1983

Théâtre Gérard Philippe

© Théâtre Gérard Philippe / Compagnie Nova

Après Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre et Et le cœur fume encore, Alice Carré et Margaux Eskenazi nous livrent le dernier volet du triptyque « Écrire en pays dominé ». Les trois spectacles interrogent les identités liées à l’histoire française : identités abusées, laissées de côté et négligées depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui. 1983 clôt ce questionnement en s’adressant tout particulièrement aux héritiers de l’immigration.

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Ce qu’il faut dire

MC93

© MC93

Sur scène, quatre comédiens se succèdent pour s’adresser directement au public sur ce que l’histoire officielle, l’histoire modelée par l’idée de nation française, a tu. Le discours proclamé est absent des livres d’histoire, dissimulé par l’idéal utopique d’un peuple uni. L’objectif de la pièce est alors clair : réhabiliter les mémoires et montrer le revers de la victoire. Les colonisés, les tirailleurs, les ségrégués sont les grands oubliés de la France triomphante. Au fil des voix qui se délient, une question est alors posée : Comment trouver la fraternité quand les oppresseurs des uns sont les héros des autres ?

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Les Frères Karamazov

Théâtre de l’Odéon

© Simon Gosselin

Sylvain Creuzevault poursuit son cycle dostoïevskien en transposant sur scène le roman Les Frères Karamazov. Le metteur en scène en propose une réécriture délibérément outrancière et une relecture profondément moderne; et – contre toutes attentes, admettons-le – cela fonctionne diablement bien.

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Parsifal

Opéra Bastille

© Vincent Pontet

Pour un public d’habitués – ou, devrions-nous l’espérer, de passionnés – la nouveauté peut effrayer. Peu étonnant donc que la direction musicale de Parsifal par Simone Young peine à convaincre dans son entièreté. Pourtant, elle est loin d’être sans mérites : ses accélérations subites donnent ponctuellement une forme d’exaltation à la partition mystique de Wagner. Oscillant entre prudence réfléchie et impétuosité enfantine, le jeune Parsifal attend de devenir héros. L’orchestre est attentif, prompt à rendre aux emportements de fouge musicale toute l’intensité qu’ils réclament. 

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Kliniken

Théâtre de l’Odéon

© Simon Gosselin

Avec Kliniken, Lars Norén nous emmène dans une unité d’hôpital psychiatrique le temps d’une nuit, ou d’un jour, difficile de le déterminer. Si le lieu est figé, délimité, le temps, lui, est immatériel. Il défile désinvolte et inattentif. Cette temporalité est aussi éprouvante pour le spectateur que les personnages : les rencontres et dialogues se succèdent de façon tout à fait anarchique. Mais au sein de ce chaos, chaque once d’interaction s’emboite avec les autres pour finalement créer un tableau uniforme, harmonieux et terrifiant.

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Le Tartuffe ou l’Hypocrite

Comédie-Française

© Jan Versweyveld

Nouveauté dans la maison de Molière : il s’y joue une version du Tartuffe jamais présentée auparavant. Le metteur en scène Ivo Van Hove retrouve la Troupe (après Les Damnées et Électre / Oreste) pour leur faire interpréter cette version royalement censurée dès sa première représentation, en 1664.

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