Un flic sur le toit

Actuellement au cinéma

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@Malavida

Figure phare de la Nouvelle vague suédoise, Bo Widerberg est principalement reconnu pour les films qu’il réalisa au début des années 1960 (Le Péché suédois, Le Quartier du corbeau). Il entendait réagir contre tout un pan du cinéma de son pays, dont celui de son compatriote Ingmar Bergman, à qui il reprochait notamment de ne pas s’adresser à la jeunesse, et de privilégier la métaphysique à la politique. Moins suivi par la critique dans les années 1970, Bo Widerberg à néanmoins continué à produire un cinéma social, contestataire et à décrypter les rapports de force qui régissent les hommes. Avec Un flic sur le toit, sorti en 1976, il s’attaque à la question des violences policières.

Alité dans une chambre d’hôpital, le commissaire de police Nyman est violemment assassiné. Beck, également commissaire, est chargé de mener l’enquête. Il va peu à peu découvrir que les méthodes de travail de Nyman, très violentes, lui valaient d’être détesté par de nombreuses personnes, et qu’il est responsable de la mort d’une jeune femme… Le propos sur les violences policières tues et couvertes par des supérieurs hiérarchiques trouve un écho toujours actuel. Une prise de conscience s’organise à mesure que le commissaire en charge de l’affaire avance dans les révélations, ainsi qu’à travers un discours générationnel pertinent. Voir ce dialogue entre un flic et sa fille, qui n’admire plus son père. Les temps changent.

Thriller efficace, Un flic sur le toit réussit à mêler le discours engagé de son auteur au film d’enquête, qui emprunte beaucoup aux codes du cinéma policier américain – ainsi qu’au giallo ou à Melville par endroits, pour le soin porté aux gestes, tout en restant extrêmement réaliste. L’esthétique assez froide et les personnages d’apparence austères laissent place, dans la deuxième partie, a plus de mouvements. Le film devient moins statique, plus original, et laisse de la place à la foule dont la présence, au moment où un tueur tire avec une arme automatique depuis le haut d’un immeuble, n’est pas sans rappeler celle d’Un après-midi de chien de Sidney Lumet, sorti un an plus tôt et habité par des préoccupations semblables.

Lorsque le film cherche à offrir des moments de cinéma mémorables, il y parvient. On se souviendra de ce crash d’hélicoptère, climax spectaculaire, dangereux à tourner pour le réalisateur qui filme lui-même le plan (d’à peine quelques secondes) à l’intérieur de la bouche de métro sur laquelle l’engin s’écrase… Pour la tension qu’il instaure et ses préoccupations encore actuelles, Un flic sur le toit mérite bien le déplacement au cinéma, où il vient de ressortir en version restaurée.

Un flic sur le toit / De Bo Widerberg / Avec Carl-Gustaf Lindstedt, Sven Wollter, Thomas Hellberg / Suède / 1h47 / Sortie le 6 juillet 1977, version restaurée le 18 septembre 2019

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