Rencontre avec Arnaud Toulon

© Culture aux Trousses

Avec Adieu monde cruel, premier long-métrage de Félix de Givry, deux adolescents en rupture avec le monde se réfugient dans une chambre hors du temps, à l’écart du réel. Nourri de Truffaut, de Guy Gilles et du cinéma muet, le film assume un romanesque à contre-courant porté par une mise en scène mélancolique et la sublime partition d’Arnaud Toulon. Déjà récompensé du César du meilleur compositeur pour Arco d’Ugo Bienvenu, Toulon creuse ici un sillon qu’il avait commencé à tracer dans le précédent film. À savoir, une musique qui assume la mélodie, les thèmes et une écriture orchestrale. À rebours des partitions contemporaines souvent minimalistes, il revendique une musique expressive et pleinement assumée qui participe à l’anachronisme envoûtant du film.  

Comment est né le thème principal du film ? Est-ce une idée qui s’est imposée rapidement ou le fruit d’une recherche au long cours ? 

Le thème principal a été particulièrement long à trouver. Félix [De Givry] a beaucoup expérimenté pendant le montage et chacun des envois musicaux que je lui faisais contribuait à faire émerger de nouvelles pistes narratives. Nous avons longtemps cherché la grammaire musicale du film, les moments où la musique devait intervenir et la place qu’on voulait lui donner. Félix savait dès le départ qu’il y aurait un thème récurrent et nous avions l’intuition qu’il fallait trouver une écriture suffisamment syncrétique pour circuler dans les différents régimes du film entre le polar, le romantisme et le thriller.

Mes premiers essais penchaient toutefois trop nettement vers le polar et pas suffisamment vers la romance. Celui qui a émergé est apparu assez soudainement, après une période où j’étais vacances pour prendre de la distance avec le film. À mon retour, il s’est imposé alors que nous avions précisément décidé d’alléger le ton, de l’éclaircir et d’y faire entrer davantage de lumière.

La musique a-t-elle été composé une fois le film tourné, ou aviez-vous déjà commencé à travailler à partir du scénario ? 

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Un parfait inconnu

Actuellement au cinéma

© Disney

Un parfait inconnu est certainement à la hauteur de son titre. À l’instar de Todd Haynes, qui signait I’m Not There il y a dix-sept ans, James Mangold n’ambitionne pas de percer le mystère qu’est Bob Dylan. Le cinéaste, déjà aguerri dans l’art du biopic, choisit avec Un parfait inconnu d’explorer la transformation de Robert Zimmerman en Bob Dylan en s’inscrivant dans les rouages classiques du genre qui visent à venir cueillir le succès d’une légende naissante.

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Exécuteur 14

Théâtre du Rond-Point

Swann Arlaud © Giovanni Cittadini Cesi

Lorsque les lumières s’éteignent dans la salle, le théâtre du Rond-Point se retrouve habité par une étrange pesanteur. Sur le plateau, échafaudages et projecteurs se font face dans un bain de fumée. Les murs, le sol et les débris qui s’y trouvent sont couverts de dessins ou de mots tracés à la craie. Ces mots, ce sont ceux d’Exécuteur 14 d’Adel Hakim.

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