We are who we are

Disponible sur StarzPlay

Jack Dylan Grazer (Fraser) et Jordan Kristine Seamón (Caitlin) © HBO

Après Call me by your name, Luca Guadagnino continue son exploration des mœurs adolescentes. Dans We are who we are, nous suivons le parcours d’un groupe de jeunes, et plus précisément Fraser et Caitlin dans une base militaire américaine en Italie. 

Le jeune homme, une possible continuation du personnage d’Elio dans Call me by your name – il est joué par Jack Dylan Grazer dont la démarche et la physionomie ne vont pas sans rappeler celle de Timothée Chalamet – est le fils du nouveau commandant en chef de la base. En arrivant, il se noue d’amitié pour la fille d’un des colonels. À travers ces deux personnages, le réalisateur s’intéresse à l’identitaire autant qu’au relationnel à un âge, pour le moins, ingrat.

Les rapports de force dans le groupe d’adolescents font écho à ceux des adultes. Les questions de genre, de transidentité et de sexualité, qui sont posées avec une certaine innocence dans l’univers enfantin, deviennent vite sources de conflit dans le monde adulte. Guadagnino nous présente en effet des personnages à une étape cruciale de leur parcours : celle où ils doivent apprendre à se définir, par rapport à eux-mêmes mais aussi aux autres. Quelles sont les règles à suivre et comment se situer dans cette micro-société qu’est la base militaire. La question et sa réponse n’ont rien de trivial car le réalisateur fait le constat qu’adultes encore ils devront se battre pour faire valoir leurs choix. Malgré cette observation, quelque peu désabusée, que la souffrance n’est pas réservée à la période adolescente, un optimisme galvanisant s’échappe de la mini-série.

We are who we are est construit d’une succession de choix, souvent impulsifs, de la part des personnages. Ce fil rouge narratif reflète le concept de la série autant que l’unique titre donné aux huit épisodes : Righ here, right now. Guadagnino retranscrit brillamment une forme d’urgence. Le bon déroulement de la série se fait en fonction des actions des personnages et non l’inverse. S’en dégage une grande spontanéité et beaucoup de charme. Charme que l’on doit aussi au cadre italien que Guadagnino filme avec finesse. Les parfums de l’été méditerranéen s’échappent de l’écran et ces personnages qui déambulent nonchalamment sur le sable fin se voient emprunt d’une sensibilité touchante. 

Difficile de rationaliser le succès de We are who we are, si ce n’est qu’un certain magnétisme en émane. Les personnages de Guadagnino et sa réalisation ont tout pour agacer, mais pourtant, comme par magie, une symbiose absolument parfaite s’installe sous nos yeux. La caméra, les acteurs, les décors vont au rythme la bande-son et nous embarquent complètement dans leur univers doux-amer. 

Le réalisateur nous livre un portrait audacieux et téméraire d’une jeunesse écorchée. Comme le spectateur, ces adolescents semblent lui réclamer de la vie, des voyages, de l’amour, des passions, des aventures… Tout cela, et bien plus, Guadagnino l’accorde à ces personnages et aux spectateurs avec une bienveillance désarmante. 

We are who we are / De Luca Guadagnino et Paolo Giordano / Avec Jack Dylan Grazer, Jordan Kristine Seamón, Chloë Sevigny, Kid Cudi / États-Unis / 8×49-75mn / 2021 / Disponible sur StarzPlay.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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