Après Canine, The Lobster et Mise à mort du Cerf Sacré, le réalisateur Yorgos Lanthimos revient cette année avec La Favorite, déjà récompensé par un Golden Globe et nommé pour une dizaine d’Oscars et de Baftas. Le film se déroule dans une Angleterre du 18ème siècle sous le règne de la Reine Anne, soumise à son amante Lady Sarah. Lorsque Abigail, une nouvelle servante fait son arrivée, la relation privilégiée de Sarah avec la Reine est immédiatement mise en danger.
La La Land c’est le film qui remet les comédies musicales à la mode, avec une promotion monumentale, des attentes incroyables autour du film, une pluie de nominations pour toutes sortes de récompenses. A première vu, que du positif pour les adeptes de ce genre, pas très populaire auprès des nouvelles générations. Pourtant les passionnés de comédies musicales ont été les plus nombreux à critiquer le film, tandis que ceux qui ne s’y intéressent pas particulièrement ont tous été séduit. Alors pourquoi autant de division autour du film de Damien Chazelle, le réalisateur qui avait marqué les esprits en 2014 avec l’excellent Whiplash. La La Land est un film exemplaire dans sa réalisation, les couleurs et la mise en scène sont remarquables, on ne peut rien reprocher au réalisateur qui exerce son art avec une maitrise parfaite. Cependant ce que le film accomplit principalement c’est de rendre hommage aux comédies musicales classiques. Il s’agit d’un genre qui ne cesse de s’inspirer de ses prédécesseurs en utilisant les mêmes codes et règles, pourtant chaque grande comédie musicale parvient à les détourner afin d’y ajouter sa marque. L’enjeu devient alors de rendre un hommage tout en apportant quelque chose de nouveau au genre, ce que La La Land peine à faire. L’apogée du film est son superbe épilogue qui reprend cependant au plan près des classiques comme Un jour à New York, Les Parapluies de Cherbourg, Un Américain à Paris ou encore Broadway qui danse, parmi beaucoup d’autres. Chazelle nous propose un condensé des plus belles scènes des comédies musicales et les recrée magistralement. Si le cinéaste s’était contenté de cette séquence onirique afin de témoigner de son amour pour les comédies musicales, alors il aurait pu apporter un peu d’originalité au reste du film. Or, le film entier n’est qu’une pale copie d’oeuvres déjà réalisées; dès la scène d’ouverture on éprouve un sentiment de déjà vu avec des chorégraphies et une séquence qui rappelle celles Jacques Demy. Pendant tout le film ce sentiment ne nous quitte pas et Chazelle ne parvient jamais à dépasser cet aspect de référence qui aurait fait bon office pour un court métrage mais captive difficilement le spectateur sur le long terme.