Il Miracolo

Disponible sur Arte

Photo Guido Caprino
Fabrizio Pietromarchi (Guido Caprino), premier ministre sceptique dont les convictions sont ébranlées par le miracle. © Montesi Antonello

Lors d’une intervention dans la planque d’un mafieux, la police italienne trouve une statuette de la Vierge pleurant des larmes de sang. Un premier ministre sur le point de perdre un référendum, un prêtre en proie au doute, une jeune scientifique et bien d’autres voient leurs existences bouleversées par la découverte.

On ne peut pas vraiment déplorer aujourd’hui que toutes les séries se ressemblent, mais même au sein de cette diversité, on ne peut que saluer l’originalité d’Il Miracolo, qui trouve dans son ton comme dans ses sujets une personnalité propre. Personnalité au charme vénéneux, plongeant dès le premier épisode son spectateur dans une atmosphère poisseuse, hallucinée, où se mêlent le profane et le sacré, le thriller et le drame, les chants liturgiques et l’électro.

Il Miracolo se prête mal à l’analyse. Tout en étant captivante, la série sait se jouer des attentes des spectateurs, posant finalement bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, ne nous accordant qu’une certitude fondamentale : le miracle est bien réel… Les phénomènes qu’elle décrit, les événements qu’elle relate, les rêves, hallucinations et apparitions qu’elle donne à voir, sont autant de pièces d’un puzzle dont l’intérêt réside autant (voire plus) dans chacune de ses pièces que dans l’ensemble qu’elles constituent. Lorsque le miracle surgit, il déclenche la mécanique d’un récit jouissant alors d’une totale liberté pour aborder tous les sujets qu’il souhaite par le prisme de sa galerie de personnages magnifiquement interprétés : la religion, la foi et les croyances, les passions amoureuses et les rancœurs familiales, la politique…

Chacun pourra interpréter les signes perçus ici et là (la forme cubique récurrente est-elle prémonitoire ?), imaginer des liens de cause à effet rarement plus que suggérés (l’imprécation funeste de tel personnage a-t-elle vraiment causé le malheur de tel autre ?) ; mais pour tous resteront, au son d’une bande originale éclectique et prenante, une série d’images particulièrement fortes, qu’il conviendra d’assembler à sa façon pour reconstituer le tout qu’on sent être là, juste là, à portée de main, et qui pourtant semble rester inaccessible.

Il Miracolo / De Niccolò Ammanati / Avec Guido Caprino, Elena Lietti, Tommaso Ragno, Alba Rohrwacher, Sergio Albelli / Italie / 8x50mn / 2018 / Disponible sur Arte.

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