Djam

Dimanche 28 janvier, l’Institut du Monde Arabe organise une journée autour du dernier film de Tony Gatlif, un des coups de coeur de l’année 2017.

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Daphné Patakia (Djam) illumine le film de Tony Gatlif © RR

Djam, jeune femme d’une vingtaine d’années, vit sur l’île de Lesbos en Grèce. Sans vraiment lui laisser le choix, son oncle l’envoie en Turquie pour acheter la pièce manquante qui fera redémarrer son bateau. La voilà partie sur les routes, seule avec son sac et son baglama – sorte de mini-guitare grecque – pour un road-trip entre la Grèce et la Turquie. La solaire Daphné Patakia, révélation du film, embarque le spectateur dès la première scène, dansant et chantant dans une lumière crépusculaire. D’abord filmée derrière un grillage, elle surgit au centre de l’écran avec une liberté et une insolence qui ne la quitteront pas.

Qui dit voyage initiatique dit parcours semé de rencontres, comme autant de reflets désabusés d’une région en crise : une jeune française censée rejoindre une association humanitaire, un homme qui creuse sa propre tombe… Et, non loin, on sent la présence sourde des migrants. Un brasier éteint ou des gilets de sauvetage amassés au bord de la mer suffisent à Tony Gatlif pour montrer leur réalité. Djam devient le témoin de cette histoire, elle qui voyage avec ses propres fantômes, notamment celui de sa mère. À ce monde et ce passé écrasant, elle répond de la plus belle des manières. Grâce au rebetiko, musique traditionnelle grecque, elle chante ses états d’âme et s’exprime à travers des scènes de danse aussi captivantes que celles de La Graine et Le Mulet. Grâce à la force de son héroïne, Tony Gatlif transmet un beau message de réconciliation et d’optimisme, dans un monde où la musique peut être remède à la douleur. Envoûtant.

Djam / De Tony Gatlif / Avec Daphné Patakia, Marine Cayon, Simon Abkarian / 2017

Une réflexion sur « Djam »

  1. Liberté et beauté à l’état pur! Quel film et quelle actrice aussi !
    Je trouve la comparaison des scènes de danse traditionnelle avec celle de La graine et le mulet très juste. Où le corps va au plus loin de ce qu’il peut offrir. Et avec toujours cette légerté chez Djam que l’on ne percevait pas avec Olfa dans le film de Kechiche.
    Merci pour la découverte de ce film!

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