
« Plus t’y penses, plus il existe. Et c’est quand même fou que ça existe pas mais que ça marche, tu vois. Parce qu’on vieillit quand même.
— Attends, mais je te suis pas, le temps ça existe, mec.
— Bah ça existe parce qu’on vieillit. »
Située au milieu de Barça Zou, cette conversation alcoolisée entre Hascoët et Émile a beau relever de la philosophie de comptoir, elle comporte une double vérité qui éclaire le film de sa lumière. 1. Certaines expériences vécues ont le pouvoir de nous relier à nous-même et aux autres, à tel point que la sensation du temps disparaît au profit d’une pure présence à l’ici et maintenant. 2. La course du temps est pourtant inexorable, et chaque seconde qui passe nous éloigne un peu plus de la personne qu’on était à l’instant d’avant. De la tension qui naît à l’articulation de ces deux vérités générales, Paul Nouhet tire un dispositif de mise en scène passionnant et organise son premier long-métrage sous la forme d’un récit d’évocation de souvenirs.
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