Eurovision Song Contest : The story of Fire Saga

Sur Netflix le 26 juin 2020

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Will Ferrell (Lars Errickssong) et Rachel McAdams (Sigrit Ericksdóttir) © Netflix

En 1974, le groupe suédois ABBA remporte l’Eurovision. Devant son poste de télévision, le jeune Lars est subjugué. Depuis ce jour, il n’aura plus qu’une seule idée en tête : participer lui aussi à ce concours musical. Avec son amie d’enfance Sigrit, Lars répète jour et nuit la chanson qu’ils espèrent un jour interpréter sur scène. Dans leur petit village en Islande, les deux musiciens sont la risée des autres habitants et la honte de leurs familles. Jusqu’à ce que, sur un concours de circonstances assez grotesque, ils soient sélectionnés à l’Eurovision pour représenter leur pays. 

Le film de David Dobkin exploite la base narrative de la plupart des feel good movies musicaux : un duo de personnages en lesquels personne ne croit se bat pour réaliser un rêve commun. Seulement, Eurovision Song Contest : The story of Fire Saga prend très rapidement le parti de – trop – tourner en ridicule ses protagonistes. L’humour décalé qui aurait pu émaner de l’exubérance des deux participants excentriques est délaissé au profit d’une accentuation constante de leur aspects les plus pathétiques. 

Si des anti-héros pitoyables peuvent finalement devenir attachants – c’est le cas des personnages qu’incarnent Rachel McAdams et Dan Stevens – Eurovision Song Contest rate le coche de manière assez exceptionnelle avec celui de Will Ferrell. L’homme-enfant qui amuse surtout par son accoutrement peine à séduire le spectateur. Cette lacune dans l’écriture du personnage affecte les tournants narratifs du film, les affaiblit. Sigrit, folle amoureuse de Lars, est convoitée par un candidat Russe plutôt frivole, qu’interprète Dan Stevens. Or, ce dernier, qui prend d’abord l’apparence d’un antagoniste, s’avère finalement bien plus honnête et charmant que Lars. Une inversion plutôt illogique de caractéristiques qui donne au triangle amoureux un aspect tronqué. 

Ce schéma assez contradictoire n’est de plus pas allégé par le ton humoristique que le film tente de mettre en place. Etant donné que l’objet de dérision n’est jamais le concours en lui-même, les personnages doivent à eux seuls supporter ce fardeau de railleries qui les accable. Ce manque de considération pour la consistance des personnages devient d’autant plus évident lorsque l’intrigue prend un tournant meurtrier et politique, incohérent à souhait.

Non seulement, la production Netflix ne s’amuse jamais avec le concept même de l’Eurovision, mais elle va même jusqu’à en faire la promotion. Certaines séquences – bizarrement les plus réussies – viennent se poser, plus ou moins discrètement, sur l’histoire pour faire l’éloge du concours télévisé. Avec un traitement de personnages, une intrigue ou encore des créations musicales indéniablement bâclées, Eurovision Song Contest : The story of Fire Saga ressemble moins à une comédie qu’à un placement de produit un peu trop long.

Eurovision Song Contest : The story of Fire Saga / De David Dobkin / Avec Will Ferrell, Rachel McAdams, Dan Stevens / Etats-Unis / 2h03 / Sortie le 26 juin 2020.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

2 réflexions sur « Eurovision Song Contest : The story of Fire Saga »

  1. C’est exactement ce que l’on pouvait reprocher aux films de Todd Solondz — le placement de produits en moins. En tout cas, l’article est toujours aussi brillamment écrit qu’à l’accoutumée…

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