Ondine

Au cinéma le 23 septembre 2020

Paula Beer, brillante dans le rôle-titre. ©Schramm Film/ Christian Schulz

La rupture amoureuse ne peut être qu’à l’origine de sentiments intenses. Celle qui affecte Ondine (Paula Beer), au début du film, est ravageuse. Ce n’est pas une simple fin pour elle, c’est une trahison, et un abandon. Johannes (Jacob Matschenz) lui annonce qu’il la quitte. Mais l’histoire ne fait que commencer, et Ondine porte bien son prénom : selon la mythologie germanique, une ondine est une nymphe qui ne peut vivre parmi les hommes qu’à travers l’amour, et se retrouve contrainte de tuer son amant si jamais celui-ci la trahit.

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Adolescentes

Au cinéma le 9 septembre 2020

Emma et Anaïs, deux adolescentes suivies pendant cinq ans par la caméra de Sébastien Lifshitz ©Ad Vitam

Un effet documentaire émane généralement des fictions les plus réalistes, dont les scènes captent le quotidien dans toute sa nudité. Adolescentes propose, pour une fois, l’opération inverse : documentaire de bout en bout, le film donne l’impression d’assister à de vrais moments de fiction tant ses dialogues, sa trajectoire et les rebondissements nourrissent un matériau considérablement romanesque.

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Dans un jardin qu’on dirait éternel

Au cinéma le 26 août 2020

Kirin Kiki dans son dernier rôle ©Art House

Deux aspects du Japon coexistent et cohabitent en ce moment dans les salles de cinéma. Avec Family Romance, LLC, Werner Herzog montre le règne de l’illusion et du faux-semblant dans un pays ultramoderne. Tatsushi Omori propose une vision opposée dans Un jardin qu’on dirait éternel : il place au centre de son récit la vérité de l’instant par la pratique d’une coutume ancestrale, la cérémonie du thé.

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Never Rarely Sometimes Always

Au cinéma le 19 août 2020

Sidney Flanigan et Talia Ryder ©2020 Focus Features, LLC. All Rights Reserved

En Pennsylvanie, l’avortement des mineures ne peut pas avoir lieu sans l’aval des parents. Lorsqu’Autumn, 17 ans, découvre qu’elle est enceinte, elle n’a d’autre choix que de quitter sa région natale pour rejoindre New York où l’opération semble moins contraignante.

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Family Romance, LLC

Au cinéma le 19 août 2020

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Ishii Yuichi et Mahiro Tanimoto © Nour Films

Lorsqu’on associe Werner Herzog et le Japon, ce sont des images de Tokyo-Ga (Wim Wenders, 1985) qui viennent en tête. En haut d’un gratte-ciel, le cinéaste allemand palabrait sur la nécessité de rechercher de nouvelles images, pures et absolues, capables de raconter le temps présent. Il faudrait, avançait-il, se tourner vers d’autres planètes pour parvenir à filmer des territoires vierges et obtenir une image à la vérité transparente. Cet idéal semble bien loin du projet de Family Romance, LLC, tant le film s’attache à montrer la facticité des relations sociales et la modernité de la vie urbaine japonaise.

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White Riot

Au cinéma le 5 août 2020

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Le punk contre le racisme ©The Jokers / Les Bookmakers

« Sous l’Union Jack, il y avait une croix gammée. » C’est avec cette formule lapidaire que Red Saunders, co-fondateur du mouvement Rock Against Racism, résume la situation politique de l’Angleterre en 1976. Le documentaire White Riot, dont le titre est emprunté à une chanson des Clash, raconte l’aventure d’un groupe de militants décidé à réagir contre le succès grandissant de l’extrême droite. Leurs armes sont simples et efficaces : les mots et la musique, pour s’unir contre un ennemi commun nommé l’intolérance.

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Hotel by the river

Au cinéma le 29 juillet 2020

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Ki Joo-bong, Kim Min-Hee et Song Seon-mi ©2018 Jeonwonsa Film Co.

Un poète passe un séjour de longue durée dans un hôtel. On pourrait croire qu’il est ici pour trouver l’inspiration, d’autant plus que l’étendue enneigée qui encercle le bâtiment est propice au calme et au travail, ressemblant à une page blanche. En réalité, cet homme attend ses deux fils car il sent la fin de sa vie approcher.

