Masterclass – Christopher Walken

Acteur

christopherwalken_portrait.jpg
Christopher Walken, invité d’honneur du Champs-Elysées Film Festival 2019

Quelques jours après l’événement organisé autour de la venue de Jeff Goldblum, le Champs-Elysées Film Festival a marqué les esprits en invitant Christopher Walken, pour des présentations de séances et une masterclass. Devant une salle comble et impressionnée, l’acteur s’est confié sur sa carrière. Petit parcours de sa filmographie à travers des citations choisies.

Christopher Walken a tout d’abord commencé sa carrière en tant que danseur. « Au départ, je dansais dans des comédies musicales à Broadway et en tournée aux Etats-Unis. Mais une carrière de danseur, comme celle d’un athlète, ne peut pas durer indéfiniment. C’est un peu par accident que j’ai obtenu mon premier rôle au théâtre. Et ensuite, les pièces se sont enchaînées. » Ça paraît si simple… Des cinéastes ne tardent pas à lui offrir, dès ses débuts, des rôles consistants, à commencer par Woody Allen avec Annie Hall (1977). Mais son premier grand rôle arrive l’année suivante, dans Voyage au bout de l’enfer (The Dear Hunter) de Michael Cimino. Christopher Walken retient du tournage la très bonne entente du groupe d’acteurs – Robert De Niro, John Cazale, Meryl Streep, John Savage. « Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, deux semaines avant le tournage. C’est rare de le faire car c’est très coûteux, mais c’était essentiel pour que l’on se sente comme des amis. » Il raconte aussi avoir puisé l’intensité de son jeu dans ses souvenirs d’enfance. «Je repensais au mal-être qui m’envahissait lorsque mes parents m’emmenaient en colonie. Même si elle n’avait lieu qu’à 150 km de chez moi, c’était comme partir sur une autre planète. Ma maison me manquait. » Ce rôle décisif et fondateur chez Cimino, suivi en 1980 par un autre dans La Porte du paradis (Heaven’s Gate), impose Christopher Walken parmi la nouvelle génération d’acteurs américains dans les années 1980. Une décennie qu’il marque avec des rôles très singuliers. Il joue ainsi dans Dead zone de David Cronenberg, sorti en 1983. On apprend que Stephen King lui a dit que c’était l’une des adaptations de ses livres qu’il préférait, et que les réactions de surprise des personnages dans le film sont provoqués par de réels coups de feu tirés sur le tournage…

Continuer à lire … « Masterclass – Christopher Walken »

Masterclass – Jeff Goldblum

Acteur

JeffGoldblum_portrait.jpg
Jeff Goldblum est l’un des invités du Champs-Elysées Film Festival 2019

Pour l’ouverture de sa 8e édition, le Champs-Elysées Film Festival a ravi le public en invitant l’acteur américain Jeff Goldblum. En marge de la projection en avant-première de l’ovni The Mountain de Rick Alverson, film de formaliste qui sortira mercredi prochain, le comédien a offert une masterclass à laquelle cinéphiles et fans ont répondu présent.

Il n’a fallu que quelques minutes pour que Jeff Goldblum provoque de nombreux rires dans la salle : l’acteur a un goût prononcé pour la divagation. Il chante pendant les temps morts qui précèdent les diffusions d’extraits, répond aux altercations du public… il a tôt fait de renommer sa leçon de cinéma « free talk ». Mais, aussi informel soit-il avec lui, cet exercice l’emmène chronologiquement aux origines de sa vocation. Il raconte avoir senti son envie de devenir acteur alors qu’il avait une dizaine d’années, mais il a gardé ce désir en lui, comme un secret. C’est à 21 ans, en 1973, qu’il débute au cinéma dans Un justicier dans la ville (Death Wish) de Michael Winner, dans un rôle de voyou. Son jeu d’acteur va évoluer à mesure que les leçons reçues de l’éminent professeur d’art dramatique Sanford Meisner prennent sens en lui-même. « Meisner nous citait cette idée de Stanislavski selon laquelle il faut se focaliser sur l’art qui est en soi et non pas se projeter dans l’art. Il m’a dit qu’il fallait 20 ans pour devenir un acteur accompli. Avec le recul, je me rends compte que je travaillais trop à mes débuts parce que je n’avais pas confiance en moi. J’arrivais en avance aux répétitions, je lisais énormément de pièces, je m’entraînais à pleurer et à me mettre en colère même quand la scène ne le nécessitait pas. Aujourd’hui, j’emploie la méthode qui est sans doute celle qui me convient le mieux, à savoir minimiser la préparation en amont. J’ai arrêté de boire du café il y a quatre ou cinq ans car ça me donnait une mauvaise énergie pour jouer. Maintenant, je viens dans l’état dans lequel je suis. » Meisner rappelait à ses élèves de ne jamais imiter afin de trouver leur propre voix, ce que Jeff Goldblum comprit notamment en travaillant avec Philip Kaufman sur le tournage de L’invasion des profanateurs (1978), qui l’a fait réfléchir « sur le besoin de ne pas être trop expressif et de surtout apprendre à faire confiance à ses propres émotions.»

