Dry Leaf

Actuellement au cinéma

© Norte Distribution

Combien de temps faut-il pour apprendre à regarder autrement au cinéma ? À en croire la méthode Koberidze, trois heures suffisent pour défaire les automatismes de la perception, et rendre au regard une disponibilité que les habitudes spectatorielles avaient jusqu’ici émoussée, au point de quitter la salle les yeux aussi renouvelés que discrètement embués par la beauté plastique du film. 

Continuer à lire … « Dry Leaf »

Othello

Festival La Rochelle Cinéma 2026

© Théâtre du Temple

Anthony John brille sur les scènes de Broadway. Dernièrement, il n’accepte plus que les rôles comiques, conscient de la façon dont jouer la tragédie pourrait affecter sa vie privée. Mais lorsque son agent lui propose d’interpréter Othello, Anthony ne peut refuser…

Continuer à lire … « Othello »

Backrooms

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

On le sait, saison estivale et cinéma d’horreur ont toujours fait bon ménage. Mais cette année aura vu naître un curieux phénomène : sortis à quelques semaines d’écart, Obsession et Backrooms cumulent près de 700 millions au box-office mondial. Réalisés respectivement par Curry Barker (27 ans) et Kane Parsons (21 ans), les deux films renouvellent brillamment le genre horrifique. Pourquoi et, surtout, comment ?

Continuer à lire … « Backrooms »

Obsession

Actuellement au cinéma

© Le Pacte / FOCUS FEATURES LLC

Dans Obsession, Curry Barker (27 ans) s’empare d’un sujet qui agite sa génération et celles d’après : les relations toxiques. Bear est fou amoureux de Nikki mais n’ose lui avouer. Lorsque, dans un magasin un peu ésotérique, il met la main sur un objet capable d’exaucer son vœu le plus cher, il souhaite que Nikki l’aime plus que tout au monde…

Continuer à lire … « Obsession »

La bataille de Gaulle : L’Âge de fer

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

De conférences de presse en sorties de salles, du Point à France Culture, une question agite les spectateurs critiques depuis plusieurs mois : pourquoi tant de films sur la Seconde Guerre Mondiale ? Effet de mode, hasard ou retour en force des années 40 ? Les cinéastes, eux, se défendent de tout parallèle avec le présent. Xavier Giannoli s’y était tout de même essayé avec une douteuse comparaison entre Jacques Doriot (collaborationniste enthousiaste) et Jean-Luc Mélenchon avant de rétropédaler, peut-être moins par conviction que par peur du politique. László Nemes et Gilles Lellouche, en fétichisant Jean Moulin, ont refusé, sans cacher leur agacement, de tracer un lien entre les idéaux du résistant et nos temps présents. Plus récemment, c’est une interview de Niels Schneider qui a fait polémique après que son agent ait voulu censurer une journaliste ayant le malheur d’évoquer la tribune Zapper Bolloré. Se niche ici le cœur de ces trois films (Les Rayons et les ombres, Moulin et La bataille de Gaulle) : une peur complète de la politique, de tout ce qui pourrait faire scission. Logique du marché, face au budget monumental répété dans chaque interview (entre 85 et 100 millions pour De Gaulle ! plus de 30 millions pour Les rayons et les ombres), il faut remplir les salles. Nulle question de faire de la politique alors. Celle-ci divise, soustrait des spectateurs. Mais, peut-être malgré eux, ces films sont bien porteurs d’une idée du monde, d’un regard sur la France qu’ils dépeignent, et l’adoration d’une partie de la presse (Le Point, pour ne citer que ce journal, où, en 2026, on peut encore lire que Lacombe Lucien est un chef-d’œuvre) dénote bien qu’un clivage s’est creusé entre ces films et le reste du paysage.

Continuer à lire … « La bataille de Gaulle : L’Âge de fer »

Rencontre avec Bruno Santamaría Razo

© Kiryl Synkou

Lorsque le film débute, on a l’impression d’être face à une fiction. Ce n’est que plus tard qu’on découvre une deuxième partie documentaire. Pourquoi avoir voulu mêler ces deux genres ?

Le projet a débuté pendant la pandémie en 2020. J’étais enfermé chez moi, et j’avais soudainement très peur de mourir. Ça m’a renvoyé à ce diagnostique de séropositivité de mon père, quand j’étais enfant. Au départ, j’ai construit le film comme un documentaire : j’ai interviewé et filmé mes parents, ma famille. Mais cette démarche n’a apporté que plus de confusion : je n’avais pas réellement les réponses à mes questions, et je n’arrivais pas à faire exister mes souvenirs au sein des leurs. Il a donc fallu dépasser la réalité ; la fiction est apparu comme un moyen de combler les trous. Avec cet espace frictionnel, je pouvais mettre en scène mes souvenirs, les lier aux réponses de mes parents et ainsi tisser des ponts entre les deux.

Les scènes de fiction ne servent pas seulement d’illustration aux passages documentaire, on sent une réelle liberté dans leur mise en scène...

Continuer à lire … « Rencontre avec Bruno Santamaría Razo »

Notre Salut

Festival de Cannes 2026

© Condor Distribution

Après Rien à foutre, Emmanuel Marre reprend une esthétique et un style de dialogue similaires, mais les applique plus méthodiquement à un sujet aux enjeux immenses.

Continuer à lire … « Notre Salut »

9 Temples to Heaven

Festival de Cannes 2026

© Nour films

Dans l’obscurité, celle-là même qui clôturera le film et s’oppose au noir total, un temple s’allume. D’autres suivront, environ neuf – le film suit d’abord mathématiquement le projet du titre avant de s’en détacher progressivement. Le jour se fait et la lumière, d’un gris brumeux propre à la Thaïlande, envahit le cadre, laissant deviner les personnages. C’est une famille qui, sous l’impulsion du père (et, nous le comprendrons plus tard, des superstitions de son patron), voyage de temple de temple pour faire des offrandes dans l’espoir d’éviter la mort prochaine de l’aînée : une vieille dame malade. Trois générations s’activent dans le périple qui, comme l’Ulysse de Joyce, est une odyssée d’un jour.

Continuer à lire … « 9 Temples to Heaven »

Fatherland

Festival de Cannes 2026

© Agata Grzybowska

Est-ce que Pawel Pawlikowski sait cadrer ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Non.

Continuer à lire … « Fatherland »

Everytime

Festival de Cannes 2026

Dans Everytime, troisième film de Sandra Wollner, le deuil excède le simple motif pour devenir une matière qui infiltre les corps, altère les images et se loge jusque dans les interstices du montage. Présenté à Un Certain Regard, le film emprunte d’abord, sous le soleil berlinois, les atours d’un récit familial miné de l’intérieur par la promiscuité du cadre de vie. Jessi et Melli, sœurs contraintes de partager une même chambre, évoluent dans un espace où l’exiguïté fait office de chambre d’écho des tensions affectives. À peine les liens qui les unissent affleurent-ils à l’écran qu’ils se désagrègent, brutalement interrompus par la chute fatale de Jessi.  

Continuer à lire … « Everytime »