The Gentlemen

Au cinéma le 5 février 2020

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Michelle Dockery, Matthew McConaughey ©Christopher Raphael

Depuis Arnaques, Crime et Botanique (1998), son premier film, on connaît le cocktail Guy Ritchie : histoire de gangsters chics, scènes de bagarre très soignées, héros virils et charismatiques, humour british, casting cinq étoiles… The Gentlemen confirme à nouveau la recette du cinéaste, souvent cuisinée avec réussite bien qu’elle ne résiste pas toujours à l’usure, et signale un retour aux sources après ses deux précédents films, Le Roi Arthur (2017) et Aladdin (2019).

Il faut d’emblée reconnaître à Guy Ritchie son talent pour croquer des personnages. Gangsters dandys, hommes et femmes remplies d’ambition et très sûrs d’eux… Parmi une galerie de caractères souvent grotesques mais terriblement séduisants, Matthew McConaughey campe un baron de la drogue qui a su s’imposer comme numéro un dans l’ensemble du Royaume-Uni. Il souhaite désormais raccrocher, mais ce projet de retraite anticipée attire les désireux, pour tenter de mettre la main sur ce marché très rentable. Cette situation de départ permet moins la réalisation d’un polar sur la chute d’un homme qui avait tout pour lui que la peinture de portraits délicieux de personnages plus carnassiers les uns que les autres. La mise en scène adopte le panache décontracté qui fait le sel de la tonalité si typique des films du cinéaste britannique.

On s’étonnera que le film pèche davantage du côté de l’humour, pas toujours bien senti, un peu trop fabriqué. Le véritable intérêt du film repose surtout sur le jeu de manipulation qui suscite le suspense, basé sur l’impression que donne chaque personnage de tirer soi-même les ficelles de l’intrigue. Le découpage parvient à rendre clair un mille-feuille narratif périlleux, Guy Ritchie donnant à voir des personnages conscients d’eux-mêmes, l’un d’entre eux décortiquant même littéralement le scénario dont il est l’acteur – le cinéaste va jusqu’à mettre en scène un rendez-vous avec un producteur de Miramax, la société qui produit le film. Ce jeu méta-cinématographique serait gratuit s’il ne permettait pas de créer un degré de détachement supplémentaire, à l’image du personnage joué par Matthew McConaughey, au flegme désarmant. Si The Gentlemen connaît des creux et quelques impressions de déjà-vu, il rappelle bien la marque de son auteur.

The Gentlemen / De Guy Ritchie / Avec Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Colin Farrell, Michelle Dockery, Henry Golding / Etats-Unis / 1h53 / Sortie le 5 février 2020.

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