La bataille De Gaulle : J’écris ton nom

© Pathé Films

Deux appendices. Dans la nuit du 5 au 6 juin, du 19 au 25 août 1944, sur les plages normandes et à Paris, le débarquement, la libération (quelques secondes dans la temporalité du film) ; deux perforations dans le temps et dans le régime des images. Aux reconstitutions grandiloquentes qui jonchent le film (la guerre du Désert, la création du CNR, les déclamations de De Gaulle, …), Baudry se retire pour l’archive. Aux visages d’acteurs et d’actrices célèbres se substituent l’anonymat d’une foule, d’un regard pris dans l’Histoire. Au passé recomposé, le présent reprend ses droits. Pourquoi cette soudaine modestie de la part du réalisateur ? Lui qui semblait jusqu’ici tant croire en ses images, s’est-il pris de remords moral face à la puissance de l’archive, à l’impossibilité de remettre en scène l’horreur de la guerre ? Troublantes comme toutes archives, elles n’interrogent que très peu de temps nos yeux alors habitués à la rigidité des cadres de Baudry, à la droiture du corps d’Abkarian. Elles s’évaporent subitement dans le montage, se diluent dans les images et perdent de leur superbe – exemplairement, dans un montage alterné, Anamaria Vartolomei courra comme couraient ces Parisiens, pris dans l’instantané d’une joie qui ne pouvait s’exprimer que dans un balancement des jambes effréné.

Continuer à lire … « La bataille De Gaulle : J’écris ton nom »

Retour à Silent Hill

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

L’ambulance est déjà criblée de balles, mais la conscience professionnelle ne connait pas la clémence : Retour à Silent Hill de Christophe Gans est un ratage complet. En adaptant le second volet de la franchise vidéoludique culte, l’auteur du Pacte des Loups revenait pourtant à un matériau familier. En 2006, son Silent Hill premier du nom lui avait au moins permis d’obtenir le bénéfice du doute : miné par une production délicate, qui imposa notamment l’ajout d’un personnage masculin sans intérêt, le film laissait néanmoins penser par son atmosphère soignée et sa direction artistique élégante que Gans avait une compréhension profonde de l’univers qu’il transposait à l’écran. Vingt ans plus tard, ce nouvel opus inespéré anéantit méthodiquement et de manière assez sidérante tout le crédit qu’on pouvait attribuer au cinéaste quant à sa capacité à adapter cette licence.

Continuer à lire … « Retour à Silent Hill »