Masterclass – Jeff Goldblum

Acteur

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Jeff Goldblum est l’un des invités du Champs-Elysées Film Festival 2019

Pour l’ouverture de sa 8e édition, le Champs-Elysées Film Festival a ravi le public en invitant l’acteur américain Jeff Goldblum. En marge de la projection en avant-première de l’ovni The Mountain de Rick Alverson, film de formaliste qui sortira mercredi prochain, le comédien a offert une masterclass à laquelle cinéphiles et fans ont répondu présent.

Il n’a fallu que quelques minutes pour que Jeff Goldblum provoque de nombreux rires dans la salle : l’acteur a un goût prononcé pour la divagation. Il chante pendant les temps morts qui précèdent les diffusions d’extraits, répond aux altercations du public… il a tôt fait de renommer sa leçon de cinéma « free talk ». Mais, aussi informel soit-il avec lui, cet exercice l’emmène chronologiquement aux origines de sa vocation. Il raconte avoir senti son envie de devenir acteur alors qu’il avait une dizaine d’années, mais il a gardé ce désir en lui, comme un secret. C’est à 21 ans, en 1973, qu’il débute au cinéma dans Un justicier dans la ville (Death Wish) de Michael Winner, dans un rôle de voyou. Son jeu d’acteur va évoluer à mesure que les leçons reçues de l’éminent professeur d’art dramatique Sanford Meisner prennent sens en lui-même. « Meisner nous citait cette idée de Stanislavski selon laquelle il faut se focaliser sur l’art qui est en soi et non pas se projeter dans l’art. Il m’a dit qu’il fallait 20 ans pour devenir un acteur accompli. Avec le recul, je me rends compte que je travaillais trop à mes débuts parce que je n’avais pas confiance en moi. J’arrivais en avance aux répétitions, je lisais énormément de pièces, je m’entraînais à pleurer et à me mettre en colère même quand la scène ne le nécessitait pas. Aujourd’hui, j’emploie la méthode qui est sans doute celle qui me convient le mieux, à savoir minimiser la préparation en amont. J’ai arrêté de boire du café il y a quatre ou cinq ans car ça me donnait une mauvaise énergie pour jouer. Maintenant, je viens dans l’état dans lequel je suis. » Meisner rappelait à ses élèves de ne jamais imiter afin de trouver leur propre voix, ce que Jeff Goldblum comprit notamment en travaillant avec Philip Kaufman sur le tournage de L’invasion des profanateurs (1978), qui l’a fait réfléchir « sur le besoin de ne pas être trop expressif et de surtout apprendre à faire confiance à ses propres émotions.»

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Rencontre avec : Jean-Pierre Kalfon

Acteur, chanteur

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  Un bistrot parisien, situé au cœur d’une rue populaire du 18e arrondissement. Jean-Pierre Kalfon arrive tout sourire, même s’il fait un peu froid ce matin. Veste en cuir et pantalon noir, fidèle à son image, l’acteur-rocker salue tout le monde en habitué des lieux. Il s’installe au fond du bar et entame la conversation. Il s’étonnerait presque d’en être arrivé jusque là. « Comment se fait-il que moi, qui ai fugué en Belgique et qui me suis retrouvé en taule à 15 ans, parti comme j’étais parti, j’ai réussi à faire toutes ces rencontres ? J’ai forcément une bonne étoile. Et aussi une nature de fonceur, mais je fonçais où ? Dans le mur ! Je ne savais pas où j’allais. » Sa vie méritait bien d’être racontée sur plus de 300 pages, dans une autobiographie parue récemment aux Editions de l’Archipel, Tout va bien M’man. Les mémoires de Jean-Pierre Kalfon, c’est le récit de quatre vingts années folles, qui nous donne l’impression que l’acteur a vécu plusieurs vies. « J’ai besoin de faire beaucoup de choses, c’est dans ma nature. Des films, des pièces de théâtre, de la télévision, de la musique, des femmes, des voyages… Même s’il y a toujours des coins qu’on ne visite pas, j’ai essayé de remplir le cahier des charges. Chaque jour étant une page blanche à laquelle il faut donner un contenu. »

  Si le titre de son livre Tout va bien M’man exprime un besoin de se rassurer, « pour clarifier les choses » en lui-même et revenir sur les dégâts causés par son départ précipité du foyer familial, il entend avant tout se placer sous le signe de la légèreté. Jean-Pierre Kalfon y raconte la frénésie de sa vie avec humour, dans une écriture qui semble moins motivée par un souci d’exhaustivité que par un désir de distiller des bons mots, et de multiplier les adresses au lecteur complice de ses aventures. Car des aventures, il y en a, racontées avec une délectation partagée. Elles portent autant sur ce qui se passe sur les plateaux que sur ce qui se déroule à côté : lorsqu’il se remémore le tournage de Week-end (1969) de Jean-Luc Godard, c’est pour mieux dériver sur sa rencontre avec les Rolling Stones dans leur studio qui a pris feu. Le tournage rocambolesque de La Vallée (1972) de Barbet Schroeder, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, est un autre épisode qu’il relate avec jubilation.

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