Pas assez radical pour tenir lieu de parabole contemporaine, pas assez raté pour être jeté tout entier avec l’eau du bain : Seberg est un film imparfait mais digne de curiosité, doublé d’un terrain de jeu idéal pour son actrice, sans conteste l’une des meilleures de sa génération.
La réalisation d’un film biographique consacré à un metteur en scène est un exercice délicat. La tendance, aussi rare soit-elle, se divise entre deux pôles. D’un côté, s’emparer d’une figure célèbre immédiatement identifiable, à la carrière mondialement reconnue et décisive dans l’histoire du cinéma. C’était le cas de Chaplin de Richard Attenborough (1992) ou d’Hitchcock de Sacha Gervasi (2012). De l’autre, il s’agit ressusciter le souvenir d’un oublié qui bénéficie du statut de réalisateur culte grâce à un nanar adulé par une communauté de fidèles. Par ordre de réussite, citons Ed Wood de Tim Burton (1994), Dolemite is my name de Craig Brewer (2019) et The Disaster Artist de James Franco (2017). Alors, comment recevoir cet étonnant biopic consacré à Michael Curtiz, au moment où celui-ci tournait Casablanca ? Ce premier film hongrois fait en effet vriller la véracité de ces deux catégories. Il raconte un moment de la vie d’un réalisateur à la personnalité méconnue, qui ne bénéficie pourtant pas d’un capital attachant, ni d’une filmographie facile à appréhender.
Mark Gill réalise un biopic sur la vie de Steven Morrissey à Manchester avant qu’il ne forme le groupe culte The Smiths. Jack Lowden interprète une jeune Morrissey qui peine à faire entendre sa voix et trouver son style dans une industrie musicale qui ne parvient pas à se renouveler.