La belle époque

Actuellement au cinéma

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Daniel Auteuil (Victor) et Guillaume Canet (Antoine) © Julien Panié / Pathé

Victor (Daniel Auteuil) perd espoir un peu plus chaque jour. Archétype de l’homme vieux-jeu, le dessinateur s’acharne contre le tableau de navigation interactif de la Tesla et ne comprend pas le travail de son fils, chef de projet pour une plateforme numérique. Le lit conjugal est divisé : casque de réalité virtuelle sur une table de chevet, piles de livres sur l’autre. Marianne (Fanny Ardant), sa femme, qui se sent « vieillir plus vite » lorsqu’elle s’endort à ses côtés, entretient une relation avec son meilleur ami. 

N’ayant plus rien à perdre, Victor décide de répondre à l’invitation d’Antoine (Guillaume Canet), un ami de son fils qui lui vouait, plus jeune, une admiration sans pareil. Antoine est maintenant le directeur des Voyageurs du Temps, une entreprise qui permet à ses clients de revivre l’époque de leur choix le temps d’une soirée ou plus. Sans hésiter, Victor choisit le 16 mai 1974, jour de sa rencontre avec sa femme. 

Sceptique, il enfile ses habits d’époque, se rase pour ne laisser qu’une épaisse moustache (années 70 obligent) et se met à déambuler dans les rues reconstruites de sa jeunesse. Alors qu’il prend place dans le bistrot La Belle Époque, la comédienne jouant le rôle de sa femme pour la soirée fait son entrée. Immédiatement, Victor est sous le charme. Il méprend son amour du moment pour celui de la femme et ne peut s’empêcher d’éprouver des sentiments pour Margot (Doria Tillier) qui interprète une version plus docile ou « scénarisée » de la femme de sa vie. De l’autre côté du miroir, Antoine, figure typique du réalisateur névrosé et maniaque, n’est jamais satisfait du jeu de Margot, sa petite amie. Les deux couples dysfonctionnels interprétés par un quatuor de comédiens d’une authenticité désarmante vont se croiser et se séparer avant de se retrouver. Sur le plateau et en régie, le réalisateur Nicolas Bedos oppose deux versions de l’homme amoureux à travers ces personnages. L’un, se rattachant au passé, ne peut accepter que sa femme ait changé tandis que l’autre cherche constamment à la façonner selon ses humeurs. 

Au fur et à mesure que le film avance, la réticence de Victor s’estompe doucement, il assiste avec émerveillement à la reconstitution de sa jeunesse et de son amour – véritable double du spectateur – il est témoin de la magie du cinéma. Le réalisateur promène élégamment sa camera à travers les différents décors, nous donnant à voir le chaos des coulisses précédent le moment de grâce projeté sur l’écran. Dans cet hommage direct au septième art on peut apercevoir avec amusement, entre deux plateaux, un technicien en trottinette électrique croiser un acteur à cheval en costume d’époque. Romantisme et nostalgie vont de paire dans cette oeuvre touchante sur l’idéal du couple et l’ambivalence des souvenirs.

La belle époque / de Nicolas Bedos / avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Doria Tillier et Guillaume Canet / France / 1h55 / sortie le 6 novembre 2019

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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