Boîte noire

Actuellement au cinéma

Pierre Niney. ©WY PRODUCTIONS 24 25 FILMS

Un vol Dubaï-Paris s’est crashé au milieu d’un massif des Alpes. Attentat ? Problème technique ? Mathieu Vasseur (Pierre Niney) est chargé d’enquêter à partir des preuves sonores contenues dans la boîte noire, cette caissette scellée et résistante qui enregistre toutes les conversations de l’équipage et des passagers à bord. Anxieux en avion s’abstenir.

On sait depuis au moins Conversation secrète (Francis Ford Coppola, 1974) que l’écoute du son peut être un argument solide de thriller, autour d’un personnage à tendance autistique à la lisière de la paranoïa. Avec Le Chant du loup (Antonin Baudry, 2019), la profession d’acousticien était un formidable catalyseur de suspense au cœur d’une guerre sous-marine. Une profession qui, sans être photogénique à l’ère numérique (une personne avec un casque devant un écran et des signaux incompréhensibles) fascine parce qu’elle confronte des conséquences à grande échelle et un haut degré d’interprétation, comme s’il y avait quelque chose d’infaillible dans l’oreille humaine et qu’un ordinateur ne pouvait pas atteindre la vérité. Le héros de Boîte noire ressemble à celui du Chant du loup non seulement pour son métier, mais par sa position : celle du prodige qui se trompe parce qu’il va avoir raison, que l’on appelle parce que personne d’autre ne saura mieux faire que lui.

Des séquences inédites montrent l’arrivée d’une boîte noire (qui n’est pas noire) et sa découverte par l’agent chargé d’en décrypter les moins décibels. Tout est minutieux, précis, comme la mise en scène qui retranscrit la folie de l’analyse et celle de la certitude. Entremêlant la question de la sécurité et l’obsession du rendement, ce récit à tension détient un potentiel visionnaire glaçant à l’égard des crashs probables du XXIe siècle. Comme dans Un homme idéal du même réalisateur (2015), en revanche, des signes de faiblesse pointent ça et là du côté du scénario : quelques éléments de la mécanique restent visibles et empêchent l’adhésion totale, en continu. Des détails fonctionnels (par exemple, la profession de la conjointe de Mathieu) donnent parfois à voir le scénario plutôt que le film. Des facilités qui n’enlèvent rien à l’efficacité du suspense ni à l’énergie de la mise en scène, mais elle frustrent. À deux doigts d’être un excellent thriller.

Boîte noire / De Yann Gozlan / Avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussollier / France / 2h09 / Sortie le 8 septembre 2021.

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