Adoration

Au cinéma le 22 janvier

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Fantine Harduin, Thomas Gioria ©Les Bookmakers / The Jokers

Le jeune Paul vit avec sa mère, dans une maison proche de la clinique psychiatrique où celle-ci travaille. Un jour, il surprend Gloria, une patiente de son âge, en train de tenter de s’enfuir. Fasciné par la jeune fille et bien qu’il lui soit interdit de la fréquenter, il décide pour la revoir de braver les interdits.

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Rencontre avec : Philippe Clair

Réalisateur

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©Picasa et Grrr…Art Editions

Né au Maroc en 1930, Philippe Clair est le réalisateur culte des comédies les plus loufoques des années 1970 et 1980. Il a accepté de se confier sur sa vie de cinéma.

Tout d’abord, d’où vient votre goût pour la comédie ?

Pour être honnête, je suis tombé dans la comédie un peu par hasard. J’ai commencé ce métier en étant comédien, et d’ailleurs je jouais des choses assez sérieuses au départ. Mais je voyais bien que je faisais rire mes camarades, surtout avec mon accent. Ce qui ne me déplaisait pas, entre parenthèses. Pour autant, ce n’était pas mon ambition première. J’aimais juste déconner dans la vie, c’est tout. Et puis, un jour, c’est le métier qui choisit pour vous. Je me suis retrouvé à interpréter des pièces comiques. Ça a marché très fort, et tout s’est enchaîné. Le cinéma m’a ouvert ses portes, et j’ai poursuivi sur cette lancée…

C’est d’abord par la musique que vous avez connu un grand succès. Recherchiez-vous une façon d’être irrévérencieux ?

J’ai connu le succès assez vite grâce à un disque, c’est vrai, mais il s’agissait de sketchs. Et j’avais déjà, à ce moment-là, un public qui venait me voir sur scène. En fait, ces deux activités se sont chevauchées, et m’ont porté simultanément. Après, pour vous répondre, je n’ai jamais cherché à être irrévérencieux, ou à choquer qui que ce soit. J’étais un peu gonflé parfois, oui, mais en aucun cas méchant. Je ne me posais pas de question, pour être franc. J’écrivais ce qui me faisait rire. Ensuite, ça passait, ou pas. Rien Nasser de courir et Israël embargo… ment immédiat, notamment, n’ont pas plu à tout le monde. Vu les sujets et les personnalités abordés, ça peut se comprendre. Jusqu’à un certain point, ceci dit… De Gaulle a quand même fait interdire un de mes disques ! Vous vous rendez compte ? On critique beaucoup l’époque actuelle, mais ce n’était pas toujours mieux avant. 

Que pensez-vous de l’expression « nanar » que l’on utilise parfois pour qualifier vos films ?

Je déteste le terme de « nanar ». Aujourd’hui, on l’emploie pour tout et n’importe quoi. Ce n’est pas pour prendre la défense de Claude Zidi, mais même Le grand Bazar est chroniqué sur le site Nanarland. C’est un peu exagéré, non ? Il me semble que dans le genre « nanar », Les Charlots ont fait bien pire… Quant à moi, on me compare à Max Pécas ou Michel Vocoret, deux rois en la matière. C’est très vexant ! On aime ou pas mon cinéma, mais, contrairement à eux, j’ai toujours soigné au détail près le moindre de mes films : je n’ai travaillé qu’avec de très bons comédiens (Annie Girardot, Michel Galabru, Jacques Dufilho, Francis Blanche, Jerry Lewis…), j’ai imaginé des gags de folie, j’ai fait appel à des techniciens de renom, j’ai collaboré avec les plus grands compositeurs (Raymond Lefèvre, Claude Bolling, Armando Trovajoli, Alan Silvestri…)… Et je ne vous parle pas des affiches, qui, elles aussi, avaient de la gueule ! Celles des Réformés et de Rodriguez au pays des merguez, par exemple, sont signées Hervé Morvan… Et, à l’arrivée, j’ai engendré des millions et des millions d’entrées. Ce qui n’était pas le cas de tous… Je ne dis pas ça par prétention. Je trouve juste insultant, pour ma personne comme pour mon public, de limiter mon œuvre à de vulgaires merdes. En 1981, je réalise Tais-toi quand tu parles, avec Aldo Maccione. Résultat : deux millions d’entrées. Un vrai succès. Moins d’un an plus tard, j’enchaîne avec Plus beau que moi meurs : cette fois, ce sont trois millions et demi de spectateurs qui se déplacent. THE triomphe. Entre les deux, quatre autres films interprétés par Aldo sortent en salles : Reste avec nous on s’tire de Michele Massimo, T’es folle ou quoi ? de Michel Gérard, Te marre pas… c’est pour rire de Jacques Besnard, Le Corbillard de Jules de Serge Pénard. Et là, que des bides ! Je vous laisse juge… 

Vos films se construisent autour d’un enchaînement phénoménal de gags. Tout était très préparé ?

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Le lac aux oies sauvages

Actuellement au cinéma

©Memento Films Distribution

Dans les bas-fonds d’une ville chinoise, la rivalité entre deux factions de la pègre locale dégénère en règlement de comptes. Zhou Zenong, à la tête de l’une de celles-ci, se trouve entraîné dans une spirale de violence ; pourchassé par ses rivaux et par les forces de l’ordre, il entraîne avec lui Liu Alai, une jeune prostituée. Pourtant, dans leur malheur, l’un et l’autre voient la possibilité d’une rédemption. Comme dans son film précédent, Black Coal, Diao Yinan revisite avec Le lac aux oies sauvages le genre du polar. Mais si dans le premier l’originalité du traitement n’empêchait pas le spectateur d’être tenu en haleine par l’enquête, la nouvelle tentative du réalisateur, en poussant encore plus loin le détachement avec lequel il aborde son sujet, prend le risque de perdre une partie de son audience.

