La Gradiva

Festival de Cannes 2026

© Tandem

Gradiva c’est le nom d’une nouvelle de Wilhelm Jensen, parue en 1903. Son titre désigne « celle qui marche ». L’auteur y raconte l’histoire d’une femme illustrée sur un bas relief présenté dans un musée et dont un archéologue allemand effectuera un moulage afin de le conserver dans son bureau. Faisant d’étranges rêves depuis l’acquisition de la figure féminine, l’archéologue se voit à Pompei au moment de l’éruption du Vésuve. Dans son songe, il aperçoit Gradiva mais ne parvient pas à l’alerter du danger.

L’ouvrage de Jensen s’inscrit dans la postérité notamment par le biais de Freud, qui en publia une étude : « Le délire et les rêves dans La Gradiva de W. Jensen ». Dans cet essai, Freud démontre l’importance des rêves dans la psychanalyse. 

On retrouve dans le film de Marine Atlan de nombreux éléments qui font écho à cette matière – tant littéraire que psychanalytique – originelle. 

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Rencontre avec : César Díaz

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César Díaz et sa Caméra d’or (entre Rithy Panh et Valeria Bruni Tedeschi) © CHRISTOPHE SIMON / AFP

L’année dernière, Nuestras Madres a reçu la très prisée Caméra d’or au festival de Cannes. Sortie en VOD cette semaine, c’est une œuvre de mémoire nécessaire sur les terribles conséquences de la guerre civile guatémaltèque (1960-1996). Après quelques problèmes de connexion et de décalage horaire – nous sommes en France, il est au Guatemala – nous avons réussi à joindre le réalisateur César Díaz, pour revenir avec lui sur son fort et beau premier film.

Nuestras Madres est le premier film guatémaltèque présenté au festival de Cannes. En quoi était-ce important pour vous qu’il soit vu par le plus grand nombre ?

Parce qu’il parle de l’histoire vive du Guatemala, une histoire que certains essaient d’oublier. Et pire encore, de nier. C’est aussi important par le moment cinématographique que l’on vit au Guatemala, car il faut soutenir cette industrie naissante. Le fait qu’un film aille au festival de Cannes est l’affirmation que l’on est sur le bon chemin.

Est-ce que la guerre civile est un sujet présent dans l’actualité de votre pays, ou bien encore un tabou ?

C’est un sujet important pour le monde de gauche et progressiste, mais pour le reste de la population, c’est un vieux sujet dont il ne faut pas trop parler. Le problème principal est qu’il n’a jamais existé une véritable volonté politique de soigner les blessures du passé, ni de procéder à une réconciliation nationale.

Comment avez-vous écrit votre scénario ?

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Nuestras Madres

En VOD le 11 juin 2020

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©Pyramide Distribution

La sortie de Tremblements en mai 2019 plaçait le Guatemala au cœur de l’actualité cinématographique. Quelques semaines plus tard, la Semaine de la critique du Festival de Cannes mettait à l’honneur un autre film venu de ce pays d’Amérique centrale, où seules des initiatives individuelles peuvent permettre l’émergence d’un cinéma national. César Díaz, documentariste et monteur de Tremblements et Ixcanul, les deux films de son compatriote Jayro Bustamante, situe l’histoire de Nuestras Madres au Guatemala en 2018, alors que la guerre civile menée par des militaires a meurtri la population. Le nombre de disparus est immense, et un jeune anthropologue, Ernesto, s’occupe de l’identification des corps. Bientôt, il se met en tête de retrouver son père, un ancien guérillero dont il a perdu la trace.

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