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Rencontre avec : Rodrigo Sorogoyen

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Rodrigo Sorogoyen à Paris, le 15 juillet 2020 ©Victorien Daoût

Rodrigo Sorogoyen fait partie des nouveaux grands cinéastes espagnols. Après le polar Que Dios nos perdone (2016) et le thriller politique El Reino (2018), il revient demain au cinéma avec Madre, un drame dans lequel une femme dont l’enfant a disparu se lie à un adolescent, qui pourrait avoir l’âge son fils. Rencontre.

Madre est le prolongement d’un court-métrage que vous avez réalisé en 2017. Comment s’est passé le travail d’adaptation ?

Pour moi, ce n’est pas vraiment une adaptation. Le court-métrage a donné la première scène du film, et j’ai imaginé de manière tout à fait libre ce qui pouvait se passer dix ans plus tard. C’est un scénario original, et le court-métrage n’est que le point de départ. Mais c’est drôle car cette année, aux Goyas [l’équivalent des César en Espagne, ndlr], on s’est retrouvé dans la catégorie du meilleur scénario adapté. Nous avons soutenu qu’il s’agissait d’une œuvre originale, mais le règlement des Goyas stipule que si on se base sur un matériau préexistant, on fait partie de la catégorie des adaptations.

La comédienne Marta Nieto jouait déjà dans le court-métrage. A-t-elle participé au développement de Madre ? 

Elle n’a pas participé à l’écriture du scénario. Avant de lui proposer le rôle, j’avais vu en elle quelque chose de très intéressant. Elle pouvait apporter sa force, sa sensibilité et son expérience. Quand on a fait le court-métrage, elle ressemblait au personnage, étant célibataire et mère d’un enfant de six ans. Elle n’avait donc qu’à imaginer comment elle se serait comportée, sans avoir à composer un personnage. Le court-métrage est très intense, mais il a été, pour elle, plus facile que le film, qui demandait une vraie composition. Jamais elle n’a eu à vivre ce que ressent son personnage. 

Vos trois derniers films sont de genre très différents : polar, thriller politique, drame personnel. Est-ce que vous pensez vos films en terme de genre ? Qu’est-ce que cela implique dans votre travail ?

Je crois que cela implique que je veux chercher tout le temps, je veux changer tout le temps. Sinon, je me lasse. En fait, je m’ennuie devant les films des réalisateurs qui ne se renouvellent pas. C’est comme un journaliste qui me poserait toujours la même question, on finirait par ne plus parler de rien. Je ne veux pas que le spectateur attende de moi le même film à chaque fois. En Espagne, El Reino a été un grand succès, et plein de personnes sont passées à côté de Madre. Mais ce que je veux surtout éviter, c’est la répétition.

Dès le début du projet, avez-vous tout de suite su que vous alliez faire un drame, ou avez-vous pensé à faire un thriller ?

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Madre

Au cinéma le 22 juillet 2020

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Jules Porier et Marta Nieto ©Manolo Pavón

Ecrivons-le d’emblée, la séquence d’ouverture de Madre est l’une des plus impressionnantes vues depuis un long moment sur grand écran. Une femme, un appartement, un coup de téléphone, le tout filmé en un seul plan-séquence : Elena (Marta Nieto), madrilène, se rend compte que son fils de six ans se trouve tout seul sur une plage à des milliers de kilomètres, où il passe des vacances dans les Landes avec son père. Il a peur, le téléphone menace de se décharger et un inconnu s’approche. Nous assistons, aussi impuissants qu’Elena, à la disparition hors-champ du garçon. Le suspense est haletant, l’émotion est rare. Un grand moment de cinéma.

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La Nuit venue

Au cinéma le 15 juillet 2020

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Guang Huo et Camélia Jordana ©Jour2fête

Signe d’un changement contemporain, les films de taxis sont devenus des films de VTC. Les réalisateurs s’attacheraient, désormais, non plus à faire le portrait d’une ville à travers une multiplicité de rencontres, mais à constater la situation précaire des chauffeurs privés. C’est le cas de Frédéric Farrucci dont le premier film, La Nuit venue, raconte le destin d’un conducteur chinois sans papiers.

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