Kajillionaire

Actuellement au cinéma

Evan Rachel Wood à l’écart dans « Kajillionaire » – © Apollo Films – 2020

Actrice, scénariste, réalisatrice, chanteuse, écrivaine… L’artiste multi-casquettes Miranda July revient aujourd’hui avec Kajillionaire, son troisième long-métrage co-produit par Plan B (la société de Brad Pitt) qui donnera sans aucun doute du grain à moudre à ses détracteurs.

Il faut en effet relever une contradiction qui innerve le film et a déjà valu à sa réalisatrice de nombreuses critiques. D’un côté, Kajillionaire porte la marque très identifiable de sa cinéaste. Cultivant une esthétique décalée et un goût très prononcé pour le bizarre, Miranda July se joue des codes et gimmicks du cinéma conventionnel pour accoucher d’une fable déroutante, à mi-chemin entre une version allégée de David Lynch et un « film Sundance ». A ce titre, le long-métrage apparaît presque comme une bouffée d’air frais dans le paysage galvaudé du film indépendant américain, dont il évacue la plupart des tics. Du moins, en apparence.

Car de l’autre côté en revanche, le film peine à développer une intrigue réellement prenante pour soutenir son esthétique stylisée, ce qui surligne en fin de compte la superficialité de l’ensemble. Le film narre le parcours de la bizarrement nommée Old Dolio (Evan Rachel Wood, vue dans Whatever Works de Woody Allen), une adolescente renfermée et infantile, formée par ses parents Theresa et Robert (Debra Winger et Richard Jenkins) à exécuter toutes sortes d’arnaques et autres larcins pour assurer leur subsistance. Tandis que ce trio de marginaux cherche à payer le loyer de son « logement » (comprenez un local de bureaux désaffecté dont les murs dégoulinent de mousse savonneuse), Old Dolio traverse une crise existentielle et cherche un sens à sa vie, même si elle doit s’éloigner de ses parents pour le trouver.

Un récit d’émancipation adolescente classique, dont le film réutilise les motifs les plus connus – le mal-être, la découverte du désir, les premières amours, les envies de liberté – sans jamais les transcender. On passe le film à se demander pourquoi l’ensemble paraît si étrange et atypique au lieu de pleinement s’investir dans une histoire qui ne défriche pas grand-chose de neuf. Malgré tout sauvé du naufrage par un casting très impliqué, Kajillionaire est un bel écrin dont le cœur se révèle terriblement asséché, incapable de procurer autre chose qu’un ennui mesuré.

Kajillionaire / De Miranda July / Avec Evan Rachel Wood, Gina Rodriguez, Debra Winger / Etats-Unis / 1h45 / Sortie le 30 septembre 2020.

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