L’Ombre de Staline

Actuellement au cinéma

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James Norton est le journaliste Gareth Jones ©Robert Palka

Au début des années 1930, le journaliste gallois Gareth Jones (James Norton) vient de publier un reportage sur Adolf Hitler, rencontré au cours d’un voyage en avion. Avec aplomb, il ambitionne d’interroger Joseph Staline, alors que la presse internationale loue la modernité du système nouvellement mis en place en Russie. Il se pose une question décisive : d’où vient tout l’argent qui transforme le pays, paré pour une guerre éventuelle ? Visa en poche pour se rendre à Moscou, il s’apprête à découvrir les terribles dessous du régime.

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La Bonne Epouse

Actuellement au cinéma

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Juliette Binoche et Noémie Lvovsky ©Memento Films Distribution

Les films de Martin Provost parviennent toujours à exhumer les histoires de personnalités oubliées, moins connues que nombre de leurs contemporains, pour leur offrir un écrin romanesque et saluer leur mémoire. On se souvient de Séraphine (2008), qui racontait l’histoire d’une peintre internée dans un asile, et de Violette (2013), biographie sur vingt ans de la romancière Violette Leduc. Cette fois, ce n’est pas une personne mais une institution dont le réalisateur nous rappelle l’existence : les institution ménagères, où les jeunes filles apprenaient à devenir des épouses modèles.

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Rencontre avec : César Díaz

César Díaz et sa Caméra d’or (entre Rithy Panh et Valeria Bruni Tedeschi) © CHRISTOPHE SIMON / AFP

L’année dernière, Nuestras Madres a reçu la très prisée Caméra d’or au festival de Cannes. Sortie en VOD cette semaine, c’est une œuvre de mémoire nécessaire sur les terribles conséquences de la guerre civile guatémaltèque (1960-1996). Après quelques problèmes de connexion et de décalage horaire – nous sommes en France, il est au Guatemala – nous avons réussi à joindre le réalisateur César Díaz, pour revenir avec lui sur son fort et beau premier film.

Nuestras Madres est le premier film guatémaltèque présenté au festival de Cannes. En quoi était-ce important pour vous qu’il soit vu par le plus grand nombre ?

Parce qu’il parle de l’histoire vive du Guatemala, une histoire que certains essaient d’oublier. Et pire encore, de nier. C’est aussi important par le moment cinématographique que l’on vit au Guatemala, car il faut soutenir cette industrie naissante. Le fait qu’un film aille au festival de Cannes est l’affirmation que l’on est sur le bon chemin.

Est-ce que la guerre civile est un sujet présent dans l’actualité de votre pays, ou bien encore un tabou ?

C’est un sujet important pour le monde de gauche et progressiste, mais pour le reste de la population, c’est un vieux sujet dont il ne faut pas trop parler. Le problème principal est qu’il n’a jamais existé une véritable volonté politique de soigner les blessures du passé, ni de procéder à une réconciliation nationale.

Comment avez-vous écrit votre scénario ?

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Da 5 Bloods

Sur Netflix le 12 juin 2020

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Clarke Peters, Delroy Lindo, Isiah Whitlock Jr., Jonathan Majors et Norm Lewis ©David Lee/Netflix

Placé sous l’égide des discours de paix et de fraternité de Mohamed Ali et de Martin Luther King, le nouveau film de Spike Lee tombe tristement à pic en ce moment. Les violences policières contre lesquelles le monde s’insurge suite à la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai dernier résonnent avec les images d’archives présentées au début du film. Elles sont ici mises en avant pour pointer l’injustice dont font preuve les Etats-Unis à l’égard de leurs soldats Afro-Américains au moment de la guerre du Viêt Nam : ils étaient les premiers au front, et les derniers considérés comme des citoyens. Si leur rôle dans le conflit a été aussi peu traité par le cinéma que par les livres d’histoire, le film s’embourbe dans une narration indigeste qui dessert la force du propos.

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Festival de Cannes 2020

73e édition

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Pas de Palme d’or décernée cette année, mais une sélection de films labellisés « Cannes 2020 » ©Antonin Thuillier/AFP

Si la tenue du festival de Cannes avait été espérée jusqu’au bout par Thierry Frémaux, Pierre Lescure et les cinéphiles les plus optimistes, il a fallu se rendre à l’évidence. Il s’agit d’une circonstance inédite dans l’histoire du festival. Il y a bien eu la première édition avortée de 1939, et celle interrompue de 1968, mais cette édition 2020 ne pouvait rien dans un contexte mondial tout autant exceptionnel. Le festival n’a cependant pas dit son dernier mot.

