Cabaret de l’Exil : Irish Travellers

Zingaro / Fort d’Aubervilliers

© Hugo Marty

À Zingaro, le bois et la terre résistent encore et toujours face au goudron et au béton d’Aubervilliers. Dans le foyer, les spectateurs se réunissent pour assister à ce deuxième volet du Cabaret de l’Exil ; au programme whisky et Baileys. 

Qu’ont les communautés juives européennes et les tribus nomades irlandaises en commun ? Pour Bartabas, c’est le feu. Sous le chapiteau, le feu annonce et achève. Alors que le premier chapitre du Cabaret de l’Exil se terminait par l’anéantissement des flammes, ici elles rassemblent. Dangereuses et hypnotiques. Un autre lien fondamental entre ces deux créations est la minutie avec laquelle elles sont préparées : les maisons ou roulottes miniatures qui traversent la scène enchantent toujours autant. Les numéros humains et équins (plus humains qu’équins cette fois-ci) se font au rythme de la voix d’un porte parole ; cette fois, il s’agit de celle extraordinaire de Thomas McCarthy. Le narrateur raconte et les artistes montrent. Une dynamique efficace mais qui s’avère parfois un peu trop répétitive. Irish Travellers nous laisse effectivement moins exaltés que son prédécesseur. Il regorge pourtant d’innovations : un acrobate hors du commun, du saut d’obstacle au dessus de pintes de Guinness et des claquettes sur un tonneau géant.

Cela dit, et c’est là la beauté pure et simple de ces spectacles, la présence animale, parfois effrontée, parfois docile (sous le règne de Bartabas, jamais contrainte) est synonyme d’imprévus. Qu’ils se produisent ou non, dans l’imaginaire du spectateur et dans le regard des cavaliers tout peut arriver. Rien n’est certain, rien n’est figé. Alors, tout passe trop vite. Et en sortant d’un Cabaret de l’Exil on entend – et à juste titre ! – les spectateurs, déjà impatients, se demander quel pourrait bien être le prochain…

De ces apparitions sublimes mais fugaces, celles que l’on retient le plus sont évidemment celles de Bartabas et de Tsar. Le manteau noir du cavalier se fond avec la robe de sa monture pour former une créature magique et délicate : un homme à la tête d’aigle et aux jambes de cheval. 

Cabaret de l’Exil – Irish Travellers / De Bartabas / Avec Thomas McCarthy, Henri Carballido, Sébastien Chanteloup, Michaël Gilbert, Manolo Marty… / 1h45 / Du 18 octobre au 31 décembre à Zingaro / Fort d’Aubervilliers.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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