Écrire la vie : Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens

Actuellement au cinéma

© Survivance

Écrire la vie, ce fut l’ambition littéraire d’Annie Ernaux, bien sûr, et c’est un peu celle aussi de Claire Simon au cinéma : filmer la vie, notamment la vitalité qui s’exprime des jeunes. Dans plusieurs lycées de France, de Cayenne à Sarcelles en passant par Villefranche sur Saône, des lycéennes et des lycéens dialoguent, discutent entre eux, ou avec leur professeur, autour de l’œuvre de l’écrivaine. Façon la plus adéquate, sans doute, de l’appréhender, le « je » chez Annie Ernaux ayant tendu constamment vers le « on » ; cela par un dispositif simple, auquel nous a habitué Simon, dont la simplicité nous ouvre à ce qu’on ne voit jamais : des jeunes qui parlent de littérature.

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Burgundy

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Curieux objet que ce Burgundy, fruit d’un patient travail d’immersion des réalisateurs étasuniens Michael Dweck et Gregory Kershaw dans le terroir bourguignon. Dressant le portrait d’une communauté gravitant autour de la passion du vin, le long-métrage se situe dans un état intermédiaire assez passionnant entre fascination et satire.

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Ghost Elephants

Actuellement au cinéma

© Blue Note Films

Werner Herzog a déjà pu flirter avec une manière National Geographic du documentaire. Dans Jag Mandir, film de commande pour la télévision, ou encore The White Diamond sur une expédition en ballon dirigeable. Voir son nom associé à la chaîne distribuée par Walt Disney sur l’affiche de Ghost Elephants ne surprend donc pas tant, mais laissait craindre un appauvrissement de son regard et de sa forme. Leur standardisation doublée d’une exotisation, lui qui s’en est toujours habilement préservé. N’en déplaise à ceux qui persistent à lui faire ce procès.

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Les Survivants du Che

Festival de Cannes 2026

© Paname Distribution

9 octobre 1967. Ernesto Che Guevara est exécuté par l’armée bolivienne à La Higuera. Traqué depuis plusieurs mois, le révolutionnaire cubain avait pour projet d’initier un mouvement révolutionnaire continental depuis la Bolivie. Une poignée de ses guérilleros lui survit. Privés de leader, ils poursuivent leur combat dans les montagnes boliviennes.

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Cœur secret

Festival de Cannes 2026

Meteore Films

Cela fait plus de deux ans qu’une scène d’Une famille de Christine Angot a marqué les écrans par sa puissance déstabilisante. Venue confronter la veuve de son père incestueux, la réalisatrice rentrait de force dans son appartement – la caméra, et donc nous, l’accompagnant. Face à cette femme capturée sans consentement dans le cadre, notre position de spectateur se retrouvait bien délicate. Quelle était notre place en regardant la violence de ces déchirements familiaux ? Question sans réponse que nous pose également Cœur secret de Tom Fontenille. Sur plusieurs années, le jeune réalisateur accompagne la transition de genre de son père. En cela, il révèle les fractures de sa famille et ses tentatives de faire lien.

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La Détention

Festival de Cannes 2026

©  TS Productions

La Détention se présente comme une continuité de La Liberté (premier long-métrage de Guillaume Massart), tant dans la forme du titre que dans son thème. Deux films qui, partant de situations concrètes (le premier nous montre le déroulé d’une formation de surveillant pénitencier, le second explorait une île-prison) se veulent des études sur des concepts  : la détention et la liberté. Ici donc, c’est dans l’École Nationale d’administration pénitentiaire que le cinéaste a posé sa caméra. Dans l’enceinte de ces murs, Guillaume Massart se concentre sur une classe composée d’une dizaine de visages aux réactions aussi variées que leur nombre face à la découverte progressive de leur métier.

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Du fioul dans les artères

Festival de Cannes 2026

© Pan Distribution

Du fioul dans les artères nous invite à voyager d’autoroute en autoroute, d’entrepôt en entrepôt, de cabine en cabine. La caméra de Pierre LeGall est toujours en mouvement : soit portée, lorsqu’elle suit les personnages à pied, soit sous forme de travellings quand elle observe les chargements ou qu’elle remonte la route à côté des camions. Cette mouvance constante, qui peut décontenancer au début – elle provoque comme un léger mal de cœur en transport – prend une tournure routinière pour le spectateur. La caméra devient son véhicule, à l’image des allers-retours quotidiens des personnages. Le format choisit – le scope – donne aussi cette impulsion du mouvement latéral ; nos yeux se promènent de gauche à droite, de droite à gauche. Mais pour aller où ?

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Dao

Actuellement au cinéma

© LES FILMS DU WORSO – SRAB FILMS – YENNENGA PRODUCTION – NAFI FILMS – TELECINE BISSAU PRODUÇAÕES – CANAL+ AFRIQUE

C’est par une succession de visages que s’ouvre Dao. Défilant sous nos yeux, l’un commence une phrase que l’autre conclut, chacun complétant ce que le précédent esquissait. Murs blancs, corps assis face caméra ; nul doute, c’est un casting. On y discute de ses origines, de son rapport à soi et aux autres, mais le projet est encore flou. Un visage finit par s’installer plus durablement que les autres, celui de Gloria (Katy Correa). L’homme derrière la caméra prend la parole. Il sera question de jeu, d’interprétation et, dit-il, d’aller vers la fiction. Dao : un film en construction donc.

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Aller – retour

Festival / Cinéma du réel

© Damien Cattinari, AVRIL FILMS

Aller au cinéma, c’est retourner en enfance, a pu dire, ici ou là, Serge Daney. Ou plus précisément, c’est constater ce qui persiste en nous, le reste qui s’est évaporé ; retrouver le sentiment de découverte et d’apprentissage. Un perpétuel aller-retour donc, un échange entre son passé et son présent. D’aller et de retour, il fut beaucoup question dans cette 48ème édition du Cinéma du réel.

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Derrière les drapeaux, le soleil

Actuellement au cinéma

VraiVrai Films

Entre toutes les locutions figées que la presse affectionne, trône bien placée la mention « film important ». Ou pire : « nécessaire ». Justifiant l’éloge critique d’un film aux qualités formelles souvent négligeables, autant que ses intentions politiques peuvent sembler salutaires. Décrédibilisant toute objection critique, attentive à ce que les images montrent ou manquent, à ce qu’elles font, plutôt qu’aux discours qu’elles charrient. Cette fois-ci, on peut le dire : Derrière les drapeaux, le soleil est un film important. Pour ce qu’il accomplit politiquement dans sa forme : la recomposition d’une mémoire décomposée. Un travail historiographique par les moyens stricts du cinéma.

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