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Technoboss

En VOD le 27 mai 2020

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©Shellac Distribution

Luis Rovisco (Miguel Lobo Antunes) devrait bientôt partir en retraite. Directeur commercial grisonnant, il manque d’entrain au cours des voyages répétitifs qu’il exécute pour installer des caméras de surveillance. Le seul moyen de casser son quotidien et de mettre des mots sur ce qu’il ressent, c’est par la musique qu’il le trouve : au volant de sa voiture, il se met à chanter. Et transforme soudain un film d’auteur lambda en comédie musicale excentrique.

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The Eddy

Disponible sur Netflix

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André Holland et Joanna Kulig ©Lou Faulon

Le club de jazz The Eddy, situé à Paris, connaît des déboires. L’un des deux patrons (Tahar Rahim) s’est endetté auprès d’un homme de plus en plus menaçant, tandis que naissent des conflits intérieurs parmi les membres du groupe habitué des lieux. Quant à l’autre gérant, le new-yorkais Elliot (André Holland), ex-pianiste star dans le milieu, il reçoit sa fille (Amandla Stenberg) venue des Etats-Unis.

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La Leçon de piano

Rétrospective Palme d’or

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Holly Hunter et Anna Paquin ©DR

Au XIXe siècle, une jeune femme écossaise, Ada MacGrath (Holly Hunter), est envoyée par son père en Nouvelle-Zélande pour épouser un homme qu’elle n’a jamais rencontré (Sam Neill), responsable d’une colonie. Elle débarque sur une plage battue par des vents froids, accompagnée de sa fille de dix ans, Flora (Anna Paquin), qui est aussi son interprète : Ada est muette.

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Pinocchio

Sur Amazon Prime le 4 mai 2020

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Pinocchio (Federico Ielapi) et Geppetto (Roberto Benigni) ©Greta De Lazzaris

Cinq ans après Tale of Tales, d’après le Pentamerone (1634) de Giambattista Basile, Matteo Garrone s’attaque à un autre conte, plus emblématique encore, Pinocchio (1883) de Carlo Collodi. Une adaptation très fidèle des aventures du garçon en bois qui déroule son programme sans surprendre, mais dont l’univers séduit de bout en bout. Malheureusement, le film sort sur la plateforme Amazon Prime, privé d’une sortie au cinéma en France, pourtant prévue le 1er juillet à défaut du 18 mars.

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Rencontre avec : Gilles Jacob

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Gilles Jacob ©Pascal Le Segretain/Getty Images

Délégué général du Festival de Cannes de 1978 à 2000 puis président jusqu’en 2014, Gilles Jacob a façonné le plus grand festival de cinéma du monde. Une vie passée dans les salles obscures, faite de rencontres et d’une quête insatiable du meilleur du cinéma d’auteur. Si le Festival de Cannes, auquel nous nous rendons depuis trois ans, n’aura pas lieu ce mois-ci, plongeons dans les souvenirs de l’ancien patron des lieux, que nous remercions pour son amitié et le partage sans borne de son amour pour le cinéma.

A quel moment avez-vous su que vous étiez atteint de cinéphilie ?

Assez tard. Vers 10 ans, c’était plutôt de la boulimie d’images en mouvements, je ne savais pas ce qu’était un metteur en scène. Un acteur, oui : Fernandel me faisait hurler de rire, Pierre Fresnay m’en imposait, Raimu aussi avec sa belle voix grave, quant à Josette Day, j’en étais amoureux tout en ignorant tout de l’amour. La cinéphilie est venue bien plus tard, lorsque j’étais en seconde à Louis le Grand, rentré à Paris après la guerre ; ensuite quand Claude Chabrol m’entraînait dans les petites salles d’art et d’essai du quartier Latin. Bizarrement, c’est par la négative que j’ai compris l’art de la mise en scène. En regardant Vautrin de Pierre Billon (1943), je me suis dit que jamais un metteur en scène ne serait à la hauteur de Balzac. J’ai décidé d’arrêter d’aller au cinéma, ce qui m’a pris deux à trois ans jusqu’à ce qu’une jeune fille me prenne par la main, contente de se retrouver dans le noir tous les deux. Ensuite le cinéma ne m’a plus quitté, mais la littérature non plus. J’ai apprécié très vite le génie particulier d’auteurs comme Robert Bresson, Henri-Georges Clouzot, John Ford, Howard Hawks, Jean Renoir, John Huston, William Wyler. Et je me suis mis à écrire. Comme La Revue du cinéma venait de disparaître et que les Cahiers du Cinéma n’existaient pas encore, il y avait là un vide qui aurait pu être comblé. C’est alors que, à quelques uns qui préparions le concours pour l’Ecole Normale Supérieure en khâgne, nous avons créé la revue Raccords dont j’étais le rédacteur en chef et qui a tenu pendant onze numéros jusqu’à l’arrivée des Cahiers. Cela a duré de 1949 à 1951.

De quelles qualités doit faire preuve le bon critique de cinéma ?

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