Viens je t’emmène

Au cinéma le 2 mars 2022

Jean-Charles Clichet et Noémie Lvovsky © Les Films du Losange

Le cinéma d’Alain Guiraudie est souvent associé aux territoires qu’il filme : une enquête qui remue les milieux gays naturistes du cap d’Agde, une histoire d’amour périurbaine aux alentours d’Albi ou encore une forme de mysticisme de la solitude dans la Lozère. Ce film ne fait pas exception. Voici la comédie noire dans la ville grise. 

Notre histoire se déroule à Clermont-Ferrand. Un jeune quarantenaire – ou un vieux trentenaire – s’éprend d’Isadora, une prostituée au moins quinquagénaire. Leur passion est vite chahutée par des attentats, semble-t-il, dirigés symboliquement contre la statue équestre de Vercingétorix place de Jaude. 

Clermont, ville du milieu, la plus densément peuplée de la diagonale du vide, sert de décor à la mise en scène d’une France moyenne, opérant moyennement bien sa transition vers le néo-libéralisme, assumant moyennement ses désirs, et ne comprenant qu’à moitié les changements socio-culturels qui la traversent. S’il faut retenir des thèmes du film, ce serait la tentative du vivre ensemble, ses possibles (et c’est possible), ou encore le désir.

S’il faut retenir des thèmes du film, ce serait la tentative du vivre ensemble, l’amour, ses possibles (et c’est possible), ainsi qu’une idée bien française du désintérêt pour toutes activités professionnelles.

Comme à son habitude, Guiraudie nous livre un film inclassable, iconoclaste. Avec ici la différence qu’il s’agit d’une œuvre plus accessible, moins radicale mais pas moins audacieuse. Viens je t’emmène, si le succès l’attend, et on lui souhaite, se posera peut-être comme une comédie grand public – pas pour autant apolitique – et sortira peut-être son auteur d’une confidentialité qu’on peut s’expliquer mais qu’on ne déplore pas moins. 

Viens je t’emmène est un film dans la continuité de l’œuvre de son auteur mais qui pourrait plus aisément faire office de porte d’entrée dans cette filmographie éclectique et originale. Une comédie qui, comme rarement, nous pose une question essentielle : ai-je le droit de rire ? 

Viens je t’emmène / D’Alain Guiraudie / Avec Jean-Charles Clichet, Noémie Lvovsky, Iliès Kadri et Renaud Rutten / France / 1h40 / Sortie le 2 mars.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :