9 Temples to Heaven

Festival de Cannes 2026

© Nour films

Dans l’obscurité, celle-là même qui clôturera le film et s’oppose au noir total, un temple s’allume. D’autres suivront, environ neuf – le film suit d’abord mathématiquement le projet du titre avant de s’en détacher progressivement. Le jour se fait et la lumière, d’un gris brumeux propre à la Thaïlande, envahit le cadre, laissant deviner les personnages. C’est une famille qui, sous l’impulsion du père (et, nous le comprendrons plus tard, des superstitions de son patron), voyage de temple de temple pour faire des offrandes dans l’espoir d’éviter la mort prochaine de l’aînée : une vieille dame malade. Trois générations s’activent dans le périple qui, comme l’Ulysse de Joyce, est une odyssée d’un jour.

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Le mystérieux regard du flamant rose

Actuellement au cinéma

© Arizona Distribution

Une légende agite les habitants d’un petit village minier du nord du Chili. C’est au début des années 1980, alors que Pinochet dirige le pays d’une main de plomb à des milliers de kilomètres au sud de notre village. Là-bas, cohabitent mineurs bourrus et une troupe de cabaret queer. La plus jeune, Lidia, 11 ans, vit avec sa mère Flamenco, l’une des nombreuses artistes de la troupe. Lidia fait les frais de la légende. On raconte qu’un seul regard de l’une des membres du cabaret peut transmettre une maladie mortelle. Au milieu du désert chilien, la troupe devient alors la cible des peurs et des fantasmes.

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Nuremberg

Actuellement au cinéma

© Scott Garfield

Dans Nuremberg, James Vanderbilt retrace les événements qui mènent au procès historique. Ce qui intéresse principalement le cinéaste ce sont les échanges (fictifs) entre les prisonniers nazis et un psychiatre envoyé par l’armée américaine pour étudier leur comportement et éviter toute tentative de suicide. Un programme alléchant que Nuremberg réduit rapidement et efficacement à néant. 

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Downton Abbey : Le grand final

Actuellement au cinéma

© 2025 Focus Features LLC.

Finir. Voilà la pierre d’achoppement sur laquelle trébuche un grand nombre de séries. Par définition, la série est conçue pour s’inscrire dans la durée, et sa longévité est souvent subordonnée à son succès : plus l’audience est grande, plus la durée de vie de la série augmente. En 2015, dans sa sixième et dernière saison, Downton Abbey mettait un premier point final aux histoires de la famille Crawley et de ses domestiques. Mais depuis, la série britannique, qui a progressivement gagné ses lettres de noblesse outre-Atlantique, n’en finit pas de finir. Victime de son succès, elle a commencé à ressusciter au cinéma, dans un premier film pâlot (Downton Abbey, 2019) puis dans un deuxième opus plus convaincant (Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère, 2022), où la merveilleuse Maggie Smith nous faisait ses adieux. Il y avait de quoi être sceptique à l’annonce d’un énième volet au titre quelque peu présomptueux, Downton Abbey : Le grand final. Fan service ou réel au revoir ? Il semble que Julian Fellowes, le créateur et producteur de la série, soit devenu raisonnable, en laissant enfin tranquille sa poule aux œufs d’or. La série Downton Abbey tire donc joliment sa révérence, sans avoir été trop élimée.

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Un parfait inconnu

Actuellement au cinéma

© Disney

Un parfait inconnu est certainement à la hauteur de son titre. À l’instar de Todd Haynes, qui signait I’m Not There il y a dix-sept ans, James Mangold n’ambitionne pas de percer le mystère qu’est Bob Dylan. Le cinéaste, déjà aguerri dans l’art du biopic, choisit avec Un parfait inconnu d’explorer la transformation de Robert Zimmerman en Bob Dylan en s’inscrivant dans les rouages classiques du genre qui visent à venir cueillir le succès d’une légende naissante.

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Je suis toujours là

Actuellement au cinéma

© StudioCanal

« Sodade, sodade… » Dans Je suis toujours là, le nouveau film du brésilien Walter Salles, la voix de la chanteuse Cesaria Evora déplore le tiraillement causé par l’absence et la séparation. La chanson résonne avec la douleur qu’éprouve Eunice Paiva (Fernanda Torres, bouleversante) suite à l’arrestation et à la disparition inexpliquée de son mari, Rubens Paiva. Le sentiment intraduisible de la « sodade », tout à la fois mélancolie, nostalgie et espoir de retrouver ce qui a été perdu, innerve le film jusqu’à son titre qui exprime une résistance face à la disparition.

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Bird

Actuellement au cinéma

© Ad Vitam

Pour sa quatrième fois en compétition au Festival de Cannes, Andrea Arnold revient avec un film qui, de prime abord, semble dûment poursuivre l’esthétique et les thématiques qui la caractérisent. Comme à son habitude, la réalisatrice déploie un cinéma instinctif en filmant au plus près de son sujet, ici Bailey, avec une caméra à l’épaule visant, en sus de capter les tumultes de l’adolescence et la gravité du monde, à incarcérer son personnage dans un squat maculé de graffitis au nord du Kent où elle vit avec son père et son grand frère. Cette enfant de 12 ans, au seuil de l’adolescence, et déjà chargée de responsabilités injustifiées à cause de parents trop jeunes pour savoir s’en occuper, nourrit une fascination pour les volatiles. Loin d’être de mauvais augures, les oiseaux jouent un rôle salutaire pour le personnage. Comme eux, elle voudrait s’envoler pour échapper à sa condition précaire mais elle est vite rattrapée par la réalité, séquence d’introduction à l’appui. Bailey, qui capture sur son téléphone des oiseaux dans un geste contemplatif, est brusquement interrompue par Bug (“insecte” qui poursuit la riche onomastique animalière du film), qui débarque tous azimut sur sa trottinette électrique et la reconduit dans le squat.  

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Camping du lac

Champs-Elysées Film Festival 2024

© Norte Distribution

Un personnage dont on ne sait (et saura) rien conduit vers l’Ouest, espérant arriver jusqu’à la mer. Le film d’Eléonore Saintagnan est baigné d’une lumière estivale, mais la température monte si vite que de la fumée commence à s’échapper du capot… À défaut de la mer, la protagoniste se retrouve coincée au bord d’un lac.

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Memory

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Huitième long-métrage de Michel Franco, Memory orchestre la rencontre de deux âmes blessées : Sylvia, alcoolique en rémission qui élève seule sa fille Anna, et Saul, un homme atteint de démence précoce. L’une est incapable d’échapper au traumatisme inscrit dans sa chair, l’autre ne parvient pas à fixer le moindre souvenir. Un mélodrame beau et triste qui délaisse en apparence la mécanique froide et cynique qui traversait les précédents films du réalisateur mexicain. En apparence. Car toute la réussite de ce film (peut-être le plus beau de son auteur) réside dans le subtil travail de maquillage par l’écriture et la mise en scène qui dessine, sous le vernis chatoyant de la fiction réparatrice, un gouffre d’ambivalence tragique.

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Civil War

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Dans un futur plus ou moins proche, les États-Unis ne sont plus unis du tout. L’Amérique est divisée : le Président se terre à la Maison Blanche alors que différentes milices extrémistes combattent pour les pleins pouvoirs. Au sein de ce chaos, subsistent quelques personnes honnêtes et engagées : les journalistes. Ils sont peu nombreux mais tentent de rester neutres dans cette guerre, privilégiant les informations aux idées. S’ils s’affrontent c’est uniquement pour avoir la meilleure citation, le meilleur cliché. Le scoop ultime après lequel ils courent tous ce sont les derniers instants du Président, lorsqu’enfin les forces armées prendront d’assaut sa forteresse.

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