Indiana Jones et la dernière croisade

Rétrospective Sean Connery

Sean Connery (Henry Jones) et Harrison Ford (Indiana Jones) © United International Pictures

En 1988, Sean Connery reçoit l’Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans Les Incorruptibles de Brian de Palma. Cette récompense renouvèle l’ambition et la détermination de l’acteur écossais qui croule plus que jamais sous les propositions. Mais une semble sortir du lot…

Steven Spielberg est depuis toujours un admirateur passionné des James Bond. C’est un rêve qui se réalise lorsque Sean Connery accepte de collaborer avec lui sur le nouvel opus d’Indiana Jones en 1989. Mais la participation de l’acteur ne va pas sans quelques conditions préalables… Avant de donner son accord, il passe effectivement un certain temps à négocier l’ampleur que son personnage devra avoir. Hors de question d’interpréter une figure paternelle grisonnante et déclinante, Connery souhaite jouer un père aventurier, plus européen qu’américain.

Condition bien évidemment acceptée par le réalisateur qui offre à l’acteur des séquences indéniablement jouissives, aussi bien pour lui que pour le spectateur, qui se réjouit de le voir dans un rôle en opposition totale avec la figure du Bond qu’il incarnait quelques années plus tôt : une course de bateaux à travers Venise, de voitures ou d’avion à travers l’Allemagne, sans Sean Connery au volant mais assis bien sagement dans le side-car.

Mais utiliser l’acteur à des fins exclusivement humoristiques serait contre-productif et Spielberg le sait bien. Après avoir levé le voile sur les origines et la construction du personnage d’Indiana Jones – sa cicatrice au menton, son chapeau, son fouet, sa peur des serpents – il fait de la figure paternelle un dernier mystère. Il nous donne à voir ses mains, son dos, sa photo, son ombre et nous fait entendre sa voix, maintenant une certaine forme de suspens avant d’enfin révéler l’acteur écossais. Son apparition donne au récit autant de légèreté comique que de profondeur narrative. 

Et il n’est pas surprenant que ce tournage fut pour Sean Connery l’un des plus divertissants de sa carrière : pour une fois, quelqu’un d’autre faisait le sale boulot à sa place. Lui observe, parfois admiratif, parfois choqué, toujours élégant. Il n’est plus celui qui doit sauver mais celui qu’il faut sauver. Et l’ancien James Bond le fait sans rancœur aucune, sans cynisme, mais au contraire plus amusé que jamais. 

Indiana Jones et la dernière croisade / De Steven Spielberg / Avec Harrison Ford, Sean Connery, Alison Doody / États-Unis / 2h08 / 1989.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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