Chantons Sous la Pluie

Rétrospective comédies musicales

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Donal O’Connor (Cosmo Brown), Debbie Reynolds (Kathie Selden) et Gene Kelly (Don Lockwood) © MGM

Singin’ in the Rain est une chanson écrite par Arthur Freed et Nacio Herb Brown en 1929. Quelques années plus tard, Freed, alors à la tête de l’unité chargée des comédies musicales chez MGM, trouve que sa chanson n’a pas reçu le succès escompté. Il charge Betty Comden et Adolph Green d’écrire une histoire basée sur cette composition. Les deux scénaristes trouvent l’idée de deux stars du cinéma muet qui vont devoir franchir le cap du parlant, donnant alors naissance à Chantons Sous la Pluie. Si à sa sortie en 1953 le film réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen n’effectue qu’un score médiocre au box office et ne remporte aucune distinction particulière, il est aujourd’hui considéré comme la meilleure comédie musicale de tous les temps.

La grande majorité des comédies musicales américaines dans les années 1950 se déroulaient à Hollywood mais aucune ne revisite son histoire aussi justement que Chantons Sous la Pluie. On peut voir dans ces personnages qui peinent à accepter leurs origines, une légitimation de l’art cinématographique lui-même, loin de la « noblesse » du théâtre. Le film jette effectivement un regard nostalgique sur le temps du cinéma muet et se projette vers le futur avec un optimisme typiquement américain. Cette invitation à défier l’adversité avec le sourire se trouve évidemment à son apogée dans la scène qui donne son titre au film. Le spectateur est face à un homme qui, comme conscient d’être fictif, ne se comporte en aucun cas rationnellement et d’une façon assez miraculeuse, parvient à nous entrainer avec lui. Cette séquence chimérique semble presque faire office de publicité pour un studio de cinéma. Par le biais de cette mise en abyme constante, c’est une véritable déclaration d’amour au cinéma que le film nous livre. Quelque chose d’entièrement manufacturé et invraisemblable nous paraît plus authentique que jamais – c’est là toute la magie de Chantons Sous la Pluie, et, à une plus grande échelle, de l’art cinématographique. 

Pour réussir un tel tour de force, le film requiert évidemment des performances exécutées à la perfection. C’est Gene Kelly, qui avait connu un succès phénoménal avec Un Américain à Paris l’année précédente, qui devient le véritable coeur de l’oeuvre. Co-réalisateur, chorégraphe et acteur, la nouvelle figure de proue du genre nous donne ici à voir certains de ses meilleurs numéros. Il est accompagné de la très jeune et adorable Debbie Reynolds ainsi que de l’indescriptible Donald O’Connor. Ce casting fantastique donne à l’oeuvre toute son humanité et son charme. A l’image du trio, tous ces numéros musicaux incroyables sont effectués avec, ce qui semble être, une facilité déconcertante.

Cette équipe débordante de talent et d’imagination, rend un hommage vibrant à une industrie changeante et miraculeuse. Le film est une prouesse technique et artistique qui traverse les générations. Mais ce qui fait de Chantons Sous la Pluie le classique qu’il est devenu, c’est aussi sans doute qu’il incarne de manière incomparable le mot d’ordre de la comédie musicale, soit joie de vivre.

Chantons Sous la Pluie réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen / Avec Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O’Connor et Cyd Charisse / 1953 / A la Cinémathèque Française les 12 décembre et 5 janvier

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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