Aprile

Actuellement au cinéma / Ressortie

© StudioCanal / Malavida

En ce mois d’avril 1994, l’Italie vit naître deux êtres. Pietro Moretti, bébé chevelu de 4 kilos 200 grammes, naît par césarienne dans un hôpital romain. Silvio Berlusconi, homme d’affaires, propriétaire de presse, propulsé sur le devant de la scène politique en tant que premier ministre. Qu’ont de commun ces deux événements ? Une date conjointe, une étape dans la biographie de Nanni Moretti. Une puissante pulsion (ou répulsion dans le cas de Berlusconi) créatrice. En 1994, dans son Journal intime, Moretti se confiait déjà sur ses problèmes d’inspiration. Quatre ans plus tard, que lui reste-t-il à dire sur lui, sur son art ? Sur l’état de la gauche italienne, l’URSS tombée, le PCI dissous, ses rêves avec ? Un vide. Mais de ce vide, Moretti en tire un film : Aprile.  

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Burgundy

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Curieux objet que ce Burgundy, fruit d’un patient travail d’immersion des réalisateurs étasuniens Michael Dweck et Gregory Kershaw dans le terroir bourguignon. Dressant le portrait d’une communauté gravitant autour de la passion du vin, le long-métrage se situe dans un état intermédiaire assez passionnant entre fascination et satire.

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Les Roches rouges

San Sebastián International Film Festival 2026

© Les Films du Losange

La délocalisation a parfois du bon : en troquant ses plages du nord pour celles du sud de la France, Bruno Dumont insuffle une vitalité nouvelle à son cinéma, tout en revenant à l’enfance de l’art. Tout commence d’ailleurs par le passage d’un train sur un viaduc, évocation d’une vue Lumière originelle, qui place les aventures des gamin·es en contrebas sous les hospices d’un ravissement esthétique primitif. C’est ce que donne à ressentir l’emploi quasi-systématique d’un très grande angle et d’une caméra portée, langage inhabituel chez Dumont : coller au plus près des visages étranges de ces têtes blondes, attraper leurs déplacements imprévisibles, les yeux grands ouverts pour tout embrasser.

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Club Kid

San Sebastián International Film Festival 2026

© San Sebastián International Film Festival 2026

Produit par Alex Coco, déjà derrière Red Rocket (Sean Baker, 2021), The Sweet East (Sean Price Williams, 2023) et Anora (Sean Baker, 2024), Club Kid confirme un récent regain de vitalité du cinéma indépendant américain. Il marque aussi le passage au long-métrage de Jordan Firstman (également acteur, il assure ici le rôle principal), qui se distingue d’une partie de ses contemporains par une forme de croyance dans le récit traditionnel et une mise en scène héritée du cinéma classique. Plus proche de Sean Baker, donc, que de Tyler Taormina, Sean Price Williams ou Carson Lund, disons.

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Tender Loving Care

San Sebastián International Film Festival 2026

© Joseph Lynn / Thin man films Ltd

En juillet dernier, le cinéaste britannique Mike Leigh déclarait au média Indiewire qu’en raison de sa myosite – une maladie auto-immune provoquant la destruction progressive des muscles –, Tender Loving Care serait très certainement son ultime film. Si, par malheur, tel devait être le cas, difficile d’imaginer plus belle lettre d’adieu.

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Othello

Festival La Rochelle Cinéma 2026

© Théâtre du Temple

Anthony John brille sur les scènes de Broadway. Dernièrement, il n’accepte plus que les rôles comiques, conscient de la façon dont jouer la tragédie pourrait affecter sa vie privée. Mais lorsque son agent lui propose d’interpréter Othello, Anthony ne peut refuser…

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Backrooms

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

On le sait, saison estivale et cinéma d’horreur ont toujours fait bon ménage. Mais cette année aura vu naître un curieux phénomène : sortis à quelques semaines d’écart, Obsession et Backrooms cumulent près de 700 millions au box-office mondial. Réalisés respectivement par Curry Barker (27 ans) et Kane Parsons (21 ans), les deux films renouvellent brillamment le genre horrifique. Pourquoi et, surtout, comment ?

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Obsession

Actuellement au cinéma

© Le Pacte / FOCUS FEATURES LLC

Dans Obsession, Curry Barker (27 ans) s’empare d’un sujet qui agite sa génération et celles d’après : les relations toxiques. Bear est fou amoureux de Nikki mais n’ose lui avouer. Lorsque, dans un magasin un peu ésotérique, il met la main sur un objet capable d’exaucer son vœu le plus cher, il souhaite que Nikki l’aime plus que tout au monde…

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Rencontre avec Bruno Santamaría Razo

© Kiryl Synkou

Lorsque le film débute, on a l’impression d’être face à une fiction. Ce n’est que plus tard qu’on découvre une deuxième partie documentaire. Pourquoi avoir voulu mêler ces deux genres ?

Le projet a débuté pendant la pandémie en 2020. J’étais enfermé chez moi, et j’avais soudainement très peur de mourir. Ça m’a renvoyé à ce diagnostique de séropositivité de mon père, quand j’étais enfant. Au départ, j’ai construit le film comme un documentaire : j’ai interviewé et filmé mes parents, ma famille. Mais cette démarche n’a apporté que plus de confusion : je n’avais pas réellement les réponses à mes questions, et je n’arrivais pas à faire exister mes souvenirs au sein des leurs. Il a donc fallu dépasser la réalité ; la fiction est apparu comme un moyen de combler les trous. Avec cet espace frictionnel, je pouvais mettre en scène mes souvenirs, les lier aux réponses de mes parents et ainsi tisser des ponts entre les deux.

Les scènes de fiction ne servent pas seulement d’illustration aux passages documentaire, on sent une réelle liberté dans leur mise en scène...

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L’Être aimé

Festival de Cannes 2026 – Actuellement au cinéma

© Le Pacte

Désert. Le prochain film du grand réalisateur Esteban Martinez s’intéresse à la colonisation du Sahara par les Espagnols dans les années 30, puis à leur retrait brutal de ce territoire, abandonné sans gouvernance. Pour interpréter le premier rôle féminin, qui de mieux qu’Emilia :  sa propre fille qu’il n’a pas vue depuis 13 ans. La carrière d’actrice de celle-ci en est à ses débuts fragiles, et la figure paternelle s’impose comme salvatrice. 

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