Burgundy

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Curieux objet que ce Burgundy, fruit d’un patient travail d’immersion des réalisateurs étasuniens Michael Dweck et Gregory Kershaw dans le terroir bourguignon. Dressant le portrait d’une communauté gravitant autour de la passion du vin, le long-métrage se situe dans un état intermédiaire assez passionnant entre fascination et satire.

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Les Roches rouges

San Sebastián International Film Festival 2026

© Les Films du Losange

La délocalisation a parfois du bon : en troquant ses plages du nord pour celles du sud de la France, Bruno Dumont insuffle une vitalité nouvelle à son cinéma, tout en revenant à l’enfance de l’art. Tout commence d’ailleurs par le passage d’un train sur un viaduc, évocation d’une vue Lumière originelle, qui place les aventures des gamin·es en contrebas sous les hospices d’un ravissement esthétique primitif. C’est ce que donne à ressentir l’emploi quasi-systématique d’un très grande angle et d’une caméra portée, langage inhabituel chez Dumont : coller au plus près des visages étranges de ces têtes blondes, attraper leurs déplacements imprévisibles, les yeux grands ouverts pour tout embrasser.

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Club Kid

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Produit par Alex Coco, déjà derrière Red Rocket (Sean Baker, 2021), The Sweet East (Sean Price Williams, 2023) et Anora (Sean Baker, 2024), Club Kid confirme un récent regain de vitalité du cinéma indépendant américain. Il marque aussi le passage au long-métrage de Jordan Firstman (également acteur, il assure ici le rôle principal), qui se distingue d’une partie de ses contemporains par une forme de croyance dans le récit traditionnel et une mise en scène héritée du cinéma classique. Plus proche de Sean Baker, donc, que de Tyler Taormina, Sean Price Williams ou Carson Lund, disons.

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Tender Loving Care

San Sebastián International Film Festival 2026

© Joseph Lynn / Thin man films Ltd

En juillet dernier, le cinéaste britannique Mike Leigh déclarait au média Indiewire qu’en raison de sa myosite – une maladie auto-immune provoquant la destruction progressive des muscles –, Tender Loving Care serait très certainement son ultime film. Si, par malheur, tel devait être le cas, difficile d’imaginer plus belle lettre d’adieu.

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L’Aventure d’une nuit

Festival La Rochelle Cinéma 2026

© Park Circus

Face aux chutes du Niagara, baignés par la blancheur cristalline du clair de lune, Lee Leander (Barbara Stanwyck) et le procureur Jack Sargent (Fred MacMurray) s’entretiennent une dernière fois. Il lui explique qu’elle peut demeurer au Canada pour échapper à la justice américaine et au procès qui l’attend, mais elle refuse cette échappatoire. À court d’arguments, Lee lui glisse alors : “You know I love you, don’t you ?” Une heure plus tôt, ces mots auraient paru inconcevables dans la bouche du procureur, bien décidé à faire emprisonner la jeune femme pour un vol à la tire. Désormais, ils s’imposent pourtant avec une évidence presque miraculeuse ; de ces miracles dont seuls les grands crus du classicisme hollywoodien ont le secret.

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Othello

Festival La Rochelle Cinéma 2026

© Théâtre du Temple

Anthony John brille sur les scènes de Broadway. Dernièrement, il n’accepte plus que les rôles comiques, conscient de la façon dont jouer la tragédie pourrait affecter sa vie privée. Mais lorsque son agent lui propose d’interpréter Othello, Anthony ne peut refuser…

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La Dérive

Festival La Rochelle Cinéma 2026

© Succession Paula Delsol / Les Acacias

“J’ai drôlement faim.” La réplique, lancée nonchalamment par Jacquie (Jacqueline Vandal), assise sur un muret auprès de son amant Pierre (Pierre Barouh), cache sous son apparente banalité un incipit révélateur. D’appétit, il en sera souvent question dans La Dérive, premier long métrage de Paula Delsol, sorti en 1964. Il renvoie d’abord, quelques instants plus tard, au foyer familial et aux habitudes systémiques dont Jacquie cherche à s’affranchir, mais annonce aussi une faim plus fondamentale : celle du désir, sous ses multiples formes, qui traversera et structurera l’ensemble du film.

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L’Inconnue

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

Après plus d’un siècle d’existence, le cinéma a profondément modifié les conditions de son propre regard. L’expérience du spectateur, autrefois traversée par une forme d’émerveillement presque mystique, s’est progressivement transformée en un exercice de décodage, dont le langage, à force de jaillir des mêmes conventions, est désormais perméable. Spectateurs et cinéastes, nourris par une consommation incessante d’images, évoluent désormais dans un univers largement autoréférentiel : le septième art évolue en vase clos, s’autocite à tout bout de champ, accumulant références, hommages et jeux d’échos interfilmiques. Dans ce paysage saturé, voir un film qui détonne est devenu denrée rare.

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Côté Court 2026 : nos coups de cœur !

La 35è édition de Côté Court s’est terminée en ce chaud mois de juin. Au programme : des films tout aussi chaleureux ! Parmi les sélections de courts-métrages inédits ou de patrimoine ; voici les coups de cœur de la rédaction !

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Cannes 2026 : tout est fiction

Festival de Cannes 2026

© MUBI

Le Festival de Cannes semble s’être constitué sous le signe d’une conscience aiguë de la fiction elle-même, comme si les films présentés ne pouvaient plus simplement raconter des histoires sans exhiber simultanément les mécanismes de leur fabrication. D’un film à l’autre a affleuré l’idée d’un étrange épuisement du réel. Le monde ne paraît plus immédiatement accessible mais toujours déjà médiatisé par des récits préexistants, des projections mentales et des images héritées. Dès lors, raconter une histoire ne suffit plus. Il faut dévoiler les coutures des histoires et montrer comment elles circulent, comment elles déforment ceux qui les produisent et ceux qui les habitent. 

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