Le cinéma de… Pascal Ory

« Le cinéma de… » propose à une personnalité qui n’est pas issue du monde du cinéma de se confier sur ses goûts à travers un questionnaire. Pascal Ory, historien et membre de l’Académie Française, est notre invité ce mois-ci. Son dernier ouvrage, l’essai historique De la haine du juif, est paru l’année dernière.

Le premier film que vous vous souvenez avoir vu ?

L’Homme qui en savait trop, d’Alfred Hitchcock, version 1956, où Doris Day chantait « Que sera, sera »… J’avais huit, neuf ans. Comme il était question d’une maman et de son fils, le docteur Freud aurait sans doute des choses à dire là-dessus, tout comme sur le texte de la chanson.

Le film dans lequel vous aimeriez vivre ? 

Les Demoiselles de Rochefort. Après l’avoir vu – c’était en 1967 : là, j’avais un peu grandi ; j’allais sur mes vingt ans -, je dansais dans la rue, comme les personnages du film.

L’acteur/actrice que vous admirez le plus ?

Audrey Hepburn -peut-être parce qu’après avoir montré et démontré qu’elle était une grande actrice elle a tout arrêté pour se vouer à l’humanitaire…

Le film que vous ne reverrez jamais ? 

Aucun, parce que le plus nul ou celui qui vous met le plus mal à l’aise méritent toujours une seconde vision – comme un être humain une seconde chance (voir plus bas, réponse 7).

Un film historique grâce auquel vous avez appris quelque chose ?

Alexandre Nevski – d’Eisenstein mais aussi de Prokofiev – est un superbe opéra stalinien, dans lequel le fasciste Maurice Bardèche voyait « le plus émouvant des films fascistes », ce qui est indéniable. Comme quoi il y a une beauté totalitaire.

Si vous veniez à réaliser un film, de quoi parlerait-il ?

Ce serait une transposition contemporaine de Jacques le fataliste, de Diderot, pour sa liberté narrative.

Le film culte que vous n’avez toujours pas vu ?

Twin Peaks – le film (Fire walk with me) – de David Lynch. Ce n’est pas que je ne l’ai pas vu ; c’est pire : je l’ai commencé deux fois et je n’ai jamais pu le terminer. J’avoue bien volontiers que c’est très mal, et qu’il aurait fallu que je commençasse par la série. Mais that’s life.

Si votre biopic était réalisé, quel serait son titre ?

Le Dernier film.

Votre personnage d’écrivain préféré ? 

Norman Maine, le Pygmalion alcoolique d’Une étoile est née, version Cukor, joué par le grand James Mason.

Une réplique dont vous vous souvenez ? 

« Il y a quelque chose d’effrayant sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons » (Octave, joué par Jean Renoir, dans La Règle du jeu, du même).

Un grand merci à Pascal Ory.

À LIRE : De la haine du juif, aux éditions Robert Laffont (2021).

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