Resident Evil

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Le talent de Zach Cregger pouvait-il survivre au sein d’une franchise ? C’est la question qui se posait à l’annonce de son embauche à la réalisation du huitième film adapté de la célèbre saga vidéoludique Resident Evil. Si ce long-métrage témoigne à nouveau de ses qualités de metteur en scène, force est de constater que les limites du cinéaste, déjà présentes dans ses précédents efforts, apparaissent ici plus nettement encore.

S’épargnant les tracas de l’adaptation fidèle, Cregger reprend simplement les grands motifs du jeu – exploration, survie et affrontement avec des êtres mutants – au service d’une histoire originale. Bryan, coursier médical un peu loser, accepte une livraison de dernière minute qui le mène dans les montagnes surplombant Raccoon City, où rodent d’étranges créatures. Abandonnant son habituelle narration non linéaire aux points de vue multiples, la réalisateur américain fait ici le choix d’un personnage unique et d’un récit en ligne droite épousant les fondamentaux du jeu vidéo : progression semée d’embûches, gradation dans la difficulté et évolution de l’arsenal d’armes en conséquences. Dans la mise en place des enjeux, le cinéaste fait montre d’un art de la situation efficace, par moments franchement jouissif, et joue habilement du silence, du hors champ et de l’étirement de la durée pour faire monter la tension, avant son relâchement à coups de jump scares brutaux.

Mais cette modestie narrative, qui confine au schématisme, tend rapidement à montrer ses limites : sans personnages secondaires ni enjeux annexes, les péripéties rencontrées par le protagoniste s’essoufflent dans la répétition. À mesure que la tension s’étiole, l’humour, marque de fabrique du cinéma de Cregger, judicieusement mobilisé pour décharger un trop-plein d’angoisse, perd son contrepoint. Troquant l’effroi pour la pantalonnade grotesque, le film dégringole alors de la ligne de crête ténue qui faisait son charme et creuse irrémédiablement la distance entre le public et l’écran. Comme Barbare et Évanouis qui, eux-aussi – et malgré leurs immenses qualités –, sacrifiaient le mystère au profit de la bouffonnerie, Resident Evil confirme la malheureuse tendance à l’esbroufe d’un cinéaste dont le brio réside pourtant dans la suggestion et la retenue.

Resident Evil / De Zach Cregger / Avec Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cherry / U. S. A. / 1h37 / Sortie le 16 septembre 2026

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