L’Odyssée

Actuellement au cinéma

© Universal Studios

Les admirateurs de Christopher Nolan étonnés de cet écart supposé du cinéaste dans l’univers épique et merveilleux de l’épopée ne l’avaient pas bien miré. Interstellar (2014) était déjà une odyssée, le récit d’un retour, un nostos. Cooper partait pour revenir et retrouver une fille vieillie, faisant l’expérience, entre autres choses, du temps irréversible. Nolan est aussi un auteur épique, c’est ce qu’il fait le mieux. Quand il adaptait Batman, quand il filmait une explosion atomique dans Oppenheimer (2023), ou, dans Interstellar, un voyage spatial pour sauver l’humanité. Nolan est enfin un cinéaste de l’introspection, du temps et de la mémoire. Ce qu’il filme le moins bien : Tenet (2020) tendait à explorer un temps pur sous un ordre narratif, un régime d’image-action toujours linéaire. Belle contradiction esthétique. Peinant souvent à faire sentir dans ses plans l’épaisseur du temps comme sa fugacité, c’est par ailleurs via des objets symboliques que se cristallisent des nappes de passé dans son cinéma. La toupie d’Inception (2010), la montre d’Interstellar, et ici dans L’Odyssée, une broche à l’effigie d’Athéna ou le bâton d’un tirage au sort. Chez Nolan, la velléité introspective et métaphysique butent contre l’épique et le scénario. On pouvait s’y attendre, L’Odyssée ne fait pas exception.

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Hamlet

Théâtre de l’Odéon

© Jan Versweyveld

Comme à son habitude, Ivo Van Hove a privé le plateau de tout ce qui le rendait plein. Il redessine une scène sur la scène et en laisse voir les contours, béants. Chez Van Hove, la théatralité a quelque chose de verticale : exit les décors modulaires qui se déplacent d’un côté à l’autre de la scène, mais place aux éléments qui lui coulent dessus (l’eau dans Vu du pont, 2015) ou qui sortent de son sol (la boue dans Electre / Oreste, 2019). Dans Hamlet, même les rideaux qui bordent le plateau ne se séparent pas horizontalement, ils tombent ou sont arrachés du plafond. 

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Portrait

La Scala

© Emka / La Scala

Portrait de danseurs, portrait de danses, portrait de musiques. Dans la mise en scène de Mehdi Kerkouche, les pluriels mouvants s’assemblent pour créer l’image fixe et exceptionnelle : le portrait de famille. 

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Cabaret de l’Exil : Irish Travellers

Zingaro / Fort d’Aubervilliers

© Hugo Marty

À Zingaro, le bois et la terre résistent encore et toujours face au goudron et au béton d’Aubervilliers. Dans le foyer, les spectateurs se réunissent pour assister à ce deuxième volet du Cabaret de l’Exil ; au programme whisky et Baileys. 

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Parsifal

Opéra Bastille

© Vincent Pontet

Pour un public d’habitués – ou, devrions-nous l’espérer, de passionnés – la nouveauté peut effrayer. Peu étonnant donc que la direction musicale de Parsifal par Simone Young peine à convaincre dans son entièreté. Pourtant, elle est loin d’être sans mérites : ses accélérations subites donnent ponctuellement une forme d’exaltation à la partition mystique de Wagner. Oscillant entre prudence réfléchie et impétuosité enfantine, le jeune Parsifal attend de devenir héros. L’orchestre est attentif, prompt à rendre aux emportements de fouge musicale toute l’intensité qu’ils réclament. 

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