Anthony John brille sur les scènes de Broadway. Dernièrement, il n’accepte plus que les rôles comiques, conscient de la façon dont jouer la tragédie pourrait affecter sa vie privée. Mais lorsque son agent lui propose d’interpréter Othello, Anthony ne peut refuser…
Comme à son habitude, Ivo Van Hove a privé le plateau de tout ce qui le rendait plein. Il redessine une scène sur la scène et en laisse voir les contours, béants. Chez Van Hove, la théatralité a quelque chose de verticale : exit les décors modulaires qui se déplacent d’un côté à l’autre de la scène, mais place aux éléments qui lui coulent dessus (l’eau dans Vu du pont, 2015) ou qui sortent de son sol (la boue dans Electre / Oreste, 2019). Dans Hamlet, même les rideaux qui bordent le plateau ne se séparent pas horizontalement, ils tombent ou sont arrachés du plafond.
Hamnet appartient à une catégorie de films qui, prenant pour objet une célébrité, choisissent de privilégier l’homme derrière la figure publique et/ou, la femme derrière l’homme. Dans cette optique, Chloé Zhao adapte Maggie O’Farrell qui fantasme la vie privée de William Shakespeare et de sa femme. Pas de Shakespeare à l’horizon donc, seulement William. Alors pourquoi déconstruire le mythe et s’évertuer à rendre l’homme, et la femme, intéressants ?
Silvia Costa place son Macbeth sous le signe du surnaturel, de l’horreur. Imagerie des giallos italiens et costumes à la Guillermo del Toro, l’apparence de sa mise en scène ne manque pas de panache. Néanmoins, à empiler les effets visuels et sonores les uns sur les autres, la metteur en scène finit par écraser complètement toute la portée de l’œuvre originelle.
Pièce fleuve qui, en cinq actes, couvre une décennie, Antoine et Cléopâtre peut s’avérer sacre ou déchéance pour quel metteur en scène ose s’y frotter. Célie Pauthe n’a pas à le regretter.