Lands of Murders

Au cinéma le 22 juillet 2020

uc7HUKPw
Trystan Wyn Puetter et Félix Kramer © Damien Bertic KMBO

La comparaison entre le film La Isla Minima (2014) d’Alberto Rodriguez et la série True Detective était inévitable. Si des similitudes dans l’ambiance visuelle aussi bien que dans l’intrigue sont indéniables, La Isla Minima avait su se démarquer brillamment de la série à succès sortie la même année. Impossible d’en dire autant de Lands of Murders de Christian Alvart.

Le remake de La Isla Minima déplace son intrigue de l’Espagne post-franquiste aux marais allemands post-1989 : alors que de nombreuses jeunes femmes disparaissent dans la région, deux policiers, respectivement des anciennes RDA et RFA, doivent travailler ensemble pour résoudre ces crimes. Si le film original plaçait au centre de son récit cet état d’entre-deux permanent, le principe fondamental de l’ambivalence et la difficulté de se réinventer, Lands of Murders s’ancre dans un schéma bien plus manichéen. 

Lorsque La Isla Minima jouait habillement avec des personnages foncièrement ambigus, Lands of Murders leur appose immédiatement une étiquette. Les traits des personnages sont exagérés au possible donnant au film un air de postiche désabusé. Du duo profondément hasardeux mais attachant (Javier Gutiérrez Àlvarez et Raùl Arévalo) et des personnages secondaires brisés (Antonio de la Torre et Nerea Barros), on ne retrouve qu’une paire de lourds stéréotypes accompagnés de seconds rôles bizarrement extravagants.

L’intrigue tout à fait similaire est quant à elle entachée par des scènes d’actions ou de romance superflues. Le rythme pesant et profondément dérangeant de l’œuvre d’origine est brusqué. Lands of Murders ne fait que longuement s’attarder sur les aspects les moins intéressants du thème qu’il tente de traiter. La création visuelle et sonore replace les superbes plans aériens que le film de Rodriguez mettait en scène dans un climat plus nordique. L’humide chaleur espagnole laisse place aux terrains de chasse d’une Allemagne glacée. Mais cette transposition presque identique ne peut à elle seule captiver et cette mince réussite rappelle d’autant plus la beauté du film précédent.

Alors qu’il s’agit d’une adaptation finalement très fidèle, Lands of Murders se révèle une bien médiocre copie, trahissant l’œuvre d’origine par un manque de finesse incontestable.

Lands of Murders / De Christian Alvart / Avec Félix Kramer, Trystan Wyn Puetter / Allemagne / 2h09 / Sortie le 22 juillet 2020.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s