#Cannes2018 : Woman at war

Sélectionné à la Semaine de la critique
Sortie le 4 juillet

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Halla, la cinquantaine, est une guerrière singulière. Professeur de chant dans la vie, elle mène en parallèle un combat qui fait d’elle une dissidente poursuivie dans toute l’Islande par des drones et des hélicoptères : armée d’un arc, l’activiste s’attaque aux lignes électriques qui alimentent les usines d’aluminium, responsables de la pollution des sols du pays.

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Come as you are, the miseducation of Cameron Post

Sortie le 18 juillet

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C’est un fait méconnu et stupéfiant : dans plus de 40 états américains, 70 000 adolescents sont envoyés tous les ans dans des établissements pour suivre des « thérapies de conversion ». Il s’agit de détourner les jeunes homosexuels de ce péché suprême qui consiste à aimer une personne du même sexe que le sien… En somme, tout le contraire de ce à quoi invite le titre du beau film de Desiree Akhavan, Come as you are (« viens comme tu es »). Au début des années 1990, après avoir été surprise en train d’embrasser la fille dont elle est secrètement amoureuse, Cameron Post (Chloë Grace Moretz) est envoyée dans un de ces camps, au beau milieu de la Pennsylvanie, afin de la voir « guérir ». Alors qu’elle arrive à un moment charnière de son existence, lorsque gagner en maturité passe par l’affirmation de son identité sexuelle, l’héroïne entre rapidement en conflit avec la thérapie qu’on cherche à lui imposer, décidée à vivre et à aimer librement.

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Manifesto

Actuellement au cinéma

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Cate Blanchett, exceptionnelle, endosse treize rôles dans ce surprenant film concept @Haut et court distribution

À l’origine, ce film n’est pas destiné au cinéma : il s’agit d’une installation exposée dans les musées d’art contemporain, qui diffusait sur treize écrans en même temps les scènes des différents personnages incarnés par Cate Blanchett. Si le montage conçu par l’artiste allemand Julian Rosefeldt pour les salles obscures fait perdre à l’oeuvre la force qu’elle puisait dans l’effet de simultané et la liberté laissée au spectateur, il fait néanmoins place à un étonnant et passionnant film concept.

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Désobéissance

Au cinéma le 13 juin

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«Whenever I’m alone with you
You make me feel like I am free again»… @Mars Films

Ronit (Rachel Weisz), photographe à New York, retrouve pour quelques jours et après des années d’absence la communauté juive orthodoxe londonienne dans laquelle elle a grandi : son père, rabbin, vient de mourir. Sa vie new-yorkaise l’a considérablement éloignée des moeurs de la communauté, et sa présence que personne ne semblait attendre crée le trouble. Elle revoit pour cette occasion le fils spirituel de son père (Alessandro Nivola), désormais marié à Esti (Rachel McAdams), avec qui elle a vécu une histoire passionnée avant son départ définitif…

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Le Limier

Le chef-d’oeuvre de Mankiewicz est diffusé ce lundi 28 mai sur Arte

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Après le tournage de Cléopâtre, Mankiewicz avait déclaré qu’il ne réaliserait plus qu’un film avec deux acteurs dans une cabine téléphonique. C’est presque chose faite avec Le Limier, huis-clos avec lequel il termine volontairement sa carrière (il meurt vingt ans plus tard). Dans cet ultime film, le réalisateur d’Ève et Jules César resserre son terrain de jeu cinématographique à l’extrême, à la limite de la théâtralité. Le Limier est une tragédie en trois actes. Trois coups de théâtre, un lieu, deux personnages. L’un est un écrivain reconnu et bourgeois, l’autre est un coiffeur issu d’une famille d’immigrés italiens. Andrew Wike (Laurence Olivier) et Milo Tindle (Michael Caine) se rencontrent pour la première fois mais se connaissent pour une simple (mais déconcertante) raison : Milo vient demander à Andrew la permission d’épouser sa femme Marguerite dont il est l’amant. Pourquoi devaient-ils se rencontrer ? Andrew a invité Milo dans sa somptueuse demeure pour lui proposer un marché : simuler un vol de bijoux. Milo les revendra et pourra alors répondre aux goûts luxueux de sa nouvelle compagne, et Andrew empochera l’argent de l’assurance.

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#Cannes2018 : Leto

Sélectionné en compétition au Festival de Cannes, le film sortira le 5 décembre 2018

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@Kinovista/Bac Films

Sur une plage, des jeunes dansent autour d’un feu. Ils chantent, échangent, improvisent des refrains sur leurs guitares. Une euphorie de musique et de liberté à laquelle se joint un garçon de 19 ans : Viktor Tsoï, aux faux airs de Jimmy Page et Jim Morrison, qui s’apprête à devenir une légende du rock soviétique au moment de la pérestroïka. On est à Leningrad, en 1981, et les élans créatifs de la jeunesse sont freinés par l’austérité régnante, l’anti-américanisme et la censure. Face à cela, Viktor, véritable icône nationale (il est encore très aimé aujourd’hui en Russie), romantique et amoureux de musique, incarne avec Mike, rocker qui le prend sous son aile, à la fois son influence et son rival, et Natasha, leur muse, tous incarnés avec grâce et charisme, une génération pressée d’exister et décidée à ne jamais cesser de s’exprimer.

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Manhattan Stories

Au cinéma le 9 mai

En enchâssant cinq histoires plus ou moins indépendantes au coeur de New York, le réalisateur Dustin Guy Defa prend d’emblée le risque de se placer dans l’ombre des cinéastes qui ont excellé avant lui dans le genre du film choral urbain américain – on pense à Robert Altman, Peter Bogdanovich ou Woody Allen. Son film manque quelque peu de légèreté, de folie, mais il parvient tout de même à affirmer sa personnalité par la sincérité et les intentions poétiques bienvenues avec lesquelles il filme les quartiers populaires de la Grosse Pomme et ses personnages qui se cherchent – professionnellement, amicalement ou amoureusement.

L’une des histoires, la plus attachante, portée par Bene Coppersmith, tourne autour d’une arnaque de vinyle de Charlie Parker, et la bande-originale, pour laquelle le cinéaste a d’ailleurs composé un morceau, est très réussie : la musicalité relève parcimonieusement les faiblesses de rythme, même si cela ne suffit pas toujours à atteindre l’harmonie de tons escomptée. Peut-être que l’ambition du scénario de ce deuxième long-métrage, qui vient prolonger un film de 18 minutes que le cinéaste a réalisé en 2014 (portant le même titre original, Person to Person),  ne sied pas à la durée du film (1h24). À l’avenir, Dustin Guy Defa, habitué à des formats plus réduits, saura trouver la forme qui conviendra le mieux à l’expression de ses idées.

 

Manhattan Stories / De Dustin Guy Defa / Avec Michael Cera, Abbi Jacobson, Philip Baker Hall, Bene Coppersmith / 2018