiments s’inscrit dans cette tendance.

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Her Private Hell

Actuellement au cinéma

© The Jokers Films

“This movie isn’t going to fix us” (comprendre “Ce film ne va pas nous réparer”, même si la traduction française use d’un verbe “réconcilier” moins riche) déclare Dominique (Havana Rose Liu) à Elle (Sophie Thatcher), son ex-amie et désormais belle-fille. Perdue au milieu d’un marasme narratif sans queue (quoique) ni tête, la réplique de Her Private Hell, dernière réalisation de Nicolas Winding Refn, a tout d’un aveu.

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Resident Evil

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Le talent de Zach Cregger pouvait-il survivre au sein d’une franchise ? C’est la question qui se posait à l’annonce de son embauche à la réalisation du huitième film adapté de la célèbre saga vidéoludique Resident Evil. Si ce long-métrage témoigne à nouveau de ses qualités de metteur en scène, force est de constater que les limites du cinéaste, déjà présentes dans ses précédents efforts, apparaissent ici plus nettement encore.

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La vie d’une femme

Actuellement au cinéma

© Pyramide distribution

Lorsque sur les hauteurs des Alpes italiennes Erri De Luca, qu’une « immensité de temps » sépare de sa naissance, affirme que son unique propriété est le langage, il souligne l’aspect fondamental du cinéma de Charline Bourgeois-Tacquet. Dans ses films, le langage est un bien que certains possèdent (les écrivaines Frida et Émilie, un éditeur, une thésarde ; une certaine classe sociale en somme) et assènent (dans La vie d’une femme, Gabrielle dirige tout de sa voix, ses collègues, ses relations, ses opérations de chirurgie). Les autres, les laissés-pour-compte, n’ont pas voix au chapitre. Ils subissent le passage de personnages bulldozer (les héroïnes des deux long-métrages de Bourgeois-Tacquet se voient comparées à l’engin) et n’ont d’autres choix que de s’écarter. Alors lorsque Frida, après avoir observé le service de chirurgie de Gabrielle pour un projet de livre, lui déclame sa passion pour elle, la machine s’enraye.

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Soudain

Actuellement au cinéma

© Cinefrance Studios / Diaphana Distribution

Avant toute chose, il y a l’adverbe soudain. Aussitôt prononcé qu’il nous échappe. Bref et imprévisible, c’est dans sa disparition qu’il se révèle. En somme, soudain c’est le Temps qui frappe. Ryusuke Hamaguchi, avec la patience d’un peintre, le traque jusque dans ses moindres retranchements. Sa caméra observe les fluctuations de lumière, les corps épuisés de Marie-Lou (Virginie Efira) et Mari (Tao Okamato) en constante lutte avec le présent qui les use. Leur rencontre a quelque chose de Rivette, de la légèreté du hasard. Elle se déroule sur les hauteurs d’une butte (celle du Chapeau-Rouge) d’où l’on voit l’étalement de la capitale et ses rues qu’elles arpenteront minutieusement, avec une précision de géographe. Tomoki, jeune homme atteint de trouble psychique, sert de relai aux deux femmes. Un soir, en rentrant du travail, Marie-Lou (directrice d’un EHPAD) s’abrite avec lui d’une pluie estivale sous les branches d’un arbre. Affolés, Mari (metteuse en scène) et Goro (comédien et grand-père de Tomoki) les retrouvent alors que la pluie se calme. Hamaguchi, en disposant ainsi arbitrairement Mari et Marie-Lou dans le même cadre, fait éclore un échange qui se poursuivra tout le long du film. Une discussion qui, comme tout grand dialogue, se meut en pensée ; permet de mieux voir et saisir le monde.

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