Continuer à lire … « Masterclass – Jeff Goldblum »

Exposition – Quand Fellini rêvait de Picasso

Jusqu’au 28 juillet 2019 à la Cinémathèque française

s,1200-9d14f6.jpg

  « Maintenant, à chaque fois que je vois un tableau de Picasso, je me sens immédiatement une espèce de complicité, je suis complètement emporté, bouleversé, par la richesse, la force, le bonheur, l’esprit, la vie qui en émanent. Picasso est un peintre totalement, absolument libre », disait Fellini en 1995. Le réalisateur de La Strada ne pouvait se prêter à l’exercice de l’admiration qu’envers un créateur à l’univers aussi unique que le sien, à l’œuvre aussi pléthorique que la sienne. C’est sur cet angle insolite que la Cinémathèque a choisi de bâtir sa nouvelle exposition semestrielle, proposant un dialogue original entre Pablo Picasso (1881-1973) et Federico Fellini (1920-1993).

  Concrètement, les deux hommes ne se sont jamais vraiment rencontrés – seulement croisés, comme au Festival de Cannes en 1957 -, mais le titre de l’exposition ne trompe pas : littéralement, Fellini a rêvé de Picasso. Juste après la sortie controversée de La Dolce Vita (1960), et avant de liver son enivrant film sur la création Huit et demi (1963), le cinéaste est plongé dans une crise existentielle qui le pousse à entreprendre une psychanalyse, avec un docteur disciple de Jung. Il entreprend alors un travail de transcription de ses rêves sous forme de dessins (regroupés dans l’ouvrage Le Livre de mes rêves). Durant les séances, Fellini raconte ses fantasmes et ses visions oniriques, parmi lesquelles Picasso occupe une place de choix. Le peintre espagnol apparaît dans les rêves du réalisateur italien et devient pour lui un guide intime, « un compagnon de voyage ». Il pénètre l’univers mental du cinéaste et l’inspire. Cet événement psychanalytique très méconnu, point de départ de l’exposition, nous donne une clef d’entrée dans le monde imaginé par Federico Fellini, avant que ne s’opère un dialogue, essentiellement thématique, entre les œuvres de deux artistes qui font sans nul doute partie des plus marquants du XXe siècle.

Continuer à lire … « Exposition – Quand Fellini rêvait de Picasso »

Leçon inaugurale d’Amos Gitaï au Collège de France

Mardi 16 octobre, 18H

FRANCE-CINEMA-GITAI
Le cinéaste Amos Gitaï au Collège de France © Christophe Archambault / AFP

  « Je n’ai pas été aussi ému depuis ma bar mitzvah », déclare Amos Gitaï en exergue de sa leçon inaugurale. Il y a de quoi être ému, tant l’événement est unique. Il s’agit de la toute première fois qu’un cinéaste est nommé à la chaire annuelle de création artistique du Collège de France, c’est-à-dire invité à donner une série de conférences et de colloques durant l’année. Cette leçon, intitulée « La caméra est une sorte de fétiche – Filmer au Moyen-Orient », a annoncé les grandes lignes de ses prochaines conférences, rassemblées autour du thème « Traverser les frontières », qui se tiendront tous les mardis à 11h jusqu’au mois de décembre.

Continuer à lire … « Leçon inaugurale d’Amos Gitaï au Collège de France »

Avant première – Les Frères Sisters

En présence de Jacques Audiard

IMG_9658
Jacques Audiard au UGC Gobelins le 12/09/18 © Chloé Caye

Le film adapté du roman de Patrick DeWitt raconte l’histoire de Charlie et Eli Sisters, des criminels engagés pour tuer un homme, dont la traque mettra à l’épreuve leur fratrie. Le film, très attendu, était présenté par son réalisateur et scénariste Jacques Audiard, lors d’une avant première à Paris.

Continuer à lire … « Avant première – Les Frères Sisters »

Avant-première – Tully

En présence de Jason Reitman

974269514
Jason Reitman au UGC Ciné Cité les Halles, le 12 juin 2018

« Je crois que Diablo a écrit le premier film sur la crise de la quarantaine d’une femme », affirme Jason Reitman. Diablo Cody est une scénariste qui a travaillé avec le réalisateur sur ses trois derniers films : Juno, Young Adult et Tully. Ils sont les « deux cotés d’une même pièce » comme Reitman le décrit. Il admet qu’il ne sait pas pourquoi ils semblent se completer si bien mais ajoute que quand il lit « quelque chose sur une de ses pages je sais à quoi elle pense et quand elle le voit à l’écran elle reconnait ce qu’elle a écrit ». Il existe aussi un thème central commun dans leurs collaborations : grandir. Dans Tully c’est dire au revoir à la personne que l’on était, pour devenir adulte. 

Continuer à lire … « Avant-première – Tully »

Masterclass – Oliver Stone

Réalisateur

Le Forum des images a entamé cette nouvelle année sous le signe de la politique et des mythes américains, en invitant le réalisateur de Platoon et Nixon, Oliver Stone, à l’occasion du programme « Le monde est Stone ». Touché par l’accueil qui lui a été réservé et par l’intérêt que le France porte pour ses films, Oliver Stone annonce d’entrée de jeu se sentir, aux Etats-Unis, « comme un exilé dans son propre pays ». Portrait, à partir de quelques extraits de sa masterclass, donnée samedi devant une salle comble.

Oliver Stone se passionne très vite pour la dramaturgie grecque et la mythologie. La figure d’Alexandre le Grand, qu’il a mise en scène en 2004, peut représenter cette passion qui ne le quitte pas. « Enfant, Alexandre entend des mythes et y croit », les histoires peuvent être les moteurs de l’action. « Sans les mythes, Alexandre n’aurait pas fait toutes ses conquêtes », dit Oliver Stone. Quelle est l‘origine de la mythologie de ses films, et des histoires qui ont façonné son imaginaire ?

Continuer à lire … « Masterclass – Oliver Stone »