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La vie invisible d’Eurídice Gusmão

Au cinéma le 11 décembre 2019

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Carol Duarte, Julia Stockler ©ARP Distribution

Moins connu en Europe que ses compatriotes Walter Salles ou Kleber Mendonça Filho, le brésilien Karim Aïnouz livre pourtant son sixième film de fiction avec La vie invisible d’Eurídice Gusmão, prix Un Certain Regard à Cannes. Son puissant mélodrame féministe narre l’histoire de deux sœurs vouées à ne plus se voir à cause d’une société qui les empêche de réaliser leurs rêves, et se révèle être l’une des belles surprises de cette fin d’année.

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Les envoûtés

Au cinéma le 11 décembre 2019

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Sara Giraudeau, Nicolas Duvauchelle ©SBS Distribution

Coline (Sara Giraudeau), journaliste discrète, travaille pour un magazine de psychologie. Elle se voit confiée la rédaction du « récit du mois », pour lequel elle doit faire le portrait de Simon (Nicolas Duvauchelle), peintre ermite au Pays Basque qui a vu le fantôme de sa mère au moment où celle-ci mourrait. D’abord peu passionnée par le sujet, Coline accepte de le rencontrer car sa voisine (Anabel Lopez) a vécu la même troublante hallucination.

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Rencontre avec : Valerie Pachner

Actrice

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Valerie Pachner ©Mathias Bothor/photoselection

Retenez bien son nom : Valerie Pachner est la révélation d’Une vie cachée, le nouveau film de Terrence Malick, au cinéma dès aujourd’hui. Elle revient avec nous sur son expérience de tournage, qui fut une véritable expérience de vie, et le regard qu’elle porte sur cette grande œuvre dont elle est la bouleversante interprète.

D’où vient votre désir de devenir actrice ?

Je n’ai jamais vraiment eu l’idée de devenir actrice, mais j’ai grandi dans la campagne où il n’y avait pas beaucoup d’activités. Ma seule préoccupation était alors de rencontrer des gens. Je ne sais pas comment, mais j’ai pensé qu’un cours de théâtre me permettrait de vivre de nouvelles choses avec des nouvelles personnes, alors j’y suis allée ! J’avais 16 ans, c’était la première fois que je me sentais totalement à ma place. Ce n’était pas pour le jeu en soi, mais je ne voulais pour rien au monde être ailleurs ni faire autre chose. Je me sentais en harmonie avec le moment. Ensuite, après avoir fini mes études, j’ai voyagé et cela a pris un certain temps avant que j’entre dans une école d’art dramatique… mais c’est arrivé, et c’est ainsi que les chose ont commencé.

Comment avez-vous rejoint la distribution d’Une vie cachée de Terrence Malick?

Un an avant le début du tournage, un directeur de casting m’a proposé d’auditionner. Je savais qu’il s’agissait d’un film de Terrence Malick, mais je n’avais rien à préparer. Pendant le casting, j’ai lu une des lettres de Franz, traduite en anglais. Je devais improviser quelque chose à partir de cette lettre. Trois semaines plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone pour me dire que j’étais prise ! C’était merveilleux, ça s’est fait très rapidement.

Vous jouez le rôle de Franziska Jägerstätter, dont le mari a été condamné à mort par les nazis pour avoir refusé de prêter serment au régime. Quelles questions vous êtes vous posées avant d’incarner cette femme qui a réellement existé ?

L’approche d’un personnage change beaucoup lorsque celui-ci est réel et non totalement fictionnel. C’est un processus assez délicat, surtout en ce qui concerne Franziska car son histoire s’inscrit dans une époque malgré tout assez récente. J’ai ressenti en moi la nécessité de demander une sorte de permission pour l’incarner, et au fur et à mesure, une connexion très intense s’est établie avec elle. Je me suis demandé comment est-ce qu’elle aurait aimé être représentée, ce qu’elle aurait aimé qu’on lui fasse dire. Son histoire est si forte que je sentais que j’avais la responsabilité d’être la plus juste possible.

Par quelles étapes de préparation êtes-vous passée ?

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Marriage Story

Disponible sur Netflix

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Scarlett Johansson, Adam Driver ©Netflix France

Au tout début du film, Charlie (Adam Driver), metteur en scène de l’avant-garde new-yorkaise, et Nicole (Scarlett Johansson), comédienne, se présentent mutuellement dans une succession de saynètes commentées en voix off. Des portraits qui tiennent de l’anodin, et nous font immédiatement entrer dans l’intimité de leur couple. C’est de façon assez brutale que leur séparation est actée : on ne les verra pas heureux ensemble avec leur fils de 8 ans, hormis dans cette ouverture qui racontait le bonheur du quotidien. Une ellipse et les voici dans le bureau d’un conseiller conjugal. Lorsqu’ils rentrent chez eux, après une représentation théâtrale, on comprend que quelque chose s’est arrêté. Leur rupture se passe d’explication. Tout se lit sur les visages, les regards, le mouvement des corps au milieu de cet appartement qui n’est plus celui d’une famille unie.

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