The Singing Club

Sur Canal + le 4 décembre 2020

La chorale de Flitcroft © Canal +

Après avoir reconverti des ouvriers de Sheffield en strip-teasers dans The Full Monty (1997), le réalisateur Peter Cattaneo décide de faire chanter des compagnes de militaires dans The Singing Club

Yorkshire, 2011 : la garnison de Flitcroft est envoyée en mission à l’étranger. Pour passer le temps, les épouses cherchent à mettre au point un programme d’activités. Faute d’inspiration, elles se décident à monter une chorale. La place de chef d’orchestre se voit alors disputée par Kate, la femme du colonel, qui encourage les jeunes femmes à apprendre des chants religieux, et Lisa, qui leur propose de s’abandonner au rythme des chansons de Cindy Lauper ou autres hits des années 80. 

Inspiré d’une histoire vraie, The Singing Club trouve sa justesse dans cette dynamique de confrontation entre les deux femmes. Pour tromper leurs angoisses, chacune possède une méthode fondamentalement différente : l’une est pour un investissement des plus studieux, tandis que l’autre cherche une évasion momentanée et joyeuse. Si le film épouse évidement plus la volonté de la seconde, sous ses airs de comédie entrainante, on décèle un sous-texte profondément triste. L’attente, toujours l’attente. C’est ce qui régit le quotidien de ces femmes. Non pas l’attente du retour de leurs époux, mais l’attente d’une mauvaise nouvelle. Chaque coup de téléphone, chaque sonnerie à la porte deviennent des chocs électriques qui ponctuent le film. 

Mais Cattaneo connaît la recette par cœur : il ne se laisse jamais dépasser par un pathos malvenu. Il le distille méticuleusement. Il concilie dialogues et situations comiques à un sens du tragique finement travaillé. Pourtant, cette recette, le spectateur aussi la connaît sur le bout des doigts. Le film ne lui proposera aucun rebondissement ou détour narratif entièrement imprévus. Mais, bizarrement, cela ne semble guère poser problème car, comme The Full Monty, The Singing Club est un feel good movie à la britannique : humble.

Pas de séquence larmoyante ou de tour de force technique, le réalisateur sait se faire oublier derrière son histoire et, surtout, derrière ses comédiennes. Effectivement, l’efficacité du film doit énormément au duo principal interprété par Kristin Scott-Thomas et Sharon Hogan. L’une est austère et l’autre pétillante. Leurs deux caractères vont en harmonie avec les deux ambiances que le film cherche à mettre en place. Finalement, passant outre ces schémas narratifs et visuels bien rodés, c’est surtout cette étincelle provoquée par la rencontre de deux superbes actrices qui donne au film toute sa vivacité. 

The Singing Club / De Petter Cattaneo / Avec Kristin Scott-Thomas, Sharon Hogan / Angleterre / 1h53 / Sortie le 4 décembre 2020 sur Canal +.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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