Legion

Diffusée sur FX

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Dan Stevens (David Haller), saison 2 © FX

Legion est l’une des nombreuses séries Marvel à avoir envahi nos petits écrans dans les dernières années, mais une des rares à ne pas être diffusée et produite par Netflix. Pour raison, la série est assez sombre et plus expérimentale que les précédentes, aussi bien dans sa forme que son fond. Elle suit le parcours de David Haller (nom de super-héros : Legion), un jeune homme aux pouvoirs étranges, apparement atteint d’une schizophrénie paranoïde et interné en hôpital psychiatrique. La série créée par Noah Hawley est diffusée sur FX (American Horror Story) depuis début 2017, avec une troisième saison déjà en cours de production. L’histoire de David n’avait ni été adaptée, ni évoquée dans la saga de films X-Men. C’est donc carte blanche pour Hawley qui nous livre une oeuvre tout à fait remarquable. 

Marvel avait déjà été à l’origine de séries relativement sombres (on pense par exemple à Jessica Jones ou encore Daredevil). Mais ces séries exploitaient cette noirceur en immergeant le (anti) héros dans le monde contemporain. Là où Legion se démarque c’est dans cet éloignement, plutôt radical, de la réalité. L’intrigue n’est pas ancré dans notre monde mais nous sommes projetés dans le sien. En prenant le point de vue de David la série nous fait douter de ce qui s’offre à nos yeux. Elle nous plonge dès le début dans la folie de son personnage principal et le vrai devient alors subjectif. Nos habitudes en tant que spectateur sont bouleversées car la série ne répond à aucun standard (même le récapitulatif généralement annoncé par « previously on » n’y échappe pas et est ici remplacé par un amusant « apparenlty on Legion »). 

La première saison se déroule dans l’hôpital psychiatrique où David va faire la connaissance de Sydney Barrett (nommée après Syd Barrett des Pink Floyd). Il va alors prendre conscience de ses pouvoirs de mutant et se retrouver confronté à un « parasite » qui pollue son esprit. La deuxième saison se concentre quant à elle sur l’affrontement final avec cet autre mutant qui le hantait. La narration de la série est complètement désaxée et souvent constituée d’une multitude de récits enchâssés. Elle oscille entre réalité et illusion dans une temporalité tout sauf linéaire. Ce mode narratif peut cependant rendre l’assimilation des événements compliquée ainsi que l’attachement aux personnages difficile, car un surplus d’effets crée souvent une distance entre le spectateur et ce qu’il voit à l’écran. Il faut admettre que la série semble s’écrire au fur et à mesure qu’elle se déroule, sans aucune idée d’une quelconque finalité. Mais à vrai dire, peut importe s’il elle ne sait pas exactement où elle va car elle s’y dirige avec une agilité fascinante.

Elle réalise un vrai un tour de force dans la manière dont elle exploite différents genres et joue avec notre perception. Cette identité visuelle très particulière lui est propre mais fait néanmoins fortement écho aux oeuvres de cinéastes comme Stanley Kubrick ou encore de Wes Anderson. Elle combine séquences idylliques et visions cauchemardesques avec une grande virtuosité, le tout porté par un humour grinçant. L’omniprésence de ce décalage comique dans un contexte dramatique doit beaucoup au casting prestigieux de la série. La performance renversante de Dan Stevens (Downton Abbey) permet au personnage de David d’être aussi redoutable que charmant. L’acteur britannique crève l’écran grâce à son charisme, son énergie bouillonnante et la justesse de son interprétation. L’autre prestation hypnotisante, c’est celle d’Audrey Plaza (Parks and Recreation) qui incarne Lenny. L’actrice est tout simplement magnétique et nous livre ici une de ses performances les plus marquantes.

La série ne cesse de trouver de nouveaux moyens de raconter des histoires, que cela soit par le biais d’un usage particulier d’une couleur, d’un investissement original du cadre, d’un montage épileptique ou encore d’une bande son surprenante. Entre références musicales, hommages cinématographiques et clins d’oeil culturels, Legion est un petit bijou de surréalisme et d’interprétation.

Legion, créée par Noah Hawley / Basée sur des personnages de Marvel Comics / Avec Dan Stevens, Audrey Plaza, Rachel Keller et Jean Smart / Saisons 1 et 2 disponibles sur FX

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

Une réflexion sur « Legion »

  1. Ce sera la dernière saison.
    Un série de cette qualité ne doit pas s’étirer en longueur, c’est donc un bon choix.
    Mais bien des questions devront avoir leurs réponses sous peine de détruire complètement la série à la façon de Lost :

    A la fin de la saison 2, David déploie tous ses pouvoirs, rejeté par les
    autres membres de la division 3 dont l’esprit a été manipulé par Farouk, et on croit savoir que c’est lui qui sera à l’origine de la fin du monde, fait dévoilé par la Syd du futur, amputée d’un bras.

    Il faudra démêler cet écheveau pour que la série soit parfaite.

    Ce serait aussi un gâchis que le professeur Xavier apparaisse à la façon d’un deux ex machina et guérisse avec son propre pouvoir la schizophrénie de David et « désenvoute » les membres de la division 3.
    Ce serait un fin en queue de poisson à la Lost, encore une fois.
    Croisons les doigts pour que cette dernière saison soit à la hauteur des deux premières !

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