Sacrées Sorcières

En VOD le 17 mars 2021

Anne Hathaway incarne la Grandissisme Sorcière. ©2020 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved

Roald Dahl inspire les cinéastes américains aux univers liés à l’enfance. Après Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton (2005) et Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg (2016), Robert Zemeckis adapte Sacrées sorcières, aidé à l’écriture par Guillermo del Toro et Alfonso Cuarón du côté de la production. Initialement prévu pour une sortie en salle, que l’on pouvait supposer attractive pour un large public familial, il sort finalement en vidéo à la demande cette semaine.

Orphelin de père et de mère, le jeune héros de ce conte fantastique peut heureusement compter sur la bonne humeur de sa grand-mère pour pallier son chagrin. Il est recueilli par cette femme joyeuse et pleine de ressources (Octavia Spencer), qui met tout en œuvre pour lui redonner le sourire. Malgré tout, les peurs resurgissent, non pas liées au drame de la disparition des parents mais à l’existence de sorcières près de chez eux… Et en fuyant un problème, on en retrouve un autre de plus grande ampleur. Cette épreuve élémentaire fonde la trajectoire du film, car en tentant d’échapper à une sorcière, le garçon et sa grand-mère se retrouvent dans un hôtel qui, censé être un refuge, accueille un congrès de malveillantes. Le projet diabolique de l’assemblée : transformer tous les enfants en souris pour les supprimer plus facilement.

L’idée de faire passer les sorcières pour des femmes d’apparence normale renforce le choc de la découverte de leur monstruosité : bouches immenses et sourires squelettiques, crânes chauves sous leurs chapeaux, mains et pieds difformes, ces visions portent en elles le pouvoir de marquer l’esprit d’un enfant, allant de paire avec la conclusion déroutante et l’étonnant rapport à l’espérance de vie du héros. Entre-temps, le film jouit d’un dynamisme grâce à son enchaînement de séquences d’action, qui le fait basculer dans une aventure hésitant entre Ratatouille et Stuart Little. C’est par sa stylisation qu’il emporte l’adhésion, malgré des tentations gothiques désamorcées et lissées par les effets numériques. Si Robert Zemeckis situe son action en Alabama en 1960 contre l’Angleterre des années 1980 du livre, c’est moins pour évoquer la situation des afro-américains (les personnages sont Noirs, ce qui n’était pas le cas dans l’œuvre d’origine ni dans la première adaptation, signée Nicolas Roeg en 1990) que pour adopter une colorisation flamboyante, voire proposer un véritable défilé de mode. L’attrait de la figure maléfique réside ici en son excentricité, portée à son sommet par la chef qu’incarne Anne Hathaway (en écho au Diable s’habille en Prada ?). Elle occupe tout l’espace possible jusqu’à l’excès ; grandiloquente, cruelle, narcissique, toutes les qualités de l’antagoniste cartoonesque réunies.

Sacrées Sorcières / De Robert Zemeckis / Avec Anne Hathaway, Octavia Spencer, Stanley Tucci / Etats-Unis / 1h45 / Sortie le 17 mars 2021 en VOD.

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