Rencontre avec Arnaud Desplechin

Jusqu’alors adepte de l’autobiographie romanesque, Arnaud Desplechin se lance avec Spectateurs ! dans un genre inédit, mêlant documentaire et fiction, pour offrir un discours introspectif sur sa propre pratique de spectateur et de cinéaste. Nous avons eu l’opportunité de le rencontrer lors d’un café, un moment privilégié pour interroger plus en profondeur sa cinéphilie érudite.

Quelle est votre pratique de spectateur aujourd’hui ? 

C’est une activité précieuse. Ma pratique de spectateur en salles est plus irrégulière que lorsque j’étais plus jeune. Elle passe désormais davantage à travers les écrans de télévision. J’aime regarder les films chez moi sur des chaines de télévision et l’idée que le déroulement du film soit indépendant de ma volonté comme au cinéma.

Comment votre activité de réalisateur influence t-elle cette pratique ?  

Mon rapport au cinéma reste compulsif, mais ma façon d’aborder les films a évolué. Je m’efforce désormais de me laisser influencer plus consciemment par les films que je regarde, en cherchant à comprendre la mécanique de leur fabrication. Je m’interroge, par exemple, sur la construction d’un plan ou sur les choix qui sous-tendent une mise en scène. 

Comment votre cinéphilie s’est-elle forgée ? 

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Roubaix, une lumière

Au cinéma le 21 août 2019

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Roschdy Zem et Léa Seydoux ©Shanna Besson

Un polar signé Arnaud Desplechin ? Sur le papier, le projet est très attrayant mais il a de quoi surprendre, venant d’un réalisateur qui se distingue, depuis ses débuts, par son sens profond du romanesque, ses personnages au langage châtié, plongés dans des histoires familiales et amoureuses en milieu bourgeois… Avec Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin quitte en effet sa zone de prédilection pour l’enrichir d’une façon inédite : faisant du réel la matière même de son film, il s’inspire d’un fait divers survenu en 2002 à Roubaix, l’assassinat d’une femme de 73 ans par ses deux voisines, alcooliques et toxicomanes.

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