Midnight Runner

Au cinéma le 22 juin 2020

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©Tamasa Distribution

Jonas (Max Hubacher), jeune coureur de fond Suisse, est devenu une légende dans sa ville natale pour ses performances exceptionnelles. Mais, sur ses exploits sportifs, son emploi stable de cuisinier et sa vie de couple apparemment bien rangée, plane l’ombre du traumatisme de la mort de son frère, dont les séquelles sont loin d’avoir disparues.

Pourtant inspiré d’un fait divers, Midnight Runner fait partie de ces films paradoxaux qui, tout en collant au plus près à leur personnage principal, font le choix de ne rien révéler de ses motivations profondes. Les forces qui sont à l’œuvre dans la psyché meurtrie de Jonas sont à la fois omniprésentes et invisibles. D’où viennent les pulsions violentes qui le poussent à agresser les passantes ? Si quelques rêves et flashbacks, toujours centrés sur son frère, proposent des clés, celles-ci ne permettent pas de lever entièrement le mystère. Et c’est peut-être là le message du réalisateur : c’est parce que ces causes restent renfermées, au-dedans, que le retour du refoulé est d’autant plus fort.

Pourtant, si l’on peut comprendre cette logique qui structure le film, celui-ci n’en reste pas moins frustrant. Frustration voulue, mais qui ne peut empêcher de donner l’impression que le film passe en partie à côté de son sujet. Pourquoi avoir tenu à afficher la mention « D’après une histoire vraie » en début de film, si le choix retenu est finalement celui d’une fiction volontairement contenue, peu fouillée, travaillant plus son atmosphère terne que son récit ?

Cette promesse de véracité pose d’ailleurs problème à plusieurs moments du film. Après avoir agressé ses victimes, Jonas leur écrit des lettres dont on sent qu’elles sont très probablement celles qu’écrivait le véritable agresseur. Malheureusement, si l’on en prend conscience, c’est parce que leur ton narquois est incohérent avec le portrait apathique que le film brosse du personnage. Ces dissonances sont ponctuelles, certes, mais elles traduisent bien le problème posé par le film, comme un écart entre l’intention de dresser un profil psychologique, et la superficialité volontaire du récit qui se contente de rester à la surface – Jonas s’énerve, Jonas se calme, Jonas court, beaucoup… Et, finalement, malgré la belle prestation de Max Hubacher, il nous échappe.

Midnight Runner / De Hannes Baumgartner / Avec Max Hubacher, Annina Euling, Sylvie Rohrer / Suisse / 1h32 / Sortie le 22 juin 2020.

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