Vice

Actuellement au cinéma

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Dick Cheney (Christian Bale) et George W. Bush (Sam Rockwell) © Mars Film / Annapurna Pictures

Quatre ans après The Big Short qui lui avait valu l’Oscar du meilleur scénario adapté (basé sur le roman de Michael Lewis), le réalisateur Adam McKay est de retour avec le film Vice. Dans celui-ci il traite de l’ascension politique de Dick Cheney, jusqu’à son rôle de vice-président aux côtés de George W. Bush, durant les événements tragiques de septembre 2001. Après avoir traité de la crise économique de 2009 dans son film précédent, le réalisateur nous livre cette fois un scénario original sur des faits américains politiques et polémiques, frôlant l’invraisemblable.

Les deux films sont extrêmement similaires aussi bien dans le fond que dans l’approche formelle choisie. Dès les premières secondes de Vice on peut lire sur l’écran : « Ceci est une histoire vraie; Du moins aussi vraie que possible car Dick Cheney fût l’un des hommes politiques les plus secrets de l’histoire des Etats-Unis; Mais putain on a bossé ». Comme The Big Short, Vice n’est donc pas un documentaire classique et utilise de très nombreux ressorts comiques pour mettre en exergue l’absurdité de certains propos dont il traite. Cette approche esthétique fonctionnait remarquablement bien dans l’oeuvre précédente mais semble présenter des limites importantes pour ce nouveau projet.

Dans le premier, elle servait avec justesse un sujet exposé de manière compréhensible sans pour autant être simplifié excessivement. Vice tente quant à lui de mettre en place exactement les mêmes procédés mais les applique à une histoire relativement mal ficelée. L’intrigue est volontairement déconstruite créant malheureusement des problèmes de rythme majeurs. Ce traitement très, voir trop découpé, est aussi surexploité par le montage et nous donne à voir une oeuvre qui semble tout sauf naturelle dans son déroulement. Les quelques excellentes trouvailles sont donc perdues dans cet amas d’informations mal organisées et d’effets comiques qui tombent à plat. Si le sujet constituait une source d’inspiration pourtant conséquente, Vice ne parvient pas à le retranscrire de manière concise. C’est d’autant plus regrettable que le film met en scène des acteurs inégalables comme Steve Carell, Sam Rockwell, Amy Adams et Christian Bale, comme à son habitude, méconnaissable dans le rôle principal. C’est ces derniers qui permettent d’ailleurs au film d’obtenir trois nominations aux Oscars (sur huit au total). 

Vice possède donc objectivement tout pour plaire : Adam McKay ayant déjà fait ses preuves dans ce type de documentaire traitant d’événements américains, qu’il expose avec une liberté rafraîchissante, tout indique qu’il faudrait lui faire confiance pour Vice. C’est donc une immense déception lorsque ce dernier présente aussi bien une facilité, parfois grotesque, de mise en scène qu’une écriture souvent confuse, produisant finalement un film, certes instructif, mais fondamentalement ennuyant. 

Vice réalisé par Adam McKay / Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell et Sam Rockwell / Au cinéma le 13 février 

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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